Dossier : inégalités femmes / hommes

Les inégalités hommes femmes tendent-elles à se réduire sur le marché du travail ?

Sommaire du dossier

La place du thème dans le programme de Terminale ES

Bibliographie

Inégalités de formation

Inégalités en terme d’activité

Inégalité en termes de types d’emplois occupés

Inégalités devant la précarité l’emploi

Inégalités devant le chômage

Inégalités de salaires


La place du thème dans le programme de Terminale ES

2 - Inégalités, conflits et cohésion sociale : la dynamique sociale

Stratification sociale et inégalités (durée indicative : 5 semaines)

Programme NOTIONS ESSENTIELLES NOTIONS COMPLEMENTAIRES
La dynamique de la stratification sociale Inégalités, professions et catégories sociales (PCS) Patrimoine, revenu, moyennisation / polarisation
Le enjeux et déterminants de la mobilité sociale Egalité / inégalités des chances, mobilité / immobilité, reproduction Destinée, recrutement, mobilité structurelle / nette, capital économique / culturel / social
Idéal démocratique et inégalités Société démocratique, justice sociale, équité Incitations, méritocratie, exploitation

· La dynamique de la stratification sociale

Pour définir les inégalités économiques et sociales, on en soulignera le caractère multidimensionnel et dynamique en s’appuyant sur des indicateurs économiques et sociaux. On s’attachera à distinguer différences et inégalités. On soulignera que les inégalités traduisent des différences d’accès aux ressources rares et socialement prisées. Celles-ci ne se réduisent pas au seul revenu : patrimoine, consommation, scolarité, santé, représentation politique, prestige social des professions, etc. donnent aussi lieu à des formes d’inégalité qui sont ou non cumulatives.

· Idéal démocratique et inégalités

On s’interrogera sur l’articulation, au sein des sociétés démocratiques, entre égalité des droits, égalité des chances et égalité des situations. Sans développer toute la richesse du débat contemporain, on introduira, à partir de l’étude des inégalités et de la mobilité sociale, une discussion sur les rapports entre justice sociale et inégalités. (...)

Intégration et solidarité (durée indicative : 4 semaines)

Programme NOTIONS ESSENTIELLES NOTIONS COMPLEMENTAIRES
La cohésion sociale et les instances d’intégration Lien social, socialisation, intégration, exclusion Pauvreté, anomie, déviance, individualisme, solidarité mécanique / organique
Protection sociale et solidarités collectives Etat-Providence, assurance / assistance, redistribution Risques sociaux, universalisme / communautarisme

La cohésion sociale et les instances d’intégration

Il s’agira de montrer que la société n’est pas un groupement d’individus atomisés, mais repose sur l’existence de liens sociaux complexes entre des membres plus ou moins intégrés dans une totalité et ses sous-ensembles. On rappellera, pour cela, en s’appuyant sur les acquis de la classe de première, que la socialisation (primaire/secondaire) est le processus par lequel les individus sont conduits et participent à cette intégration en assumant des rôles sociaux durables. Différentes instances d’intégration (famille, école, travail, cité) permettent de construire et de faire évoluer rôles, statuts et formes du lien social. On remarquera que le travail (un rappel sera fait au chapitre 2) est un lieu central de l’intégration et de la solidarité, car, au delà de la rétribution directe, le statut professionnel et les cotisations sociales ouvrent des droits collectifs. (...)


Bibliographie

MILEWSKI Françoise, 2005 : La précarité des femmes sur le marché du travail, Lettre de l’OFCE n° 263

MARUANI Margaret, 2005 : Activité, précarité, chômage : toujours plus ?, Revue de l’OFCE n°90

COQUET Bruno, 2005 : Les femmes françaises face au chômage : une inégalité en déclin, Revue de l’OFCE n°90

MILEWSKI Françoise, 2005 : Femmes : « top » modèles des inégalités, Revue de l’OFCE n°90

PONTHIEUX Sophie, MEURS Dominique, 2005 : Les écarts de salaires entre les femmes et les hommes en Europe : effets de structures ou discrimination ?, Revue de l’OFCE n°90

DE CURRAIZE Yves, HUGOUNENQ Réjane, 2005 : Inégalités de salaires entre femmes et hommes et discrimination, Revue de l’OFCE n°90

CHAUVEL Louis, 2005 : Vers l’égalité de genre : les tendances générationnelles sont-elles irréversibles ? Revue de l’OFCE n°90


Inégalités de formation

Doc. 1 : Evolution des taux d’accès au baccalauréat par année de naissance de la génération

Une source majeure d’inégalités entre femmes et hommes au sein des générations anciennes était l’inégalité scolaire : les familles et la société tendaient à investir plus dans l’éducation de leurs garçons, réservant aux filles une formation plus courte, orientée notamment vers des activités pratiques dans la sphère domestique, et vers les services aux personnes (éducation ou santé, par exemple). De cette façon, si au long du XXe siècle le niveau scolaire s’est accru pour tous, le changement en la matière est plus important encore pour les femmes (Baudelot et Establet, 1992) (...)

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Taux d’accès au bac

Vers l’égalité de genre : les tendances générationnelles sont-elles irréversibles ?

Louis Chauvel

Revue de l’OFCE n°90, 2005

Doc. 2 : Evolution des inégalités scolaires pour les plus hauts diplômes

Il existe un décalage historique important entre le niveau scolaire moyen - où les femmes sont à égalité à partir des cohortes nées en 1950 -, et le niveau qui correspond à un deuxième cycle d’enseignement - pour lequel seules les cohortes les plus récentes semblent avoir atteint l’égalité. Dès lors, il est possible de développer l’idée selon laquelle le haut de la pyramide des diplômes demeure marqué par des inégalités profondes, à la défaveur des femmes. Ce phénomène hiérarchique est amplifié encore par un phénomène sectoriel où, d’une façon générale, la filière de spécialité du plus haut diplôme de l’enseignent supérieur obtenu met en évidence une ségrégation de genre intense et relativement stable dans le temps : les sciences « dures » ne se féminisent guère. Cette idée est confirmée par les évolutions relevant de l’accès aux grandes écoles. Même au sein des cohortes les plus récentes, les femmes y accèdent encore moitié moins souvent que les hommes.

Vers l’égalité de genre : les tendances générationnelles sont-elles irréversibles ?

Louis Chauvel

Revue de l’OFCE n°90, 2005

Questions

  1. En quoi le niveau de formation vous semble-t-il un enjeu important en terme d’accès au marché du travail ?
  2. Commentez le graphique présentant l’évolution du taux d’accès au baccalauréat par année de naissance et par sexe. Que constatez vous ?
  3. Comment l’auteur explique-t-il cette évolution ? Voyez vous d’autres causes possibles ?
  4. Où en sont les inégalités de sexe dans l’accès aux plus hauts diplômes ?
  5. D’après tous ces éléments, que pouvez-vous présager des inégalités hommes-femmes sur le marché du travail ?

Inégalités en terme d’activité

Doc. 3 : évolution des taux d’activité par sexe

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Taux d’activité par sexe

Les femmes françaises face au chômage : une inégalité en déclin

Bruno Coquet

Revue de l’OFCE n°90, 2005

Doc. 4 : Evolution de l’activité des femmes

La présence des femmes dans le monde du travail n’est évidemment pas nouvelle. Les femmes ont toujours travaillé, en France comme partout ailleurs. Mais dans la période récente, les formes et le volume de cette activité se sont considérablement modifiés. Depuis le début des années 1960, on assiste à une croissance continue et soutenue du nombre de femmes actives. (...) Cette croissance est sous-tendue par deux évolutions majeures : la salarisation de la main-d’oeuvre féminine, la continuité des trajectoires professionnelles des femmes. (...)

Le mouvement de salarisation, qui affecte l’ensemble des actifs, a été plus rapide et plus important pour les femmes que pour les hommes. L’accélération, là encore, date du début des années 1960. En France, depuis 1975, les femmes sont, en proportion, plus salariées que les hommes. En 2002, 92 % des femmes actives sont salariées, contre 87 % des hommes. Le phénomène se vérifie à l’échelle européenne : dans l’Europe des Quinze, 81 % des hommes et 89 % des femmes sont salariés. Majoritaire hier, l’équation « travail = salariat » devient dominante aujourd’hui. Au-delà des statistiques, cette donnée contribue à transformer le statut de l’emploi féminin dans la société. Car le mouvement de salarisation n’a pas le même sens pour les hommes que pour les femmes. Tout d’abord, parce que la catégorie « emplois non salariés » recouvre des réalités sociales fort différentes. Elle regroupe les travailleurs indépendants et chefs d’entreprise (qui, dans leur grande majorité, sont des hommes) et les aides familiales (qui, pour l’essentiel, sont des femmes). En second lieu, la salarisation a, pour les femmes, des implications qui vont bien au-delà de l’univers professionnel : pour les femmes salariées, le statut professionnel ne dépend plus du statut d’épouse. Professionnellement, les femmes salariées ne sont plus « femmes de » (commerçant, artisan, agriculteur). Pour les hommes, il s’agit d’un changement de statut professionnel : passer du statut de travailleur indépendant à celui de travailleur salarié. Pour les femmes, c’est une modification du statut social : le salariat, pour elles, est synonyme d’autonomie professionnelle et familiale. Dans l’histoire de l’activité féminine, la nouveauté n’est donc pas le travail qui, sous des formes diverses, a toujours existé, mais l’emploi salarié. (...)

La seconde mutation touche aux comportements d’activités féminins. De ce point de vue, les choses ont fondamentalement changé : désormais, la majorité des femmes, en France, cumulent activité professionnelle et vie familiale. Au début des années 1960, les taux d’activité des femmes de 25 à 49 ans étaient de 40 % ; aujourd’hui, ils s’établissent autour de 80 %. Il s’agit là d’une transformation radicale du rapport à l’emploi et, au-delà, du rapport des femmes à l’agencement des projets familiaux et professionnels. La majorité des femmes, aujourd’hui, ne s’arrêtent pas de travailler lorsqu’elles ont des enfants. La fin de la discontinuité des trajectoires professionnelles des femmes marque ainsi une véritable rupture par rapport aux normes sociales antérieures. Elle témoigne également d’une homogénéisation des comportements d’activité masculins et féminins qui n’a fait que s’accentuer dans les dernières années. Entre 25 et 49 ans, les taux d’activité des hommes et des femmes se rapprochent jusqu’à se confondre presque.

Activité, précarité, chômage : toujours plus ?

Margaret MARUANI

Revue de l’OFCE n°90, 2005

Questions

  1. Rappelez ce qu’est un actif. Définissez le taux d’activité.
  2. Caractérisez l’évolution du taux d’activité des femmes et des hommes depuis la fin des années 60.
  3. Quels sont les éléments explicatifs de cette tendance selon l’auteur ? En voyez-vous d’autres ?
  4. Les enjeux de la salarisation des emplois sont-ils les mêmes pour les femmes que pour les hommes ? Expliquez.
  5. Les mutations du marché du travail vous semblent-elles le seul élément susceptible d’expliquer l’augmentation de l’activité féminine ? Expliquez.

Inégalité en termes de types d’emplois occupés

Doc. 5 : Structure de l’emploi par Catégorie Socioprofessionnelle

%

Cadres

Professions

Employés

Employés

Ouvriers

Ouvriers

   

intermédiaires

administratifs

commerce

qualifiés

non qualifiés

Ensemble

16,4

22,5

18,6

10,8

13,0

18,7

Hommes

19,5

21,0

8,5

6,1

22,6

22,3

Femmes

12,7

24,2

30,3

16,2

2,0

14,6

Champ  : salariés de 25 à 55 ans effectuant au moins 15 heures hebdomadaires.

Source  : Panel de ménages, 2000.

Les écarts de salaires entre les femmes et les hommes en Europe : effets de structures ou discrimination ?,

PONTHIEUX Sophie, MEURS Dominique,

Revue de l’OFCE n°90, 2005

Doc. 6 : Féminisation des catégories socioprofessionnelles les plus élevées

D’un point de vue scolaire, nous avons vu l’écart entre d’une part les évolutions par niveaux de diplômes agrégés qui montrent une large égalisation de genre, et même un dépassement des hommes par les femmes, et d’autre part la dynamique des diplômes de l’élite (X, ENA), où l’acheminement vers la parité est plus lente et problématique. Observe-t-on les mêmes difficultés d’acheminement vers la parité pour différentes professions correspondant aux plus hauts niveaux socioprofessionnels ? (...) Les degrés de féminisation les plus élevés se trouvent au sein des métiers de la recherche et de l’enseignement, parmi les cadres du public et du privé, mais aussi, plus récemment, parmi les professions libérales. En revanche, les lanternes rouges de la féminisation sont les ingénieurs, traditionnellement, mais aussi les gros agriculteurs et les chefs d’entreprise de plus de 9 salariés, avec environ 10 % de femmes pour les générations nées entre 1945 et 1965. Surtout, alors que les femmes ingénieures ont très largement progressé, les patrons et gros agriculteurs mettent en évidence une tendance poussée à la masculinisation.

Vers l’égalité de genre : les tendances générationnelles sont-elles irréversibles ?

Louis Chauvel

Revue de l’OFCE n°90, 2005

Questions

  1. L’augmentation de l’activité féminine s’est-elle effectuée de manière uniforme selon les catégories socioprofessionnelles ?
  2. En 2000, quelles sont les professions les plus féminisées ? Les plus masculinisées ?
  3. Quelles sont les principales évolutions de l’activité féminine concernant les catégories socioprofessionnelles les plus élevées ?
  4. Quels liens pouvez vous établir entre ces évolutions et les inégalités de sexe en termes de formation ? (doc. 1 et 2)

Inégalités devant la précarité l’emploi

Doc. 7 : Evolution du temps partiel

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Taux de temps partiel parmi les salariés

Le temps partiel témoigne d’inégalités importantes entre les femmes et les hommes. Il s’est fortement développé durant les dix dernières années parmi les femmes, mais relativement peu, en moyenne, parmi les hommes. Compte tenu de la place désormais importante des femmes sur le marché du travail (43,8 % de la population active et 40,1 % de l’emploi civil en moyenne dans l’UE-15 en 2002), la part du temps partiel dans l’emploi total a vivement progressé. Mais des écarts de grande ampleur existent entre les pays, à la fois dans les progressions et surtout dans les niveaux relatifs (...). Le temps partiel représente 33,5 % de l’emploi féminin et seulement 6,5 % de l’emploi masculin en Europe en 2002. C’est respectivement 4,7 et 2,3 points de plus qu’en 1992.

Femmes : « top » modèles des inégalités

Françoise Milewski

Revue de l’OFCE n°90, 2005

Questions

  1. Définissez le travail à temps partiel.
  2. Comment ont évoluées les différences entre le temps partiel masculin et le temps partiel féminin entre 1992 et 2002 ?
  3. Quels liens peut-on faire entre les différences de niveau de temps partiel selon le sexe et la structure des emplois vue au doc. 5 ?
  4. Selon vous, en quoi peut-on dire que les différences entre hommes et femmes en ce qui concerne le temps partiel sont des inégalités ?

Inégalités devant le chômage

Doc. 8 : Ecart de taux de chômage BIT entre femmes et hommes

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Ecarts des taux de chômage féminin et masculin

Les femmes françaises face au chômage : une inégalité en déclin

Bruno Coquet

Revue de l’OFCE n°90, 2005

Doc. 9 : Rapport femmes / hommes du niveau et du taux de chômage

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Rapport femmes / hommes des taux et niveaux de chômage

Les femmes françaises face au chômage : une inégalité en déclin

Bruno Coquet

Revue de l’OFCE n°90, 2005

Doc. 10 : Le Halo du chômage féminin

Cela étant, le chômage féminin doit aussi se lire et se comprendre au-delà des taux et des instruments de mesure établis. De fait, il faut reconsidérer les marges du marché du travail comme des zones d’ombre et de flou, et de moins en moins marginales et de plus en plus féminisées. Entre chômage « découragé », chômage « révélé » et inactivité contrainte, un nombre grandissant de femmes évolue dans des situations de non-emploi aux statuts divers, plus ou moins visibles et donc difficilement mesurables. Car dans le halo du chômage la prépondérance féminine est patente : plus on s’éloigne du chômage conventionnel, plus on rencontre de femmes. Une recherche réalisée sur les données de l’enquête emploi de 2001 le montre : si l’on additionne les chômeurs découragés, indisponibles ou en activité réduite, le nombre de chômeurs passe de 2,2 à 4,2 millions.

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Les chômages

Et si l’on recalcule les taux de chômage en tenant compte du halo, on aboutit à des résultats saisissants : bien loin du seuil fatidique des 10 %, le taux de chômage global double et l’écart entre hommes et femmes se creuse : de 3,6 sur la base du chômage BIT, il passe à 7,7, lorsque l’on recense toutes les catégories de chômeurs. Comment comprendre ce phénomène ? Il semble très probable que l’indisponibilité et le découragement touchent les femmes bien plus que les hommes. C’est là le signe de la porosité des frontières entre chômage et inactivité : entre une chômeuse découragée ou momentanément indisponible et une femme au foyer, quelle différence ? Dans la réalité, ce sont bien deux catégories différentes, qui ont des comportements d’activité différents, mais que les statistiques ne distinguent pas. Dans la population en âge de travailler, l’inactivité est un statut qui demeure socialement admissible pour les femmes, difficilement pensable pour les hommes. Sans emploi, de nombreuses femmes échappent ainsi à tout recensement du chômage en se fondant « naturellement » dans la forme spécifiquement féminine et socialement invisible de la privation d’emploi : les « femmes au foyer », figures oubliées de la réflexion sur le chômage. L’analyse du sur-chômage féminin ne peut faire l’économie d’une réflexion sur le halo du chômage et l’inactivité contrainte : là se niche une part importante du non-emploi féminin qui ne se nomme pas chômage dans les définitions conventionnelles mais qui appartient bel et bien à la privation involontaire d’emploi.

Activité, précarité, chômage : toujours plus ?

Margaret MARUANI

Revue de l’OFCE n°90, 2005

Questions

  1. Définissez les termes suivants : chômage, taux de chômage.
  2. Quel est l’avantage de mesurer le rapport entre le taux de chômage des femmes et celui des hommes plutôt que l’écart entre les deux ?
  3. Caractérisez l’évolution des inégalités hommes femmes devant le chômage depuis le début des années 60.
  4. Pourquoi le chômage féminin doit-il « se lire et se comprendre au-delà des taux et des instruments de mesure établis » ?

Inégalités de salaires

Doc. 11 : D’où viennent les écarts de salaires hommes femmes ?

Dans l’Union européenne (UE) en 2000, les salaires horaires féminins représentent de 80 % à 95 % des salaires horaires masculins (Commission européenne, 2003, p.10). Cet écart résulte du jeu de nombreux facteurs qui, selon les pays, peuvent se cumuler ou au contraire se compenser : par exemple, le secteur public pénalise relativement moins les femmes que le privé, mais il représente une part variable de l’emploi salarié, et des emplois féminins ; les niveaux d’éducation des femmes, en général plutôt plus élevés que ceux des hommes, sont contrebalancés par les interruptions de carrière qui réduisent l’expérience professionnelle. L’écart des salaires horaires ne donne toutefois qu’une idée incomplète de l’inégalité des gains féminins et masculins, car il gomme l’effet additionnel de l’inégalité du nombre d’heures de travail, dont l’essentiel résulte du travail à temps partiel qui concerne presque exclusivement les femmes. Ainsi, en considérant les salaires mensuels, les salaires féminins ne représentent plus que de 65 % à 80 % des salaires masculins. Structures des emplois, caractéristiques des individus et horaires de travail expliquent au total une grande part des écarts de salaires entre femmes et hommes. Mais en outre, les femmes peuvent pâtir d’une pénalisation spécifique, la discrimination salariale, qui se manifesterait alors par une moindre rémunération de leurs caractéristiques productives.

Les écarts de salaires entre les femmes et les hommes en Europe : effets de structures ou discrimination ?

Sophie Ponthieux, Dominique Meurs

Revue de l’OFCE n°90, 2005

Questions

  1. Peut-on dire que l’égalité salariale homme-femmes est atteinte aujourd’hui ?
  2. Quels facteurs peuvent expliquer ce phénomène ? Expliquez.
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