APSES-Nice : 4 pages d’information / mobilisation (septembre 2008)

APSES Régionale de Nice

EXIT ou VOICE ? PRENONS LA PAROLE !

Une réforme des SES est en train de s’organiser sans nous ou presque ...

Avez-vous été consulté ?

On devrait pourtant annoncer fin octobre une réforme des structures et fin décembre de nouveaux programmes en seconde !

En ce qui concerne les structures, on devrait assister à une disparition des filières (au profit d’un enseignement à la carte) et à une semestrialisation en seconde (3h ?) Le Recteur Jean-Paul de Gaudemar, chargé du pilotage a déclaré : « Autre exemple : SES, qui est l’option choisie par 50% des élèves, lasse très vite ceux qui l’ont prise, souvent parce qu’elle ne correspondait pas à ce que l’élève recherchait. Résultat, au bout de trois mois, les élèves se désinvestissent, ne viennent plus en cours et tout le monde perd son temps (...) » La Provence 19 juillet 2008. Dans un entretien avec le SNES le 16 sept 08, il s’interroge : Faut-il systématiquement garder les couplages : sciences de la vie et de la terre, physique et chimie, histoire et géographie ?

1 – Cette attaque vient de loin (extraits de presse)

Janvier 2000 « L’Institut de l’entreprise va lancer en septembre prochain un site Internet baptisé Melchior et destiné aux professeurs d’économie des classes terminales. Conçu par une équipe de professeurs du supérieur et d’économistes d’entreprise sous la houlette de Michel Pébereau, le président de la BNP, le site reprendra les sept chapitres du programme de terminale. L’objectif du club patronal, présidé par Bertrand Collomb, est de fournir aux enseignants un programme d’économie moins marqué idéologiquement et plus ouvert aux problèmes des entreprises que ceux des manuels scolaires classiques... Le programme que L’Institut de l’entreprise développe depuis 2001 à destination des enseignants de Sciences Economiques et Sociales (SES) des lycées comprend désormais trois volets : ➢ Melchior, site internet de ressources pédagogique ; ➢ Des stages d’immersion en entreprise ; ➢ Les Entretiens Louis le Grand, lieu d’échange et de réflexion entre le monde de l’enseignement et celui de l’entreprise.

(Philippe Lefournier, Les patrons veulent convertir les profs au libéralisme - 20/01/2000 - L’Expansion)

Comité de pilotage de l’IDE

Président : Michel Pébereau (BNP Paribas)

Membres (mars 2008) : Ministère de l’Education nationale Jean-Louis Nembrini (directeur général de l’Enseignement Scolaire - Dgesco), Elisabeth Carrara (inspecteur d’Académie, Inspecteur Pédagogique Régional), Alain Debrabant (inspecteur d’Académie, Inspecteur Pédagogique Régional), Jean Etienne (doyen de l’Inspection Générale, Groupe des Sciences Economiques et Sociales), Virginie Gohin (chef du bureau de la formation continue des enseignants - Dgesco A1-5), Emmanuel Picard (chargé de mission), Claude Rousseau (inspecteur d’Académie, chargé de mission)

Entreprises Jean-Pierre Hugues, (président directeur général, GSE), Liliane Lacourt (directeur de la Communication, PSA Peugeot Citroën), Jean-Marie Ladurée (directeur général des Relations Sociales, L’Oréal), Philippe Moncourrier (responsable de l’Observatoire Social, RATP), Jean du Rusquec (chargé de mission auprès du président, Total), Gérard Trouvé (directeur des affaires publiques, EDF), Gilles Vermot-Desroches (directeur du développement durable, Schneider Electric SA), Anne Yoldjian (directrice de la formation, Siemens France SA).

2 – Une campagne pour orienter l’opinion publique

Septembre 2007

1 –« En multipliant les déclarations mettant en doute l’existence de débouchés pour la filière ES (économique et sociale) du lycée, le ministre de l’éducation nationale, Xavier Darcos, irrite les professeurs de sciences économiques et sociales (SES) comme les bacheliers issus de cette filière » (Le Monde, Le 11 Septembre 2007)

2 –« Ce n’est pas la première fois (ni sans doute la dernière …) que les chefs d’entreprises interviennent publiquement pour dénoncer des programmes, des manuels et des enseignements qui ne sont pas conformes à leurs vœux. Déjà, en 2003, l’Institut de l’entreprise, une filiale du Medef, réunissait, en présence du Ministre de l’Education nationale de l’époque (Luc Ferry) une université d’automne, inscrite au plan national de formation et destinée à 200 professeurs de sciences économiques et sociales1. Les protestations des patrons contre ce qu’ils nomment la « politisation » (eux-mêmes étant rigoureusement « apolitiques »…) bénéficient généralement d’une couverture médiatique d’une grande complaisance. Nouvel exemple… En cette rentrée 2007, c’est une association [Positive Entreprise] de 10 personnes qui, [...] dénonce l’image de l’entreprise – pessimiste, incomplète, réductrice et idéologiquement orientée – dans les manuels de Sciences économiques et sociales ou comment les programmes scolaires cultivent une image négative de l’entreprise. Constat sévère mais néanmoins exact. L’analyse objective du contenu et des explications, des exemples donnés, des termes employés, des questions posées aux élèves et du recensement des « oublis » conduisent en effet à cette conclusion. » (Henri Maler, Des médias corrigent les manuels de sciences économiques et sociales, Acrimed, 25-09-2007)

Janvier 2008

« Je m’étais demandé avant si le processus que vous proposez n’était pas une manière de contourner les dégâts abominables qui résultent pour la société française de la quasi-absence et surtout de la dérive de l’enseignement de l’économie ou du moins du peu qui en est fait. Puisque apparemment cet enseignement est assez largement fait pour dégoûter les élèves de la libre entreprise, du marché, de l’entreprise elle-même et de pas mal d’horreurs. [...] J’ai l’impression qu’on n’est jamais sorti de cette catastrophe ambulante ». Propos de M Rocard à la commission Pochard (janvier 2008) repris en boucle pendant des jours

3 – Une commission pour préparer la réforme

Juillet 2008

La commission Guesnerie rend son rapport en juillet (consultable sur http://www.lesechos.fr/medias/2008/...

1 – « Théorique, lourd, inefficace, imprécis et compassionnel... : le constat dressé par le rapport sur l’enseignement des sciences économiques et sociales (SES) au lycée est sans appel. Après cinq mois de travail et une vingtaine d’auditions, la commission présidée par l’économiste Roger Guesnerie remet ce matin à Xavier Darcos un travail lourd d’une centaine de pages, dont « Les Echos » se sont procuré une copie. « le rapport se charge seul d’assener la sentence : « De manière générale, les programmes de SES au lycée donnent l’impression qu’un enseignement de « problèmes politiques, économiques et sociaux contemporains » est dispensé aux élèves, plutôt qu’un enseignement de sciences sociales visant à leur faire acquérir les fondamentaux de l’économie et de la sociologie » . Une approche superficielle » (Les Echos du 3 juillet 2008)

2 – « En France, il y a un problème avec les manuels d’économie. On s’en doutait. Depuis des années, des journaux sortent des citations ahurissantes des livres destinés à nos chères têtes blondes et nombre de chefs d’entreprise se sont émus de constater que l’économie décrite dans ces ouvrages scolaires n’avait pas la moindre ressemblance avec celle qu’ils pratiquent tous les jours. » (Jean-Marc Vittori, – Les Echos du 3 juillet 2008)

3 – « On s’attendait à une analyse critique des manuels d’économie destinés aux lycéens. Mais c’est aussi, et surtout, à une attaque vigoureuse des programmes d’enseignement des sciences économiques et sociales (SES) que se livre l’"Audit des manuels et programmes de sciences économiques et sociales du lycée" remis, jeudi 3 juillet, par Roger Guesnerie, professeur au Collège de France, au ministre de l’éducation nationale, Xavier Darcos. » (Le Monde 3 juillet 2008)

4 – Programmes trop « chargés », excessivement focalisés sur « les problèmes de la société »... La mission Guesnerie a rendu un rapport sévère sur la filière ES au lycée. (L’Expansion.com, 3 juillet 2008)

Et l’Académie des Sciences morales et politiques s’en mêle !

5 – « Membre de l’Académie des sciences morales et politiques, Yvon Gattaz relaie l’appel de l’Académie en faveur de l’enseignement de l’économie dans les lycées. Le lundi 7 juillet, notre Académie a remis solennellement au ministre de l’Éducation nationale, M. Xavier Darcos, le rapport qu’elle a établi sur ce sujet essentiel pour nos jeunes : « L’enseignement de l’économie dans les lycées ». Il n’est pas surprenant que l’Académie se soit spontanément saisie de ce sujet sociétal, puisqu’en janvier 2007, elle avait déjà établi un important rapport : « La France prépare mal l’avenir de sa jeunesse », à l’initiative de deux membres prestigieux de notre compagnie, MM. Pierre Messmer et Raymond Barre. Elle prouvait, une fois de plus, qu’elle s’intéressait à l’avenir de notre pays, bien consciente des enjeux liés à la formation de la jeunesse, préoccupation conforme à sa mission nationale depuis 1795. La première étape fut la rédaction des critiques des dix membres de ce groupe, ce qui permit de constater une grande convergence de vues tant sur les programmes que sur les manuels scolaires. En substance, nos confrères s’inquiètent de discordances entre le titre et le contenu de l’enseignement, du rabaissement des savoirs disciplinaires, de programmes prétentieusement philosophiques, d’une approche inopportune de la vaste sociologie, d’une carence d’initiations scientifiques progressives à l’économie, du risque de faire critiquer pompeusement des théories mal assimilées, de la négligence des bases de l’analyse économique en raison d’une démarche partant de la macroéconomie pour n’aborder qu’ensuite la microéconomie, de l’incitation à la superficialité par manque de rigueur scientifique, de l’oubli fréquent de l’entreprise comme exemple de microéconomie, de l’absence de notions élémentaires de comptabilité, de la démarche intellectuelle si rarement préhensible du général au particulier alors qu’il faudrait pratiquer la méthode inverse, du simple au complexe. » (Le Figaro.fr, le 9 juillet 2008)

4 – LE PATRONAT SORT SON PROGRAMME !

L’Institut de l’entreprise présidé par Michel Pébereau (membre de la commission d’audit sur les manuels et programmes de SES/"rapport Guesnerie" ET membre de l’"étude" de l’Académie des sciences morales et politiques) vient de proposer au Codice un programme de seconde de science économique visant à remplacer l’actuel programme de SES.

1ère partie : Principes, concepts et méthodes de l’économie • Identifier un problème économique : Rareté, choix, coût d’opportunité • Raisonner en économiste : Le raisonnement à la marge et la réaction aux incitations • Analyser les interactions : (a) Les bénéfices liés à la spécialisation et à l’échange • Analyser les interactions (b) : La coordination par le prix et le marché, la notion de concurrence • S’initier à la méthode en économie : Hypothèses et modèles, corrélation et causalité

2ère partie : Les entreprises et les facteurs de production • Qu’est-ce qu’une entreprise ? Raison d’être des entreprises, les parties prenantes, les systèmes de contrôle • Comprendre la fixation d’un prix : Les coûts de production, coût moyen et coût marginal, la courbe d’offre • Le fonctionnement de l’entreprise : Bilan et compte de résultat, principaux indicateurs de gestion • La diversité des formes d’entreprise : Définitions, avantages et inconvénients • La responsabilité sociétale de l’entreprise : Normes et notations, entreprises et ONG…

3ème partie : Les ménages, de l’offre de travail à la consommation • Pourquoi travailler ? L’offre de travail, effet de revenu et effet de substitution, le prix du travail • Les revenus des ménages La fiche de paie, revenu direct et indirect ; la notion d’assurance sociale et les revenus sociaux ; les revenus du capital • La distribution des revenus : L’effet de la qualification, de l’âge, de l’ancienneté, du sexe. Le salaire minimum • Les choix de consommation des ménages :La contrainte budgétaire, utilité totale et utilité marginale • La courbe de demande : Effet de prix, effet de substitution, effet de revenu. La notion d’élasticité

4ème partie : Ouvertures macroéconomiques • L’équilibre du marché de concurrence : Détermination du prix d’équilibre. Prix plancher, prix plafond. Le surplus du consommateur. Cadrage sur les structures de marché • Les lacunes du marché et les biens collectifs : Biens privé s et biens collectifs, les avantages d’un bien collectif, fourniture privée et/ou publique de biens collectifs • La notion d’externalité et la fourniture de biens hors marché : Coûts et avantages externes, régulations des externalités environnementales, des brevets et droits d’auteur • L’inégalité et la redistribution des revenus : Evolution de l’inégalité, patrimoine et revenu, pauvreté et cycle de vie, la redistribution du revenu • Croissance économique et amélioration des niveaux de vie : Productivité et croissance, notion de prix réel (prix monétaire rapporté au salaire horaire) pour mesurer l’é volution du pouvoir d’achat en temps de travail nécessaire à l’acquisition des biens

5 – LA POSITION DE L’APSES SUR LE RAPPORT GUESNERIE

L’APSES a pris connaissance du rapport Guesnerie et tient à souligner son accord avec certaines orientations prises dans celui-ci dans la mesure où elles correspondent à ce qui est, pour nous, nécessaire à la formation des élèves de lycée d’enseignement général. Cependant, l’APSES s’inquiète de certaines formulations et de propositions contradictoires. Enfin, des divergences subsistent sur quelques points essentiels et l’APSES souhaite réaffirmer sans ambiguïté la position qu’elle défendra au cours des prochains mois, en cohérence avec les mandats reçus de ses adhérents. [...]

L’APSES réaffirme que l’enseignement de Sciences Economiques et Sociales doit conserver son caractère pluridisciplinaire et sa double finalité : une formation aux savoirs et méthodes des différentes sciences sociales pour aider les lycéens, citoyens en devenir, à mieux comprendre les économies et sociétés qui les entourent et acquérir des connaissances et compétences pour réussir leurs études supérieures, leur insertion professionnelle et leur vie future. L’APSES mettra tout en œuvre pour que la réforme du lycée et le prochain groupe d’expert sur les programmes, intègrent ces impératifs.

UNE MOBILISATION INDISPENSABLE !

L’Apses Régionale de Nice vous invite à une réunion le 3 octobre à Saint-Raphaël pour :

- échanger les informations - organiser l’action

Vendredi 3 octobre 2008 à 18h30

Hôtel « brise de mer » 45 avenue du Touring Club 83 Saint-Raphaël

Pour tout contact local :

Marilo Lecuona (marilo.lecuona@wanadoo.fr ; tel : 04 94 80 80 73)

Pour plus d’infos (rapport Guesnerie, articles de journaux, communiqué de l’Apses, analyses, débats interne et externe, ....)

http://www.apses.org/

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