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Un troisième rapport s’en prend aux SES !

Par Pierre Maura et Marjorie Galy


L’Académie des Sciences Morales et Politiques (site), publie le 8 juillet 2008, (seulement quelques jours après la remise du Rapport Guesnerie à Xavier Darcos ainsi que la sortie du rapport de l’Association "Jeunesse et entreprises") un rapport disponible en téléchargement à l’adresse suivante : http://www.asmp.fr/travaux/gpw/ense...

Ce rapport a été constitué à l’initiative de la section IV économie de l’ASMP. On peut remarquer qu’aucun membre de la section II "Morale et sociologie" (celle de M. Crozier, R. Boudon et X. Darcos) n’a été associé à ce rapport, mais qu’en revanche la section IV "Economie politique, statistique et finances" dans laquelle siègent Michel ALBERT, Michel PÉBEREAU, Pierre BAUCHET, Bertrand COLLOMB, Jean-Claude CASANOVA, Marcel BOITEUX, Yvon GATTAZ, Maurice ALLAIS, est fortement représentée.

Morceaux choisis :

"L’enseignement des autres sciences sociales [i.e autre que la science économique], lui aussi redéfini, pourrait faire l‘objet d‘un enseignement distinct, le cas échéant parallèle. Comme pour l‘histoire-géographie, les deux enseignements pourraient naturellement être assurés par les mêmes professeurs. Il conviendrait bien sûr de donner aux enseignants actuels qui en ressentiraient le besoin le complément de formation qu‘ils jugeraient nécessaire."

"En ce qui concerne l‘enseignement de Seconde, qui est optionnel, il devrait être à l‘évidence complètement repensé. Il faudrait le centrer sur l‘apprentissage des concepts et des instruments de base de la science économique, autour de ses acquis les plus assurés, c‘est-à-dire de quelques principes simples expliquant comment les gens prennent leurs décisions et interagissent, quelle est l‘utilité de l‘échange, et le cas échéant, comment le niveau de vie d‘un pays dépend de sa capacité de production. C‘est seulement après une telle redéfinition qu‘un élargissement de cet enseignement à d‘autres publics pourrait être envisagé."

"Quant aux manuels, il est clair que les problèmes constatés rendent indispensable une analyse critique régulière de leur contenu. L‘Académie souhaite vivement que d‘autres institutions prennent, dans deux ou trois ans, le relais de son initiative. Elle espère qu‘il sera possible de rassembler un groupe d‘experts aussi éminents et incontestables que ceux qui ont bien voulu se mobiliser pour cette mission."

"En l‘état, le contenu des enseignements n‘a qu‘un rapport lointain avec la science économique, telle qu‘elle est pratiquée non seulement dans les universités et les centres de recherche, mais aussi dans les organisations gouvernementales et internationales, et (a fortiori) dans les entreprises. La perspective adoptée par les programmes, qui reprend (au mieux) l‘ancienne tradition française de l‘économie institutionnelle enseignée dans les facultés de droit, est largement orthogonale à la science économique moderne (par quoi l‘on entend du dernier demi- siècle)."

"Bien pire, l‘enseignement, sous sa forme présente, tend probablement à répandre le sentiment qu‘un tel savoir est soit inexistant, soit inutile, et qu‘il est possible de discuter de problèmes complexes sans avoir recours à autre chose qu‘une analyse superficielle"

"Pour des raisons de compétence, la discussion sera essentiellement limitée aux sciences économiques, qui constituent sans doute le noyau dur de l‘enseignement considéré."

"La question de l‘organisation et de la coordination des activités au niveau de la société entière n‘est pas évoquée en tant que telle (même si abondent les pompeuses platitudes du type "le marché est une construction sociale")."

Apses.org | Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales