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Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA

Le Bureau National de l’Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales a le regret et la profonde émotion de vous informer de la disparition de Edwige CORCIA.

Edwige a été engagée jusqu’au bout dans les combats menés par l’APSES, en tant que membre du Comité Directeur de l’Apses et membre du bureau de la régionale de Paris dont elle était présidente jusqu’à l’an passé. Elle s’y est illustrée en créant notamment les Cafés Sciences Sociales à Paris, des réunions ouvertes à tous les citoyens pour débattre de questions d’actualité avec l’apport de chercheurs et enseignants en sciences sociales.

Au niveau national, elle a été pendant de nombreuses années membre du Bureau National de l’APSES. En tant que secrétaire générale de l’APSES durant l’année 2004-2005, la mobilisation qu’elle a impulsé a conduit le ministre de l’Éducation Nationale de l’époque (François Fillon) à renoncer à ses projets qui reléguaient les SES sur un strapontin en seconde.

Edwige a défendu toute sa vie un enseignement de SES de qualité, convaincue qu’elle était de l’apport des différentes sciences sociales à la formation citoyenne des lycéens. Les professeurs de SES sont aujourd’hui en deuil car nous avons tous une dette envers son engagement. Notre plus bel hommage sera de continuer à porter les idées qui l’ont animée jusqu’au bout et de s’inspirer de son exemple.

Vous avez la possibilité de laisser ci-dessous un témoignage qui sera transmis à la famille d’Edwige (cliquer sur "Répondre à cet article").

commentaires (39 messages)


  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 18 août 2010 22:08, par florence aulanier

    Passionnée, volontaire, déterminée ... Edwige était une femme hors du commun, qui a énormément fait pour les SES. Merci à elle, et que son souvenir continue à nous inspirer et à nous soutenir. Je garderai de nombreux beaux souvenirs d’elle, pendant les manifestations, les AG ou autres. Elle va beaucoup nous manquer. Le meilleur hommage qu’on puisse lui rendre est de continuer à se battre pour les SES.

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 20 août 2010 00:27, par Georges Ortusi

    Edwige était une militante. Au sens plein du terme et, je dirais, sans limite. Il n’y avait pas d’heure pour les SES : c’était tout le temps. C’est vrai qu’elle était dure à suivre... Bien que militant moi aussi, je n’ai jamais pu porter mon engagement aussi loin et je ne dois pas être le seul ! Ce dévouement sans faille pour la cause des SES faisait partie intégrante de la personnalité d’Edwige. Pour elle c’était un choix, le choix d’un combat que seule la mort pouvait interrompre. Les SES et l’APSES lui doivent beaucoup. Elle a tenu en particulier un rôle décisif pour sortir l’association de l’entre-soi : ses contacts avec les universitaires, avec les journalistes, son souci d’ouvrir les SES au "monde extérieur" (le café de sciences sociales) ont largement contribué à faire connaître la cause des SES en dehors du cercle purement professionnel. Pour tout cela, merci et respect ! La meilleure façon de lui rendre hommage sera de porter la lutte pour les SES au plus haut niveau. Salut Edwige !

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 20 août 2010 17:55, par Sami Bouri

    Chacun-e de nous a de forts souvenirs d’Edwige, même celles et ceux qui l’ont peu connue et cotoyée, comme moi.

    Ils sont assez forts pour pleurer, d’un très gros chagrin, la disparition d’une si grande humanité.

    C’est une terrible nouvelle qui me laisse orphelin d’une conscience, d’une mémoire, du rappel incessant à lutter pour faire vivre nos ambitions d’émancipacion pour tou-te-s.

    Sami Bouri

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 20 août 2010 18:06, par Labroille François

    Je ne sais plus vraiment à partir de quand j’ai commencé à croiser Edwige. Je crois me souvenir que c’était à Paris I en fac de sciences éco au milieu des années 1970 , à moins que ce ne soit au début des années 1980 dans l’effervescence de ces jeunes profs de SES d’alors, déjà convaincus de vivre une aventure majeure. Je suis certain en revanche que notre dernière conversation a eu lieu en mai, à l’issue d’une réunion pédagogique à Buffon et au cours de laquelle son opiniâtreté sans faille à interpeler l’inspection sur la survie des SES avait fini par me pousser à intervenir à mon tour alors que je laissais un peu lâchement s’écouler le discours indigent de notre liquidation. En plus de 30 ans, nous avons eu tout le temps de nous perdre de vue et de nous rencontrer maintes fois au hasard des échéances de l’APSES ou du SNES. Ces derniers mois encore, elle m’avait sollicité pour organiser un café des sciences sociales sur le « grand Paris ». Je lui avais simplement transmis par mel quelques possibilités de contact. Quelques semaines après, à la veille des Régionales , elle a réuni sur la base de sa seule énergie l’un des meilleurs plateaux sur le sujet autour de Roland Castro. C’est tout elle. Mais au delà de l’anecdote, Edwige nous importe tant parce qu’elle est une part de notre histoire commune. Elle a intensément exprimé jusqu’à ces dernières semaines sa crainte de voir balayer notre identité. Elle l’a fait avec l’abnégation dont elle était capable et avec une intuition de l’urgence que sa disparition me fait brutalement mieux mesurer. Oui, d’autres l’ont dit, Edwige incarne quelque chose d’essentiel pour notre génération qui a vu beaucoup plus dans la démarche des SES qu’un enjeu scolaire.

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 22 août 2010 08:45, par Gerard Grosse

    Edwige était une camarade avec qui nous avons longuement cheminé et milité au sein de l’Apses Paris. Avec qui nous nous sommes souvent engueulé aussi car nous étions loin d’être toujours d’accord. Et elle était tenace, têtue, revenant encore à la charge, et encore. Persévérante, tenace, ferme dans ses convictions au mépris de ce qui peut être parfois des petits compromis pour sa carrière, elle a manifesté le même courage dans son très long combat contre la maladie. Là aussi, pas question de s’en laisser compter par les « experts », elle voulait prendre ses traitements en mains.

    L’un de ses plus grands plaisirs c’était l’enseignement et c’était les élèves. Ces dernières années, ses années scolaires ont souvent été hachées par la maladie, mais il lui tardait toujours de retrouver ses classes. A entendre certains de ses anciens élèves, souvent de nombreuses années plus tard, il était facile de comprendre combien cette relation pédagogique comptait pour elle comme elle comptait pour eux.

    Edwige était une camarade et c’était aussi pour moi une amie, capable de beaucoup d’attention aux autres, de beaucoup de gentillesse. Et je trouve que ça ne se fait pas de la part d’une amie de nous quitter comme ça, si tôt.

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    • Hommage de l’APSES àEdwige CORCIA 20 décembre 2011 20:14, par rkAiyDJEfcexfSScm

      Dude, right on there botrher.

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 22 août 2010 16:30, par Philippe Watrelot

    En 1980, j’ai intégré la préparation au CAPES de sciences économiques et sociales à "Sciences Po”. A cette époque où il n’y avait pas d’IUFM, cette prépa accueillait sur “concours” une trentaine de personnes qui préparaient le CAPES tout au long de l’année à raisons de deux jours par semaine. Cette année là, parmi les étudiants, on trouvait Arnaud Parienty, Claude Dargent, Gilles Robert, Gisèle Jean, Laurence Cahour et ... Edwige Corcia. Je garde un souvenir très positif de cette "promo" où l’esprit de coopération l’a emporté largement sur l’esprit de compétition. Et la présence d’Edwige y était pour beaucoup.

    Au cours des années 80 et 90, j’ai côtoyé Edwige à de très nombreuses reprises. Dans l’APSES francilienne puis au niveau national. C’est de notoriété publique que nous n’étions pas sur les mêmes positions syndicales. Mais nous nous respections du fait de la légitimité acquise dans l’action. Elle savait reconnaitre ceux qui faisaient leur part du boulot et c’était pour elle un critère essentiel. Nous avions de l’affection l’un pour l’autre du fait de cette histoire commune du début des années 80. Edwige, sous des dehors quelquefois abrupts, était profondément humaine et très attentive aux autres. Elle avait aussi un sens aigu de la mémoire. Que ce soit pour les SES ou pour les relations humaines

    Je lui avais fait remarquer, il y a quelques années, que l’anagramme de "E.Corcia" était “coriace”.... Elle s’en était beaucoup amusée et le répétait volontiers. Edwige était une chieuse, une emmerdeuse, une combattante, une teigneuse,... elle ne lâchait jamais. On ne peut pas mettre sur pied et maintenir ensuite pendant tant d’années un projet comme le café des Sciences sociales sans avoir tous ces défauts qui sont aussi des qualités. Tous les journalistes animateurs et les participants de ces tables rondes au cours de toutes ces années peuvent en témoigner. Je me souviens aussi de ses projets vidéo sur l’histoire des SES. Elle a su mobiliser les énergies et parvenir à un résultat utile et qui a fait date.

    Je suis très triste aujourd’hui. Nous enseignons à nos élèves que le conflit est aussi générateur de lien social. Je me suis beaucoup engueulé avec Edwige et cela a créé un lien très fort fait de respect mutuel et d’amitié. J’ai perdu une amie.

    Salutations économiques ET sociales (elle aimait cette formule)

    Philippe Watrelot

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 22 août 2010 16:44, par Stephane Molina

    Je suis bouleversé par sa disparition. Elle était si forte, si volontaire, si résolue, si combative qu’elle m’apparaissait indestructible. Par un ami commun, je connaissais certaines des blessures que la vie lui a infligées et certaines de ses fêlures. Je l’en admirais que davantage. Même si elle pouvait parfois irriter, elle avait le chic pour susciter les réactions et nous pousser à l’action. Elle ne lâchait jamais le morceau. Pour moi, elle était la Passionaria des SES, mais je ne lui ai jamais dit. Je suis très triste aujourd’hui.

    Stéphane Molina

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 22 août 2010 18:16, par Aissa Guigon

    Edwige faisait effectivement partie de ses personnes qu’il est impossible d’oublier, tant pour ses qualités humaines que pour son professionnalisme ! Elle va énormément nous manquer. :(

    Aissa Guigon

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 22 août 2010 22:54, par Gilles Robert

    J’ai préparé le CAPES avec Edwige au début des années 80, je ne connaissais rien à l’APSES et elle m’a trainé un jour à l’assemblée générale de l’association pour demander de l’aide et du soutien pour la pétition que nous avions initiée afin d’obtenir plus de postes au concours. J’ai découvert ce que je croyais impossible, des collègues qui s’organisent collectivement pour faire vivre leur métier sans s’en laisser compter par leur hiérarchie ou "les politiques". Une révélation... Voilà si je suis tombé dans la marmite quand j’étais petit, c’est la faute à Edwige Et puis tant d’autres souvenirs...

    Merci ma grande

    Gilles Robert

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 22 août 2010 22:59, par Jacques Guin

    C’est pour nous tous mais j’ajouterai plus particulièrement pour nos jeunes collègues, une référence et un modèle de dévouement à la discipline qui disparaît de notre univers. Je ne savais rien du combat qu’elle a mené contre la maladie avec tant de dignité que, du temps de mon activité comme aux débuts de ma retraite où elle m’a souvent sollicité pour animer des stages ou participer au "Café", je n’en ai rien deviné. Ce combat éclaire d’autres couleurs sa suractivité débordante et son appétit pour ce que, à chaque instant, elle pouvait donner à partager, y compris dans ce qui pouvait parfois nous paraître excessif dans ses positions souvent tranchées mais toujours généreuses.

    Je suis trop loin de vous pour pouvoir m’associer autrement à la peine de sa famille que je ne connais pas et de ses amis, mais je ressens ce départ avec beaucoup de tristesse.

    Jacques GUIN (ancien président du jury de Capes, ancien président du groupe d’élaboration des programmes de SES et d’ECJS)

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 22 août 2010 23:00, par Isabelle Waquet

    Je suis très émue et attristée par cette nouvelle. J’ai connu Edwige au lycée Rodin à Paris dans les années 90. Elle se remettait d’un cancer et était pleine d’optimisme. Son dynamisme, ses capacités relationnelles, son sens de la communication ne laissaient en rien supposer qu’elle n’était pas entièrement guérie. Au-delà de la militante, du travail énorme qu’elle faisait pour défendre les SES, c’est son courage face à la maladie que je salue et que j’admire, son énergie, sa volonté de ne rien céder. Les SES lui doivent beaucoup et elle nous a donné une formidable leçon de vie.

    Isabelle Waquet

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    • Hommage de l’APSES àEdwige CORCIA 20 décembre 2011 20:32, par inczfKvTR

      I tohhgut finding this would be so arduous but it’s a breeze !

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 22 août 2010 23:03, par Maria Natale Villanova

    Le souvenir d’une force de vie, de lutte sincère, par delà les mots en partage avec tous, aujourd’hui, demain pour après demain mon émotion très attristée.

    Lotta si chiama vita sempre sare a fianca a noi cara Edwige. (La lutte se nomme Vie. Chère Edwige tu seras toujours à nos cotés.)

    Maria Natale Villanova

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 22 août 2010 23:04, par Daniel Rallet

    Salut Edwige Un seul combat de perdu n’effacera jamais ceux que nous avons mené avec toi ni ceux qui sont devant nous Ce sont nos victoires les plus improbables que tu as inspirées Même quand tu avais tort Tu avais toujours quelque part raison Peut-être parce que tu t’es dévouée à être notre conscience Et nous n’avons pas toujours su faire avec Désolé de ne pas pouvoir être à Cannes demain J’aurais bien voulu simplement être là

    Daniel Rallet

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    • Hommage de l’APSES àEdwige CORCIA 20 décembre 2011 15:43, par ICdouIteGsPu

      It’s wodenrful to have you on our side, haha !

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 23 août 2010 07:55, par Bruno Magliulo

    Je suis très très triste d’apprendre cela.

    J’ai connu Edwige il y a bien longtemps : elle enseignait au lycée Estienne d’Orves à Nice, et j’étais jeune IPR de SES. Elle croquait sa vie professionnelle à pleine dents, avec un enthousiasme très communicateur. C’était le genre de prof qui vous mettait "le feu" à une réunion pédagogique, mais au bon sens du terme : toujours dans le but de construire. Ce n’était pas toujours reposant pour l’inspecteur animateur, mais c’était un prix que j’ai toujours accepté de payer car je sortais de ces réunions avec le sentiment que nous avions collectivement avancé, et que nous lui devions une bonne part de ces avancées.

    Plus tard, je l’ai retrouvée à Paris, où j’étais également inspecteur. Egale à elle-même, continuant d’offrir son esprit frondeur à la discipline, elle avait étendu l’action de son esprit critique aux instances parisiennes et nationale de l’APSES, toujours dans le but premier d’illustrer et défendre les sciences économiques et sociales ou du moins la conception qu’elle en avait. Les habitués de la liste de diffusion de l’APSES savent de quoi je parle. Peu après que, pour des raisons que je qualifierai de "personnelles et liées à diverses divergences de vues", j’ai quitté l’inspection des SES, au milieu des années 1990, elle me sollicita, plusieurs années de suite, pour que je vienne dans son lycée offrir à ses élèves de ES mes capacités de bon conseil d’orientation post baccalauréat. Je lui ai toujours répondu en acceptant de le faire, car c’était pour moi une façon de la remercier pour tout ce qu’elle avait fait et continuait de faire pour les SES. Comment ne pas donner à quelqu’un qui donne autant et de façon si généreuse ?

    Alors salut Edwige, et de là où tu es désormais, continue de mener tes combats. Celui qui t’a emporté de Terre ne te préoccupera désormais plus. Tu es donc totalement libérée, pour mieux défendre encore les causes qui te tiennent à coeur. Et concernant celles qui sont liées aux SES, passe d’abord voir nos grands anciens disparus : les Palmade, Campuzan, et ces centaines de collègues emportés par des tourmentes diverses, mais qui ont, chacun à sa façon, contribué à faire naître, puis vivre, notre cher enseignement. Que ton combat continue, et que chacun de ceux qui te survivent parmi nous se sente investi du devoir d’entretenir la chaîne, car nul doute que si les SES venaient à mourir à leur tour, alors ce serait ta deuxième mort.

    Salut Edwige

    Bruno Magliulo (ancien IPR-IA de sciences économiques et sociales)

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 23 août 2010 07:56, par Thierry Ananou

    Je me souviendrai aussi de 2005.

    Entre deux opérations, de son lit d’hôpital, elle téléphonait aux journalistes, aux collègues et au monde entier pour organiser l’action et diffuser l’information. Edwige avait un gros défaut, tout le monde le savait et cela irritait : elle n’abandonnait pas et ne vous lâchait jamais. Elle n’acceptait pas le recul qu’elle interprétait toujours comme un manque de volonté, de combativité et de clairvoyance politique.

    Cette année là, cela avait joué un rôle capital dans la sauvegarde de la discipline. Son cancer a été le plus fort. Pour la première fois de sa vie, Edwige a cédé. Sa disparition est d’autant plus douloureuse que l’on ne croyait pas ça possible.

    Thierry Ananou

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 23 août 2010 07:58, par Albert Cohen et Pierre-Olivier Perl

    C’est effectivement une très triste nouvelle. Quant on pense à Edwige, on ne peut que reconnaitre l’importance de son engagement militant pour les SES et son dynamisme tant dans sa vie personnelle que professionnelle. Il y a peu encore, elle était capable de remonter le moral à d’autres moins touchés qu’elle dans leurs chairs. Ceux qui l’ont rencontré se rappelleront sa détermination dès le début de journée et son enthousiasme encore tard le soir. De même que sa volonté de convaincre lorsque des désaccords persistaient. Et il faut se souvenir, pour les faire vivre, de ses refus de compromissions politiques.

    Albert Cohen Pierre-Olivier Perl

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 23 août 2010 10:11, par Victor Nieddu

    Je ne pourrai pas être à Cannes pour les obsèques d’Edwige, je m’associe à tous les témoignages qui rendent compte de l’importance de son engagement, de sa sincérité et sa détermination pour faire vivre les SES et lutter pour une société plus juste. Je l’avais eu au téléphone avant l’AG et elle m’expliquait qu’il ne fallait rien lâcher et aller plus loin dans l’engagement. Je sais que nous serons nombreux à poursuivre son combat. Je présente mes condoléances à tous ses proches.

    Victor Nieddu

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    • Hommage de l’APSES àEdwige CORCIA 20 décembre 2011 13:11, par SbiNMvkQar

      I am feorevr indebted to you for this information.

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 23 août 2010 11:00, par Laurence Cahour

    C’est vrai, Philippe, que notre amitié avec Edwige remonte à si longtemps, elle est depuis nos lointains débuts, liée à notre aventure SESuelle...

    Comme beaucoup l’ont déjà exprimé, Edwige, c’est si difficile de réaliser que ce dernier combat, finalement le plus intime, a eu raison de toi, si combative et courageuse jusqu’au bout... Tu nous laisses orphelins de notre plus admirable et agaçante "Passionata" et tu nous manques déjà beaucoup !

    Chapeau bas pour cette vie d’engagement incessant pour les SES !

    Laurence Cahour

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 23 août 2010 11:55, par Georges Ortusi

    Edwige était une militante. Au sens plein du terme et, je dirais, sans limite. Il n’y avait pas d’heure pour les SES : c’était tout le temps. C’est vrai qu’elle était dure à suivre... Bien que militant moi aussi, je n’ai jamais pu porter mon engagement aussi loin et je ne dois pas être le seul !

    Ce dévouement sans faille pour la cause des SES faisait partie intégrante de la personnalité d’Edwige. Pour elle c’était un choix, le choix d’un combat que seule la mort pouvait interrompre.

    Les SES et l’APSES lui doivent beaucoup. Elle a tenu en particulier un rôle décisif pour sortir l’association de l’entre-soi : ses contacts avec les universitaires, avec les journalistes, son souci d’ouvrir les SES au "monde extérieur" (le café de sciences sociales) ont largement contribué à faire connaître la cause des SES en dehors du cercle purement professionnel.

    Pour tout cela, merci et respect ! La meilleure façon de lui rendre hommage sera de porter la lutte pour les SES au plus haut niveau. Salut Edwige !

    Georges Ortusi

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 23 août 2010 16:37, par claude Michel

    23 aout à 16h, je viens d’apprendre la disparition d’ Edwige et de lire ces messages si justes et émouvants sur sa personnalité et son engagement : un souvenir d’Edwige me vient à l’esprit : c’est grâce à toi que je suis allé jusqu’au bout des épreuves du concours au début des années 80 ( je voulais ne pas revenir à l’issue de la première épreuve et tu ne m’as pas lâché comme tu savais si bien le faire avec cette opiniâtreté qui te caractérisait, au point de m’obliger à revenir...) : je te dois sincèrement d’avoir continué dans ce métier en devenant titulaire...Nous nous sommes souvent revus au sein de l’APSES, au groupe ses du Snes, dans la vie hors travail aussi mais peu ces dernières années et je voudrais seulement ajouter à ces messages d’amis le fait que ton engagement pour les Ses n’était jamais déconnecté d’un engagement plus large, un engagement progressiste et pour l’émancipation, un engagement citoyen et politique donc qui s’exprimait chez toi dans la pleine conscience de défendre un enseignement lui même facteur d’émancipation parce que ouvert à la pluralité des idées et des points de vue ; en ces temps de populisme d’Etat, de remise en cause de tant d’acquis, jusqu’aux contenus des enseignements, espérons que nous parviendrons à faire vivre ton message et ton engagement auprès des plus jeunes générations.. et de toute façon, tout ce que tu as semé auprès des élèves et des profs restera bien en vie...

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  • Hommage du conseil local FCPE du lycee Sophie Germain à Edwige CORCIA 23 août 2010 18:01, par Coquerel Genevieve

    Nous venons d’apprendre avec une grande tristesse le décès de Mme Corcia. C’est nom des tous les parents que nous souhaitons présenter à sa famille et à ses collègues nos plus sincères condoléances.Outre ses qualités reconnues d’enseignante, nous tenons à saluer son engagement particulier auprès de nos enfants, son souci constant de les pousser à devenir des citoyens ("il faut comprendre la société.." leur répétait-elle), ses combats menés pour l’Association des professeurs de SES et pour la défense d’un enseignement de qualité pour tous. "

    Pour le conseil local FCPE du lycée Sophie Germain Geneviève COQUEREL - BEUCHON (Présidente de la FCPE du Lycée Sophie Germain)

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 24 août 2010 08:10, par Erwan Le Nader

    Comme beaucoup d’enseignants de SES, Edwige a été une des personnes à l’origine de mon engagement associatif pour la défense de la discipline qu’elle aimait tant. Je n’oublierai pas les coups de gueule, mais aussi la générosité et la détermination de celle qui fut aussi ma voisine pendant 2 ans, et qui à bien des égards était exemplaire. Edwige nous manque.

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 24 août 2010 08:56, par Aline Bérardi

    Pour moi, c’est le souvenir de l’action " Nuit blanche" à la place de la Bastille ..Après 22H nous n’étions plus que toutes les deux avec la banderolle !On était emporté par les danses surréalistes des collègues d’EPS qui se déchaînaient autour de la place en scandant le Haka des joueurs de rugby. Le Haka dit Ka mate. Ka maté. Je meurs. Je meurs. Kaoara kaoara. Je suis vivant. je suis vivant. En hurlant comme il se doit...

    Edwige était anticonsensuelle, directe, envahissante... Rien de glam... mais un concentré d’anti néolibéralisme... aucun complexe. S’il faut que ce soit dit, on y va. Rien à perdre. Même la reconnaissance, peu importe... Utile à l’association parce que ça piquait, ça grattait, ça démangeait... Edwige , c’était le moustique des moustiques. C’était la branche "Métal" de l’Apses.

    Elle aurait aimé tous ces témoignages de reconnaissance.

    Aline Bérardi

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 24 août 2010 08:56, par Pascal Combemale

    No pasaran

    Il était facile de se fâcher avec Edwige, à cause de son franc-parler ; et de son intransigeance dès qu’il s’agissait des SES. Mais il était difficile de ne pas en éprouver immédiatement du remords, car elle était notre Pasionaria, celle qui nous remobilisait chaque fois que la lassitude, après tant de luttes pour la simple préservation de notre existence, et le défaitisme, devant des rapports de forces aussi inégaux, nous incitaient à renoncer. Je ne la connaissais pas suffisamment pour savoir d’où elle tirait cette force, cette énergie contagieuse, qui ont si souvent contribué à nous maintenir debout quand d’autres nous invitaient à survivre à genoux. Et vont désormais nous manquer, car elle appartenait à la très petite catégorie de ceux qui restent fidèles à leurs engagements.

    Un(e) IPR aurait déclaré, dans le style Laurence Parisot : « il n’y a pas que les SES dans la vie ». En effet, les causes à défendre sont multiples, mais c’est en général une excuse facile pour ceux qui ne servent aucun idéal et n’ont finalement que des intérêts. Les SES comptaient beaucoup dans la vie d’Edwige, parce qu’elle ne les réduisait pas à un programme scolaire assorti d’« instructions complémentaires ». On ne s’engage pas ainsi pour célébrer quelques lignes dans un bulletin officiel, mais pour des valeurs, qui donnent du sens et une cohérence à des actes. Ce que ne peuvent comprendre, justement, ceux qui ne le « vivent » pas.

    Edwige agaçait les « petits intellectuels », ces bureaucrates de l’esprit qui confondent la pensée et la logorrhée des références bibliographiques, passent leur temps à donner des leçons aux autres, sans jamais prendre le risque d’agir. Car elle n’était certainement pas une « intellectuelle » en ce sens, et agissait au contraire beaucoup, démontrant les SES par la pratique, au-delà même des murs de la classe, l’un des derniers exemples étant le café de Sciences sociales. Edwige part beaucoup trop tôt, bien sûr pour sa famille et ses amis, mais aussi pour la « génération SES » vieillissante, inquiète de la transmission à la suivante d’un héritage qui ne se résume pas à des mots, à des textes ou des motions, mais est constitué de biens hélas volatils : des attitudes, des façons de faire et de penser. Qui ne se transmettent que dans le partage et la relation, par des expériences communes, dans la durée. Comme elle le faisait, sans oublier de rappeler ce que les plus jeunes doivent aux luttes de leurs aînés. Ce que nous ferons à notre tour en pensant à elle.

    Pascal Combemale

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    • Hommage de l’APSES àEdwige CORCIA 20 décembre 2011 12:41, par AkNOGUpgVZbvUhaYxF

      Haha. I woke up down today. You’ve chreeed me up !

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 24 août 2010 22:38, par Christian Laval

    Un mot pour ajouter à tous les témoignages d’amitié et d’estime auxquels je m’associe. Edwige, c’était pour moi le courage de ses idées, même et surtout le courage de ses idées minoritaires quand elles l’étaient. Ne pas céder, ne pas reculer, ne jamais intérioriser une position provisoire de faiblesse. C’est ce qu’elle a montré pour elle-même, dans les moments où elle n’était pas toujours suivie, et c’est cette éthique du combat qu’elle manifestait toujours dans sa défense inconditionnelle des SES et dans ses appels répétés à la "contre-offensive". Certains appeleraient cela de l’intransigeance. En réalité, il y avait chez Edwige surtout intégrité d’un parcours et complète fidélité à ses idées. Ce sera dur, et cela a toujours été un peu difficile pour moi, d’être à la hauteur d’Edwige.

    Christian Laval

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 25 août 2010 22:34, par Claude Dargent

    J’ai fait la connaissance d’Edwige en même temps que je découvrais l’enseignement des sciences économiques et sociales en 1980-1981 quand nous préparions le CAPES, comme le rappelle Philippe Watrelot. A l’époque se livrait déjà un des premiers combats pour la discipline : « nous nous battrons pour un adjectif » puisque le septennat finissant de VGE voulait rebaptiser la discipline « sciences économiques ».

    Edwige était de cette première lutte. Elle fut des autres, j’ai pu le constater lorsque j’ai présidé l’APSES comme dans la période ultérieure. Trente ans après, je ne suis plus professeur de SES, même si j’enseigne toujours la sociologie. Et j’observe que, si on veut bien nous laisser l’adjectif, il est vidé de son contenu dans les programmes qu’on nous impose. Le progrès est donc loin d’être évident. Faut-il voir dans ce retour au point de départ un échec ? Pas à mon sens : comme il est conçu, cet enseignement dérange trop de forces trop puissantes pour qu’il ne soit pas condamné à des attaques récurrentes. De ce point de vue, nous n’en aurons jamais fini, il faut se faire une raison. Mais nos adversaires non plus.

    Edwige partagerait cette analyse. Pourtant, à l’instar d’autres collègues qui l’ont souligné plus haut, j’ai eu des désaccords avec elle. Mais aussi des accords fondamentaux. En premier lien donc, la nécessité de ne pas isoler l’enseignement de sciences économiques de celui des autres sciences sociales en lycée.

    Et puis un autre, tout aussi majeur : l’importance de l’éducation, de la formation du citoyen. L’attachement à cette valeur, voilà une motivation qui me parait tellement plus estimable que d’autres, pourtant largement répandues dans nos sociétés. Y consacrer du temps et de l’énergie mérite donc d’être salué. Cela porte un nom. Et on comprendra alors le respect que suscite chez moi ce qu’était fondamentalement Edwige Corcia : une militante.

    Claude Dargent

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 26 août 2010 08:34, par Bernard Drevon

    En tant qu’ancien président de l’Apses et de l’APKHKSES, je m’associe au deuil qui frappe tous ceux qui ont connu Edwige, son engagement sans faille, sa force de caractère et son infini humanité.

    Bien triste fin d’été en effet !

    Courage à tous, et bien sûr avant tout à ses proches

    Bernard Drevon

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 26 août 2010 08:35, par Michel Spinnewynn

    Il y avait bien que la mort pour empêcher Edwige de se battre pour nous tous. Que c’est dur...

    Michel Spinnewynn

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 26 août 2010 22:34, par DE CACERES HENRI

    au delà d’un combat passionné, un, être humain dont les origines culturelles sont comparables aux miennes, de l’autre côté du "mare nostrum", avec un sang chaud et bouillant, celui qui décore les barricades... en même temps, un attachement discret et réel à ses racines, sa "gens",un caractère chaleureux et hospitalier, combinant ainsi universalisme des idées et patriotisme affectif...un profil pour représenter des SES vivantes et attractives... Edwige, siempre con nosotros

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    • Hommage de l’APSES àEdwige CORCIA 8 novembre 2011 16:38, par xHeRnjGGxxGNl

      Okay I’m convinced. Let’s put it to atcoin.

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 27 août 2010 11:18, par Daniele Kravetz

    Je suis profondément touchée par cette nouvelle. J’ai connu personnellement Edwige et je me réjouissais de l’avoir comme collègue au lycée Sophie Germain, où j’avais obtenu ma mutation. Sa disparition brutale me prive de sa présence et d’une proximité que j’aurais appréciée . Toute ma sympathie à sa famille et ses proches

    Danièle Kravetz

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 28 août 2010 17:55, par Gisele Jean

    Edwige appartient la génération des professeurs de SES des années 80, de ceux qui avaient un projet bien déterminé dès l’université devenir professeur de SES, le « et sociales » étant très important. Edwige je l’ai rencontrée à la prépa Capes à sciences po Paris en 1980 où nous étions nombreux cette année là à le préparer pour 25 postes. Heureusement la génération précédente avait crée les conditions d’accueil d la génération suivante. Je me souviens de Robert James, président de l’Apses et des réunions rue Jacob où Edwige nous entraînait et aussi dans nos enseignants Albert Cohen, Marie Christine Ferrandon et Janine Bremond, tous piliers des SES et responsables de l’association.

    Nous avons tous été formés au concours dans le même endroit, partageant les mêmes valeurs, Edwige nous a fait découvrir l’association, elle a permis aux provinciaux d’être hébergés à la cité U, elle a donné et créer un lien entre nous.

    De notre défense des postes, de la discipline cette année (nous avons gagné bien entendu) nous avons gardé cette chaleur humaine, mais aussi le fait que les SES s’il n’y a pas que cela dans la vie, il y avait surtout cela. Cet engagement dans l’Apses et pour les SES, Edwige mais aussi Laurence, Arnaud, Claude, Philippe et bien d’autres l’ont poursuivi. Ce n’était pas dans une perspective de court terme mais bien dans cette construction d’un collectif qui dure et perdure au fil du temps.

    Ce Capes nous l’avons obtenu et nous avons pu porter dans l’association les combats suivants, contre la séparation de la filière en 2, puis contre les programmes de type gestion, pour une spécificité, celle de l’ouverture, de l’esprit critique. Edwige a été de tous les combats tout le monde l’a rappelé, mais elle a été aussi de toutes les fêtes, les joies partagées. Toujours le sens de l’accueil de l’hospitalité, un rire gai joyeux qui marquait. Edwige, était ce que le nouveau programme appellerait une femme de réseaux et que moi j’appelle une femme de lien. Elle créait et utilisait ses liens personnels au service d’une cause, la communication pour la défense des SES ou pour son enseignement. Défense des méthodes actives, elle faisait feu de tout bois pour amener ses élèves à découvrir par exemple la diversité culturelle. J’ai souvenir d’une soirée de longue préparation culinaire chez elle pour que ses élèves de première découvre le lendemain que manger est culturel. Soucieuse de ses élèves, de changer sans cesse ses cours, de s’interroger sur sa pratique mais également toujours ouverte aux conférences des chercheurs. Dans la réflexion et la construction des nouveaux programmes des années 90 celle de la réforme Bayrou, elle a joué un rôle important, même s’il n’apparaît pas directement.

    Lorsqu’il y a 15 ans le cancer l’a frappé, elle n’a jamais désespéré. Avec sa pugnacité qui la caractérisait elle a réussi à le vaincre et poursuivre son action à mettre en place contre vents et marées avec la complicité d’Emmanuel, de Gérard le café de sciences sociales où bien d’autres personnes que le monde des SES participait. J’aimais ce café de Bastille où à la fin nous déjeunions ensemble après des débats souvent très animés. Car la force d’Edwige c’était de rassembler pour la confrontation, c’était le contraire des bénis oui-oui, de ceux qui tentent de saisir le sens du vent pour se laisser porter. Le mouvement elle le créait avec conviction et acharnement, usante parfois.

    Dans ce monde où le moindre conflit n’est jamais supporté Edwige provoquait le conflit. Dans ce monde où la convivialité n’est qu’un mot, pour Edwige cela a été une façon de vivre.

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    • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 30 août 2010 10:05, par Yves Le Rolland

      Réaction tardive pour cause de retour tardif. Le temps de parcourir tous les témoignages et de constater que beaucoup avaient parfaitement exprimé tout ce que je ressentais, je tiens moi aussi à partager cette peine collective. J’ajouterai simplement que, si parfois Edwige a pu nous déranger par sa combativité inlassable (sans doute parce que nous n’étions pas capable de la même énergie), je reste persuadé que, si les SES bien que fortement déstabilisées, existent encore sous cette forme , Edwige n’y est pas pour rien.

      Merci Edwige pour ce combat exemplaire. Yves

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  • Hommage de l’APSES à Edwige CORCIA 2 septembre 2010 22:09, par VAL

    L’association des Professeurs de Khâgne et d’Hypokhâgne en Sciences économiques et sociales (APKHKSES) s’associe pleinement à l’hommage rendu à notre collègue Edwige Corcia, bien trop tôt disparue.

    Les professeurs de B/L réaffirment avec elle qu’ils sont professeurs de sciences économiques et sociales et qu’ils poursuivent ainsi dans leur enseignement la même orientation que celle qu’Edwige a toujours défendue, d’une part l’unité des sciences sociales, d’autre part la contribution de leur enseignement à la compréhension du monde social, passé et contemporain, dans toute sa complexité économique, politique et sociologique.

    A une époque où se multiplient les attaques contre cet enseignement novateur, armature d’une filière scolaire nouvelle, les classes AB devenue B puis ES qui ont permis à de nouvelles générations d’accéder à l’enseignement supérieur y compris par les filières les plus prestigieuses que sont les classes préparatoires aux grandes écoles, le combat qu’a mené Edwige a été l’un des freins à leur disparition. Puisse la génération SES grandir encore et poursuivre son œuvre progressiste.

    Pour le bureau de l’APKHKSES, Jean-Claude Val, Président.

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