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Le choix de la pédagogie active

Inspection Pédagogique Régionale “Guide du professeur débutant en SES” 1991, CNDP.


Le choix de la pédagogie active

- L’enseignement des sciences économiques et sociales s’est constitué, dès ses origines, sur la base de son unité didactique, qui a pour corollaire la mise en oeuvre de méthodes pédagogiques actives. Cet impératif est d’ailleurs rappelé dans les instructions officielles qui accompagnent les nouveaux programmes de la classe de seconde et de première B : “il (l’enseignement des S.E.S.) pratique une pédagogie active et laisse aux professeurs le soin d’organiser librement leur travail dans le cadre des programmes dont la cohérence et l’équilibre doivent être respectés” Loin de constituer un dogmatisme pédagogique, ce choix s’appuie sur plusieurs considérations solides.

Pourquoi une pédagogie active ?

Les raisons de fond qui ont justifié l’emploi des méthodes actives au moment de la création de la discipline se trouvent aujourd’hui renforcées par les mutations que connait le système éducatif .

1) Des raisons fondamentales :

- Des considérations théoriques Les travaux réalisés en épistémologie génétique par Jean Piaget et ses élèves ont amplement démontré que les savoirs ne s’empilent pas les uns sur les autres, mais qu’au contraire, l’apprentissage est un construit social qui ne s’actualise que dans et par l’interaction humaine.
- Des considérations d’efficacité De nombreuses enquêtes ont mis en évidence que l’on n’apprend bien que ce que l’on fait soi-même : “on retient 20 % de ce que l ‘on entend, mais 90 % de ce que l’on fait”. Si le cours magistral permet de diffuser un maximum d’ informations dans un minimum de temps, il ne peut assurer l’acquisition des savoir-faire indispensables pour mener des études supérieures. Dès lors qu’il ne s’agit pas tant de transmettre un savoir déjà constitué que de favoriser chez les élèves la mise en œuvre des opérations mentales qui leur permettront de produire eux-mêmes du savoir, les méthodes actives s’avèrent irremplaçables.

2) Des raisons plus contingentes :

- La concurrence des médias : La simple diffusion d’informations est réalisée par les médias audiovisuels sous des formes attractives avec lesquelles le professeur peut difficilement rivaliser. L’utilisation du magnétoscope permet d’adapter la transmission du message en fonction du rythme d’ assimi1ation de chacun : possibilité d’arrêt sur image, possibilité de repasser une séquence... Par contre le rôle du professeur reste essentiel en ce qui concerne l’organisation du travail des é1èves : apprendre à rechercher des informations pertinentes par rapport à une question, organiser et hiérarchiser ces informations pour construire une réponse argumentée, planifier une stratégie pour la résolution de problèmes...
- L’adaptation à un nouveau public : L’hétérogénéité des classes, l’inégale motivation des élèves, la difficulté de concentration de certains d’entre eux nécessitent la mise en oeuvre de méthodes pédagogiques variées, seules susceptibles de mobiliser l’attention de jeunes adolescents. Pour une majorité d’élèves, le cours magistral risque de susciter ennui, inattention et bavardages.

Que faut-il entendre par pédagogie active ?

Les méthodes actives caractérisent toutes les situations d’apprentissage dans lesquelles les élèves participent réellement à la construction des savoirs et savoir-faire. Elles s’opposent principalement au cours magistral caractérisé par la simple transmission de connaissances.

1) Ce que n’est pas la pédagogie active :

- Un cours pseudo-magistral. : On confond trop souvent méthodes actives et pédagogies interrogatives. Ces dernières conduisent souvent le professeur à faire un cours magistral, émaillé de quelques questions “alibis”, qui servent de prétexte pour relancer un discours entièrement construit. Ce type de pédagogie induit un simulacre de participation et n’assure pas une activité réelle de la part des élèves.
- Une discussion inorganisée : Il arrive également de confondre pédagogie active et non-directivité. On assiste alors à une caricature des méthodes actives qui a beaucoup contribué à discréditer cette pédagogie : on propose aux élèves quelques documents qu’on leur demande de lire et de commenter ; s’ensuit une discussion à “bâtons rompus” qui ne débouche sur aucun savoir structuré. Le cours risque ainsi de se transformer en conversation de café de commerce. L’élève est amené à parler pour parler, à agir pour agir, sans que soit proposée une finalité à son action.

2) Ce qu’elle peut être.

La pédagogie active ne peut trouver sa pleine efficacité qu’à la condition d’assurer à l’élève un cadre de réflexion à la fois motivant et structuré. Elle suppose de la part du professeur une analyse précise des contenus à enseigner, une détermination et une hiérarchisation des objectifs, le choix de supports documentaires adaptés, une évaluation des acquis en cours d’apprentissage. Dans ces conditions, les méthodes actives peuvent revêtir des formes variées qui encadrent plus ou moins l’activité d’apprentissage de l’élève : • Alternance de courts exposés du professeur et de productions écrites ou orales d’élèves. • Leçon programmée, avec contrôle intégré à l’apprentissage. • Travaux individuels sur dossiers documentaires (guidés par le professeur). • Travaux de groupe sur dossiers documentaires (guidés par le professeur) . • Travaux en groupe autonome. • Recherches documentaires en C.D.I. enquêtes, compte rendu de visites d’établissements. • …

Inspection Pédagogique Régionale “Guide du professeur débutant en SES” 1991, CNDP. (Babarit - Bolliger - Étienne - Magliulo - Sage - Seiler - Simler)

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