articles de la même rubrique

Courrier de l’APSES à Madame la Rectrice de l’académie d’Amiens

Envoyé le 11/5/2015


Strasbourg le 11 mai 2015

Madame la Rectrice,

L’association des professeurs de sciences économiques et sociales a pris connaissance avec le plus grand étonnement de la note adressée aux chefs d’établissement de l’académie d’Amiens dans laquelle vous proposez d’expérimenter en classe de seconde générale et technologique, au titre de l’article 34 de la loi Fillon, un unique enseignement d’exploration à « caractère économique » en lieu et place du choix actuellement proposé aux élèves entre SES et PFEG.

L’APSES s’oppose vigoureusement à ce projet. Ce dernier se traduirait en effet sur une durée d’1H30 par semaine en une alternance semestrielle entre SES et PFEG, qui verraient donc leurs programmes amputés de moitié. Or, l’article 34 de la loi Fillon ne permettant pas de déroger à des programmes qui demeurent nationaux, ce projet serait susceptible de recours devant le tribunal administratif.

C’est parce que la DGESCO avait bien conscience de cette impossibilité qu’elle avait proposé à l’été 2012 un projet de nouvel enseignement d’exploration intitulé « connaissance du monde économique » avec un programme officiellement déterminé, reprenant une partie du programme de SES et une partie de celui de PFEG. Mais ce projet n’a jamais abouti, le Ministre Peillon ayant pris acte de son très large rejet par le conseil supérieur de l’éducation du 28 juin 2012 (42 voix contre, 5 voix pour et 14 abstentions).

Ce rejet sans appel reflète les multiples raisons qui s’opposent à la mise en place d’un tel projet. Car diviser par deux les horaires de SES et de PFEG revient en moyenne à ne leur accorder que 45 minutes par semaine, horaire très insuffisant pour permettre d’atteindre les objectifs de constitution d’une culture économique et de découverte, dans une optique d’orientation, des spécificités de chacune des disciplines SES et PFEG. En particulier, ce sont pour les SES la sociologie et pour les PFEG la gestion qui risquent rapidement de faire les frais de la fusion.

En ce qui concerne plus spécifiquement notre discipline, nous considérons au contraire qu’à l’heure où les grandes questions économiques et sociales – politiques économiques, évolutions de la famille, protection sociale, etc. – sont plus que jamais d’actualité, l’école du XXIème siècle se doit de former plus sérieusement les lycéens aux regards des sciences sociales sur ces enjeux, ce qui nécessite de développer l’enseignement des SES et non de le réduire.

C’est pourquoi, à la lumière de ces éléments, nous vous demandons de bien vouloir reconsidérer ce projet, qui rencontrerait une opposition forte sur le terrain. Nous nous tenons à votre disposition pour en discuter et vous prions de croire, Madame la Rectrice, en l’assurance de notre considération distinguée.

Apses.org | Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales