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Des livres de sciences sociales pour les élèves qui veulent aller plus loin (avec résumé)

Par Mickael Sergent


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- L’écart entre les positions masculine et féminine s’est fortement réduit. Le quotidien des femmes de ce début de siècle n’a que peu de rapports avec celui de leur mère et encore moins de leur grand-mère. Elles ont acquis la capacité de décider de leur vie, individuellement et socialement. Des bastions masculins sont tombés, d’autres sont fortement menacés. Mais le maintien têtu de certaines discriminations sexuées, la reconstitution de nouvelles formes d’inégalités là où on ne les attendait pas montrent que si la domination masculine semble s’être atténuée, elle n’a pas disparu. Qu’il s’agisse des salaires ou des responsabilités professionnelles, des mandats électifs ou des charges parentales, de la visibilité dans la création ou de la liberté sexuelle, le masculin l’emporte encore sur le féminin. L’objectif de cet ouvrage est moins d’insister sur le maintien de ces inégalités que de comprendre comment elles se déplacent, se reconstituent, mais aussi s’atténuent. Et d’essayer de saisir la nature des forces qui œuvrent pour leur extinction comme de celles qui y font résistance. M.Ferrand, Feminin/Masculin, Ed. La Découverte, coll. Repères n°389, mai 2004, 9.50€

- Ce livre lève un coin du voile qui recouvre les mystères de la bourgeoisie et montre ce qui constitue en classe sociale ce groupe apparemment composite. La richesse de la bourgeoisie est multiforme, alliage d’argent – de beaucoup d’argent – de culture, de relations sociales et de prestige. Comment les bourgeois vivent-ils ? Comment sont-ils organisés ? La bourgeoisie est-elle menacée de disparition ? Dans quelles conditions ses positions dominantes se reproduisent-elles d’une génération à l’autre ? Quel est le rôle des lignées dans la transmission de ces positions ? La bourgeoisie est-elle la dernière classe sociale ? C’est notamment à ces questions sur cet univers méconnu et qui préférerait le rester que répond ce livre rigoureux et accessible. Pinçon et Pinçon-Charlot, Sociologie de la bourgeoisie, Ed. La Découverte, coll. Repères n°294, 2007, 9.50€

- La croissance économique, celle du PIB, est aujourd’hui le principal critère de performance des nations, mais c’est aussi un critère de plus en plus contesté. Dans ce livre, les auteurs dressent un bilan de cette contestation, et surtout ils présentent de nouveaux indicateurs synthétiques, fondés sur des visions alternatives de ce qui fait « la richesse des nations ». Ces indicateurs s’intéressent selon les cas au « développement humain », à la « santé sociale » ou au « bien-être économique » d’une collectivité, mais aussi au développement durable. Ils permettent de compléter les indicateurs économiques en tenant compte de richesses oubliées comme celles que produisent le travail bénévole ou le travail domestique, de richesses environnementales sacrifiées, ou encore de critères de cohésion sociale et de pauvreté. Ils pourraient servir de guides à d’autres politiques économiques et sociales. Ce livre a été écrit pour être très largement accessible à des non-spécialistes, tout en fournissant aux lecteurs des encadrés méthodologiques essentiels. J. Gadrey et F. Jany-Catrice, Les nouveaux indicateurs de richesse, Ed. La Découverte, coll. Repères n°404, 2007, 9.50€

- « Cher monsieur, je me permets de vous écrire pour vous remercier. J’ai terminé votre enquête 80 % au bac. C’est un livre qui m’a à la fois ému (j’ai souvent eu les larmes aux yeux) et mis en colère (contre moi-même). C’est incroyable à quel point les vies que vous avez décrites ressemblent à la mienne… » C’est ainsi que débute la correspondance électronique entre le sociologue Stéphane Beaud, auteur de 80 % au bac et après ?, et Younes Amrani, l’un des lecteurs de son livre, un jeune homme de 28 ans, qui travaille comme emploi-jeune à la bibliothèque municipale d’une ville de la banlieue lyonnaise. Cette correspondance, qui va durer plus d’une année, constitue un document exceptionnel sur les espoirs et les souffrances intimes des jeunes d’origine maghrébine. Les confidences de Younes en disent long sur le sentiment de non-reconnaissance et parfois d’abandon moral dont il souffre au quotidien. À travers ce dialogue amical surgissent peu à peu les différents aspects de l’histoire personnelle et familiale de Younes et les contradictions sociales qui le traversent. Ce témoignage peut ainsi aider à combattre la vision stéréotypée et réductrice du « jeune de banlieue ». Il fait émerger, à travers la figure de son principal protagoniste, des traits essentiels de la personnalité sociale de nombreux jeunes de cité : un esprit de révolte, l’envie de comprendre le monde social, le goût pour la politique, le sens de l’analyse. Y. Amrani et S. Beaud, Pays de malheur, Ed. La Découverte, coll. Poche/Essais n°211, 2005, 9 €

- « 80 % d’une génération au bac » : ce mot d’ordre, lancé en 1985 comme objectif de l’enseignement secondaire français, fait l’objet d’un consensus politique, satisfaisant le progressisme de la gauche enseignante et le pragmatisme des gouvernements qui ont vu là un moyen de juguler le chômage de masse des jeunes. Ce slogan a nourri les espoirs d’une possible promotion sociale pour les enfants de familles populaires, en particulier immigrées, dans un contexte d’insécurité économique et sociale croissante. Dans ce livre nourri d’une enquête de dix années, Stéphane Beaud raconte, à travers les portraits de jeunes d’un quartier HLM à forte composante immigrée, les illusions et les désillusions de ces « enfants de la démocratisation scolaire », engagés dans la voie incertaine des études longues. Il montre comment ils ont dû déchanter alors qu’ils se voyaient peu à peu relégués dans les filières dévalorisées du lycée et du premier cycle universitaire. L’auteur met ainsi en lumière l’ambivalence de la politique volontariste de démocratisation scolaire : d’un côté, une élévation globale du niveau de formation et une forme de promotion sociale pour certains et, de l’autre, un coût moral et psychologique important, voire dramatique, pour ceux qui se retrouvent fragilisés par leur échec universitaire et confrontés au déclassement social. S.Beaud, 80% au bac… et après ?, Ed. La Découverte, coll. Poche/Sciences humaines et sociales n°155, 2003, 11.50 €

- Voici un ouvrage simple et clair sur la crise mondiale actuelle. Structurées chronologiquement, se déroulent les différentes étapes, de la crise avec ses répercussions concrètes sur les ménages et les entreprises, les interventions des banques centrales et des gouvernements. Des repères pratiques : " Saviez-vous que ? ", des encadrés et quelques schémas viennent compléter les analyses. Le lecteur trouvera également des réponses aux questions concernant la suite de la crise et les réformes à mettre en œuvre pour éviter qu’un tel scénario ne se reproduise. N. Couderc et O.Montel-Dumont, Des subprimes à la récession : comprendre la crise, Ed. La Documentation française, coll. L’actu facile, 2009, 10 €

- Le problème de la ségrégation urbaine en France ne se limite pas à quelques centaines de quartiers dévastés par l’échec et la pauvreté. Ceux-ci ne sont que la conséquence la plus visible de tensions séparatistes qui traversent toute la société, à commencer par ses élites. À ce jeu, ce ne sont pas seulement des ouvriers qui fuient des chômeurs immigrés, mais aussi les salariés les plus aisés qui fuient les classes moyennes supérieures, les classes moyennes supérieures qui évitent les professions intermédiaires, les professions intermédiaires qui refusent de se mélanger avec les employés, etc. Le phénomène est d’autant plus préoccupant qu’en enfermant le présent, les fractures territoriales verrouillent aussi l’avenir des individus et les assignent à des destins sociaux écrits d’avance. Tel est l’enseignement de cette enquête au cœur du « ghetto français », qui révèle une société marquée par la défiance et la recherche de l’entre-soi, et découvre en chacun de nous un complice plus ou moins actif de la ségrégation urbaine. E. Maurin, Le ghetto français, Ed. Seuil/La République des Idées, 2004, 10.50 €

- « Première, deuxième, troisième génération : nous sommes tous des enfants d’immigrés ! » Au lendemain du premier tour des élections présidentielles de mai 2002, ce slogan fleurissait un peu partout dans les rues, dans les écoles, dans les médias. Depuis, le climat social français ne s’est pas apaisé, le paroxysme ayant été atteint lors des émeutes de novembre 2005. Le fameux « modèle français d’intégration » est-il en échec ? Faut-il dès lors changer de modèle en important la discrimination positive mise en œuvre dans certaines sociétés pluriethniques ? C’est à ces questions que cet ouvrage inédit s’efforce de répondre, en s’appuyant sur des archives journalistiques, des rapports officiels et des témoignages de première main, pour apporter un éclairage nouveau sur les origines pluriculturelles de la France. S. Erba, Une France pluriculturelle, Librio, 2007, 2 €

- Le marché est plus que jamais une réalité incontournable, qui pèse sur notre organisation sociale et sur notre vie quotidienne. Est-ce à dire que le marché, à lui seul, fournit les clés de l’avenir ? Pour répondre à cette question qui, le plus souvent, suscite des réactions aussi partielles que partiales, Roger Guesnerie tient la gageure de dresser un panorama objectif et éclairant des économies de marché. Son regard se porte sur leur construction au fil de l’histoire, sur les débats intellectuels et les polémiques politiques que leur fonctionnement a suscités. Il examine ensuite quelques-uns des défis auxquels les économies de marché sont confrontées au XXIe siècle. R. Guesnerie, L’économie de marché, Ed. Le Pommier, 2006, 7 €

- " Impôts, cotisations sociales, prélèvements obligatoires : de quoi parle-t-on ? " " Les déficits publics d’aujourd’hui sont-ils les impôts de demain ? " " Pourquoi certains produits d’épargne bénéficient-ils d’un traitement fiscal favorable ?" " Faut-il imposer les revenus à la source ? " " Les réductions/exonérations de cotisations sociales créent-elles de l’emploi ?" " Pourquoi distingue-t-on cotisations patronales et salariales ? " Cet ouvrage offre des éléments de réponse aux nombreuses questions que peut soulever la fiscalité française. Il se présente de façon claire et pratique, sous la forme d’une succession de questions-réponses, regroupées en huit chapitres : présentation globale de la fiscalité française ; impôts sur les personnes ; impôts sur les entreprises ; impôts indirects ; impôts locaux, suivis d’une appréciation de la complexité du système fiscal français, des pistes de réformes et enfin des implications de l’intégration européenne et de la mondialisation en matière de concurrence fiscale. J. Le Cacheux, Les Français et l’impôt, Ed. Odile Jacob/La Documentation française, coll. Débat Public, 2008, 11.90 €

- Comment être soi dans la vie de groupe ? Est-il possible d’afficher ses goûts culturels ou ses choix vestimentaires sans risquer le ridicule ? De se confier sans perdre la face ? Pourquoi les relations entre les deux sexes sont-elles parfois si compliquées à gérer ? Que faire de la culture des médias dans le cadre de l’école ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles répond ce livre. Dominique Pasquier a mené une enquête précise et minutieuse auprès de lycéens de la région parisienne. Elle les a écoutés parler de leurs loisirs et de leurs passions : musiques, jeux vidéo, sports, émissions de télévision… Elle a observé leurs échanges quotidiens, sur leurs portables ou dans des chats sur Internet. Elle les a questionnés sur leurs liens avec les autres, en voulant comprendre pourquoi les communications à distance y tiennent désormais une place aussi importante. Et au fil des témoignages qui émaillent ce livre, on découvre un univers juvénile pétri de tensions. Tensions entre la plus grande autonomie qu’accordent les parents et l’exacerbation des pressions au conformisme sur le lieu scolaire. Tensions entre le désir de se livrer et les codes de réserve qui prévalent dans les groupes masculins. Tensions entre la culture qui est aimée en dehors de l’école et celle qu’il faudrait assimiler pour y réussir. Les lycéens témoignent d’une grande lucidité sur tous ces problèmes et cherchent à mettre en œuvre de multiples stratégies pour contourner les obstacles à l’expression authentique de soi. Mais tous n’y parviennent pas avec le même succès. Cette enquête ne bouscule pas seulement certains des stéréotypes sur la relation des jeunes aux nouvelles pratiques de communication, elle montre aussi, et peut-être surtout, combien il est difficile à l’adolescence de s’affirmer comme individu. D.Pasquier, Cultures lycéennes, Ed. Autrement, coll. Mutations, 2005, 17 €

- Que signifie être une petite fille au sein de nos sociétés occidentales contemporaines ? Comment apprend-on à devenir fille et quelle fille doit-on exactement être à une époque et dans un type de société où les rites de passage semblent avoir disparu ? Qu’est-ce qui fait grandir les filles, à l’heure de la culture, de la communication et de la consommation de masse ? Réfutant souvent l’appellation de "petites filles", féminisées de plus en plus tôt, les filles dont il est question dans ce livre sont souvent désignées sous le terme de "préadolescentes". Elles ont entre 9 et 11 ans, et cet ouvrage les saisit juste avant leur entrée au collège. L’auteure explicite bien sûr le rôle joué par le monde des adultes (parents, enseignants, industries culturelles) comme prescripteurs. Cependant, l’ouvrage montre surtout comment se réalise l’appartenance de sexe dans les moments de loisirs où les petites filles se retrouvent entre elles, que ce soit dans la cour de récréation, chez elles ou lors des activités sportives. Il montre notamment comment la passion des petites filles pour l’univers de la musique, de l’image et des stars tient une place centrale dans leur quotidien. C.Monnot, Petites filles d’aujourd’hui, Ed. Autrement, coll. Mutations, 2009, 19 €

- Quelles sont les conséquences des mutations sociales et politiques de la société sur le rapport actuel des jeunes à la politique ? Partagent-ils encore avec leurs parents une même culture politique, et a fortiori avec leurs grands-parents ? Comment les jeunes se repèrent-ils entre la gauche, la droite, au sein de l’offre politique des partis ? Quels sont leurs orientations idéologiques, leurs choix, leurs votes ? Quelles sont les formes de leur implication, de leur participation et de leur engagement ? Ce livre rend compte de l’expérience politique dans le temps de la jeunesse, entre 18 et 30 ans, conduisant chacun, selon son itinéraire familial et socioprofessionnel, à la rencontre de son rôle de citoyen dans la France d’aujourd’hui. Et il renverse nombre d’idées reçues. Non, les jeunes ne sont pas dépolitisés. Plus informés, ils sont aussi plus critiques et plus exigeants à l’égard de la classe politique. Souvent pessimistes, ils expriment un désenchantement qui reflète avant tout celui de leurs parents. Réalistes, ils n’ont pas rangé leurs illusions et sont en demande de politique. Ils cherchent à restaurer les valeurs d’engagement au travers d’actions concrètes, non différées et donc efficaces. S’ils votent moins que leurs aînés, ils se mobilisent dans le cadre d’actions collectives et interviennent souvent de façon spectaculaire sur la scène publique. Enfin leur rapport à la politique, loin d’être univoque, est socialement diversifié et révèle fractures et dysfonctionnements dans la société. Au début du XXIe siècle, leur expérience politique s’avère donc plutôt dense, sans doute conflictuelle, mais aussi riche de promesses. Le lien au politique des nouvelles générations se recompose entre héritage et expérimentation, entre identification et novation, et participe au renouvellement des valeurs et des pratiques des futurs citoyens. A.Muxel, L’expérience politique des jeunes, Presses de Sciences Po, 2001, 18 €

- Le capitalisme se transforme en profondeur depuis le dernier quart du XXe siècle sous l’effet de la globalisation financière et des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Émerge ainsi un nouveau capitalisme qui consacre le rôle dominant de la logique boursière. En France, ce passage au « capitalisme actionnarial » s’est effectué à un rythme accéléré à la suite de la privatisation du système industriel et financier. L’emprise croissante de la finance internationale et le développement des NTIC transforment le fonctionnement des entreprises, fragilisent le salariat traditionnel et engendrent de nouvelles tensions, dont les crises économiques et financières du début du XXIe siècle sont l’une des manifestations. Dans ce livre, Dominique Plihon analyse les mutations économiques et sociales à l’œuvre en montrant qu’elles sont de nature systémique. Il s’interroge également sur les modes de régulation et les réformes radicales susceptibles d’encadrer et de transformer le « nouveau capitalisme ». Le capitalisme sortira-t-il transformé de la crise commencée en 2007-2008 ? D.Plihon, Le nouveau capitalisme, Ed. La Découverte, coll. Repères n°370, 2009, 9.50 €

- La société industrielle liait un mode de production et un mode de protection. Elle scellait ainsi l’unité de la question économique et de la question sociale. La « société post-industrielle », elle, consacre leur séparation et marque l’aube d’une ère nouvelle. Daniel Cohen analyse ici les ruptures qui ont conduit le capitalisme du 21ème siècle à la destruction méthodique de cet héritage : innovations technologiques, révolution financière, transformations des modes d’organisation du travail, mondialisation des échanges… En examinant les logiques à l’œuvre dans ces bouleversements, ces « trois leçons » aident à comprendre les défis du monde à venir. D.Cohen, Trois leçons sur la société post-industrielle, Ed. Seuil/La République des Idées, 2006, 10.50 €

- L’association de l’État de droit et de l’État social devait permettre de construire une « société de semblables » où, à défaut d’une stricte égalité, chacun serait reconnu comme personne indépendante et prémuni contre les aléas de l’existence (chômage, vieillesse, maladie, accident du travail...) ; « protégé », en somme. Ce double pacte - civil et social - est aujourd’hui menacé. D’un côté, par une demande de protection sans limites, de nature à générer sa propre frustration. De l’autre, par une série de transformations qui érodent progressivement les digues dressées par l’État social : individualisation, déclin des collectifs protecteurs, précarisation des relations de travail, prolifération des « nouveaux risques »... Comment combattre cette nouvelle insécurité sociale ? Que signifie être protégé dans des « sociétés d’individus » ? C’est à ces questions que tente de répondre Robert Castel. R.Castel, L’insécurité sociale, Ed. Seuil/La République des Idées, 2003, 10.50 €

- Le libéralisme a échoué", "les inégalités explosent "... affirmations péremptoires souvent reprises par les médias. Mais qu’en est-il vraiment ? L’analyse des chiffres réserve souvent des surprises. C’est le point de départ de ce livre. Bernard Salanié fait le pari d’expliquer, de façon très claire, les mécanismes de l’économie de marché (l’offre et la demande, le rôle des prix et du profit, les marchés boursiers) en les illustrant par des exemples concrets. S’adressant à tout lecteur, même s’il n’a aucune connaissance préalable, ce livre l’aidera à former son propre jugement sur les principaux débats de politique économique, un enjeu essentiel dans une société où ceux-ci constituent une part très importante du débat démocratique. Sont ainsi abordés le libre-échange et la mondialisation, la Politique Agricole Commune, le chômage, la redistribution ou la lutte contre la pollution. B.Salanié, L’économie sans tabou, Ed. Le Pommier, 2004, 20 €

- « Le travail est de retour, mais quel travail ? Jusqu’à aujourd’hui nous avons travaillé pour vivre : il nous faut désormais réconcilier la vie avec le travail. » P.Boisard, Le nouvel âge du travail, Ed. Hachette littératures, 2009, 14.40 €

- Chômage élevé, précarité, intégration en panne, inégalités entre hommes et femmes, tout semble se conjuguer pour entamer le moral des Français. Entraînés dans la globalisation, ils doutent d’eux-mêmes, des politiques et de leur modèle social, au moment où ils devraient construire avec vingt-quatre autres pays le modèle social européen auquel ils aspirent. Leur faudra-t-il progressivement se résigner au modèle libéral, dont on vante tant l’efficacité ? Ce n’est pas une fatalité, car il existe en Europe un modèle à la fois compétitif et solidaire, dont les performances impressionnent d’autant plus qu’elles nourrissent une réelle cohésion sociale : celui des pays nordiques. Il est grand temps de faire alliance avec ces Etats qui partagent notre idéal et de développer ensemble une Europe économiquement puissante et solidaire, autour de droits sociaux renforcés et d’un nouveau type d’Etat providence pour le XXIe siècle. A.Lefebvre et D.Méda, Faut-il brûler le modèle social français ?, Ed. Seuil, coll. Essais, 2006, 9 €

- Les cités de la banlieue ne se réduisent pas aux problèmes qu’elles posent. Elles s’offrent aussi comme une richesse potentielle pour la collectivité, comme une ressource. Ressource d’initiatives économiques adaptées à des niches inexploitées, ressource d’énergie entrepreunariale individuelle et collective, ressource de transgression des idées reçues sur les valeurs en cours, les bienséances, la norme bien-pensante, ressource de débrouillardise et d’audace à tous niveaux, ressource d’inventivité finalement, d’une inventivité à la mesure des difficultés ordinaires de sa population. La marge sociale que représente la banlieue est d’une grande productivité sur un spectre fort large. Il s’y produit le meilleur et le pire, selon le point de vue ou la morale de chacun, mais il s’y produit des idées, des langages, des musiques, des familles, des métissages, des ruptures, des valeurs, des mœurs nouvelles. M. Hatzzfeld, La culture des cités, Ed. Autrement, coll. Frontières, 2006, 13 €

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