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Lettre aux parents de nos élèves : pourquoi les professeurs de SES seront-ils massivement en grève le jeudi 20 novembre 2008.

Madame, Monsieur,

L’économie est partout : les médias ne cessent de parler de crise financière, de "subprimes", de récession, de mondialisation, de pays émergents… Partout ? Mais pas dans le projet de nouvelle seconde de M. Darcos, qui n’accorde qu’une place marginale aux sciences économiques et sociales. De même, partout il est question des profondes transformations de la famille, de la remise en cause de la division des rôles entre homme et femme... Partout ? Sauf dans la nouvelle seconde que M. Darcos veut mettre en place dès la rentrée 2009.

L’économie est partout... mais pas dans le projet de nouvelle seconde de M. Darcos

Pourtant, depuis 1966, les SES, en partant souvent des questions posées par les élèves, essaient de les faire réfléchir aux questions économiques et sociales, en prenant appui sur la recherche en économie, en sociologie, science politique... ; elles contribuent à une formation à la citoyenneté active tout en préparant aussi les élèves à l’enseignement supérieur dans des filières très diverses.

Mais les sciences économiques et sociales ne sont toujours pas obligatoires en seconde et, au contraire, leur place dans le futur lycée est appelée à être fortement réduite. Pire, en l’état actuel du projet de seconde, les SES ne seraient que des modules de découverte en concurrence avec une quinzaine d’autres options de l’enseignement général, dont certaines font partie de l’enseignement obligatoire (comme la littérature, les mathématiques, les sciences, l’histoire-géographie)...

Veut-on vraiment rentrer à reculons dans le XXIe siècle ?

Veut-on vraiment rentrer à reculons dans le XXIe siècle ? Veut-on qu’à l’avenir un nombre croissant de futurs médecins, de futures infirmières, de futurs techniciens ou de professeurs des écoles… n’ait pas eu une seule heure d’un enseignement économique et social au lycée ?

La réforme du lycée qui s’annonce est radicale

Depuis 40 ans, les SES qui ont donné sa spécificité à la série B, devenue série ES, ont contribué à la démocratisation de l’enseignement secondaire ; elles comptent sur vous pour continuer. Or, dans le projet de M. Darcos, la série ES serait remplacée par un parcours "sciences de la société" aux contours très flous. En effet, la réforme du lycée qui s’annonce est radicale : le lycée actuel va disparaître. Les 3 séries d’enseignement général L, ES et S seront remplacées par une formation à la carte dont les composantes seront choisies par les élèves et leurs parents. Tout au long des 3 années de lycée, les élèves devront faire un nombre considérable de choix, ce qui peut bien sûr présenter des avantages mais aussi faire courir des risques, de se tromper en n’étant pas parfaitement informés… De plus ce nouveau lycée aura inévitablement des conséquences sur le baccalauréat et l’entrée dans l’enseignement supérieur.

Une réforme de cette importance exigerait une expérimentation préalable

Il semble que la nécessité de ne pas mettre en danger la réussite scolaire et l’avenir professionnel de toute une génération de lycéens ne soit pas la priorité du Ministre de l’Education, X. Darcos, avant tout soucieux de faire passer sa réforme au plus vite. Une réforme de cette importance exigerait une expérimentation préalable sur un échantillon représentatif d’établissements afin d’éliminer les points faibles avant de généraliser cette réforme à l’ensemble des lycées, l’année suivante (en 2010 par conséquent).

Pour toutes ces raisons, les professeurs de SES seront, comme leurs collègues des autres disciplines, en grève le 20 novembre, et vous sollicitent pour les soutenir* et demander avec eux un enseignement de Sciences Economiques et Sociales pour tous les élèves de Seconde et le maintien d’une série économique et sociale. Nous vous en remercions par avance.

* Pour cela vous pouvez signer en ligne l’appel sur le site de l’APSES www.apses.org

commentaires (1 message)


  • verité sur le remplacement des profs 19 novembre 2008 16:26, par arkane

    LES Français sont en retard d’un TRAIN !!!!!! DARCOS se moque de vous !voilà comment Darcos remplace les profs : par l’exploitation des professeurs non-titulaires (vacataires,contractuels) DARCOS ne vous le dira jamais !

    Darcos est en train de finir de massacrer l’EN (car cela véritablement commencé avec Allégre et royale ,co-inventeurs de la vacation). Darcos ment sur tous les chiffres comme ses prédécesseurs . Il est à la tête d’un système qui ne respecte pas la loi .Son administration est coupable de discrimination envers certaines catégories de profs .

    SAVEZ_vous qu’il y a plus de 5 STATUTS DE PROF ?

    Darcos continue de participer à la politique de dénigrement des enseignants : les enseignant ne sont pas payés pendant les vacances d’été car leur salaire est indexé sur 10 mois et non sur 12 comme dans le privé. Les enseignants touchent 10 salaires étalés sur 12 mois.

    Voici certains statuts de profs qui servent aux rectorats pour remplacer les profs absents tout en faisant des économies.

    (le medef peut prendre exemple)

    LES VACATIONS :

    Depuis 2004,les rectorats ne font presque plus de contrat (cdd) mais payent des vacations. Le Vacataire est payé à l’heure devant les élèves , le reste du temps il ne touche rien. Il ne peut faire que 200h dans l’année maximum, il gagne environ 4000 euros dans l’années.

    Pourquoi 200h ? au delà , les rectorats sont obligés de faire signer un cdd. La vacation n’est pas un statut, il n’ouvre pas le droit au chômage , ni celui de la SECURITE SOCIALE. Les vacataires alternes entre RMI et vacations.

    Il faut signaler que c’est les socialistes qui , par le biais d’Allegre ,en 1997,ont instauré la vacation. Depuis,la droite l’utilise au maximum. Mais c’est aussi les socialistes qui ont lancé les derniers plans de titularisation. il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis !

    Il faut savoir que les rectorats ne payent pas une partie du salaire (isoe) aux vacataires. pour récupérer cette prime nous devons passer par le tribunal administratif et perdre ainsi notre place dans la liste de recrutement des non titulaires. Si nous les attaquons , nous nous suicidons professionnellement.

    Profs CONTRACTUELs

    Il existe dans l’éducation nationale un contrat encore plus précaire que le CPE c’est le CDD reconductible à l’infinie, grâce auquel les rectorats peuvent (en tant que prof),nous embaucher nous débaucher selon leur désir et en complète opposition avec le droit du travail français .Dans les faits , la période d’essaie peut durer une vie .

    Pour accéder à un CDI,il faut 6 ans de CDD sans coupure (vacations ou chômage).Donc au 5éme CDD, les rectorats( cad l’état),ne nous proposent que des vacations et si nous refusons nous sommes radiés des listes de recrutement .En clair, chômage, puis rmi. Après avoir fait une ou deux vacations les rectorats vous embauche de nouveau en tant que contractuel.

    Et cela repart pour un tour,vu que la possibilité d’être titularisé par concours a baissée de 79% depuis 2004. Exemple : 8 postes au concours interne de musique alors qu’il y a plus de 100 postes qui ne sont pas pourvus en France.

    Les concours ne servent qu’à garder sous le coude un tas de profs pas chers et échangeables. Ils ne coutent aucune indemnité de licenciement car ces profs ne signent jamais de CDI.

    Le medef a encore des progrès à faire pour créer un contrat très souple.IL faut qu’il prenne exemple sur le ministère de l’éducation :ça c’est de la souplesse !!!!

    Même le médiateur de la république a dit que c’était une honte,mais les rectorats continuent sans doute pour obéir à Darcos.

    Journalistes,avant de reprendre les dires de Darcos ,vérifiez ,il n’y comprend rien !!

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