texte du BO

Enseignement de spécialité – économie approfondie 
Préambule
Cet enseignement de spécialisation doit permettre aux élèves d’approfondir leur connaissance de l’analyse économique par l’étude de quelques grands enjeux contemporains qui correspondent à des mutations structurelles de l’économie mondiale (évolutions démographiques, transformations de l’État-providence, globalisation, stratégies d’entreprises). L’étude de ce programme est l’occasion de perfectionner la maîtrise des outils analytiques et des modes de raisonnement propres à la science économique. Cet enseignement suppose l’apprentissage des savoir-faire nécessaires à un travail sur les documents et les données empiriques disponibles.
Les épreuves du baccalauréat portent sur l’intégralité du programme tel qu’il figure ci-dessous ; les indications complémentaires bornent ce qui est exigible.
1. Économie et démographie

Thèmes et questionnement

Notions

Indications complémentaires

1.1. Comment la dynamique démographique influe-t-elle sur la croissance économique ? Mouvement naturel, mouvement migratoire, population active, épargne, accumulation du capital, cycle de vie. On présentera les grandes évolutions démographiques séculaires et on montrera, notamment à l’aide de comparaisons européennes, les différences dans les dynamiques démographiques nationales.
En partant de la diversité des taux d’épargne des pays, on introduira la notion de cycle de vie, qui permet une représentation simple des choix individuels de consommation et d’épargne. On montrera qu’elle implique un lien entre l’évolution des structures démographiques (transition, vieillissement, etc.), l’accumulation patrimoniale et la croissance économique.
Acquis de première : allocation des ressources.
1.2. Quel est l’impact des variables économiques et démographiques sur le financement de la protection sociale ? Répartition/capitalisation, taux de remplacement, ratio de dépendance, incitations pécuniaires, aléa moral, sélection adverse. On s’appuiera sur les exemples des retraites et de la santé en privilégiant le cas de la France.
On exposera les principes de base des deux grands types de régimes de retraite (répartition et capitalisation). On s’interrogera sur les choix possibles en matière de ressources de ces régimes, de taux de remplacement, de durée de cotisation.
On montrera comment la gestion des systèmes de santé est confrontée à la question de l’articulation entre une régulation marchande et une régulation administrée : dans les deux cas se posent des problèmes d’incitation et d’asymétrie d’information (tarification à l’acte ou budget global, liberté d’installation et équité dans l’offre de soin, ticket modérateur, etc.).
Acquis de première : prélèvements obligatoires, production marchande et non marchande, asymétries d’information, revenus de transfert, solidarité, État-providence.

2. Stratégies d’entreprises et politique de concurrence dans une économie globalisée

Thèmes et questionnement

Notions

Indications complémentaires

2.1. Dans quelles circonstances les entreprises peuvent-elles exercer un pouvoir de marché ? Monopole discriminant, barrière à l’entrée, faiseur de prix. En faisant référence au programme de première, on rappellera la diversité des structures de marché et la notion de pouvoir de marché, qui permet aux entreprises d’élaborer des stratégies concurrentielles. On analysera la nature et la variété des barrières à l’entrée qui expliquent l’existence d’un pouvoir de marché et sa persistance. À l’aide d’exemples simples (tarification dans les transports, dans les télécommunications, etc.), on étudiera les stratégies de prix du monopole discriminant.
Acquis de première : oligopole, monopole, pouvoir de marché, preneur de prix, coût moyen/marginal, recette moyenne/marginale.
2.2 Quel est le rôle de la politique de la concurrence ? Abus de position dominante, cartel de producteurs, marché pertinent. En s’appuyant sur des exemples, on montrera que la politique de la concurrence s’exerce non seulement à l’égard des entreprises mais aussi en matière d’intervention publique. On soulignera que cette politique est source de débats quant à la place de l’État dans la production de services collectifs et dans la mise en œuvre de la politique industrielle. On présentera quelques cas dans lesquels les autorités de la concurrence, en France et à l’échelon européen, sont intervenues pour protéger les intérêts des consommateurs.
Acquis de première : fonctions économiques de l’État, marchés concurrentiels, marchés imparfaitement concurrentiels, pouvoir de marché.

 3. Instabilité financière et régulation

Thèmes et questionnement

Notions

Indications complémentaires

3.1. Qu’est ce que la globalisation financière ? Actifs financiers, devises, intermédiation financière. On présentera les principaux marchés financiers (marchés des changes et marchés des capitaux) et le rôle économique de chacun d’entre eux. On identifiera les différents acteurs y réalisant des transactions (entreprises, investisseurs institutionnels, etc.). On insistera sur l’interdépendance des différents marchés et sur l’importance de l’information pour leur fonctionnement. On analysera le triple processus de désintermédiation, déréglementation et décloisonnement qui caractérise l’évolution des marchés des capitaux depuis les années 1990 et conduit à la constitution d’un marché mondial des capitaux.
Acquis de première : financement direct/indirect, taux d’intérêt.
3.2. Comment expliquer les crises financières et réguler le système financier ? Aléa moral, risque systémique, comportement mimétique, régulation. On présentera les mécanismes susceptibles d’engendrer un choc systémique, en insistant particulièrement sur les déséquilibres macro-économiques, les anticipations mimétiques et l’aléa moral. L’exemple d’un marché permettra d’illustrer les problèmes posés par la volatilité des cours.
On présentera quelques instruments de régulation des marchés financiers : réglementation prudentielle, contrôle des agents et activités soumis au risque de conflits d’intérêts (agences de notation, titrisation), mesures visant une plus grande transparence des marchés.
Acquis de première : asymétrie d’information, risque de crédit.

Savoir-faire applicables aux données quantitatives et aux représentations graphiques
L’enseignement d’économie approfondie doit conduire à la maîtrise de savoir-faire quantitatifs, qui ne sont pas exigés pour eux-mêmes mais pour exploiter des documents statistiques ou pour présenter sous forme graphique une modélisation simple des comportements économiques ou sociaux.
Calcul, lecture, interprétation
– Proportions, pourcentages de répartition
– Moyenne arithmétique simple et pondérée, médiane, écart-type
– Évolutions en valeur et en volume
– Propensions moyenne et marginale à consommer et à épargner
– Élasticité comme rapport d’accroissements relatifs
– Mesures de variation : coefficient multiplicateur, taux de variation, indices simples et pondérés
Lecture et interprétation
– Corrélation et causalité
– Tableaux à double entrée
– Taux de croissance moyen
– Représentations graphiques : histogrammes, diagrammes de répartition, représentation des séries chronologiques, y compris les graphiques semi-logarithmiques
– Représentation graphique de fonctions simples (offre, demande, coût) et interprétation de leurs pentes et de leurs déplacements

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