En quoi l’innovation est-elle un facteur de compétitivité ? / Après avoir montré que la mondialisation favorise l’uniformisation culturelle, vous mettrez en évidence les limites de cette relation. / Durkheim et Keynes.
20 juin 2008 11:55, par Bastos
Bonjour,
Je sors de la réunion préparatoire à la correction. Il me semble que l’état d’esprit qui domine est l’indignation face aux sujets proposés et aux corrigés officiels.
Voici quelques remarques, personnelles et qui attendent les vôtres (ne corrgieant pas la spécialité, je laisserai le soin de compléter ce message par d’autres) :
La dissertation : 2 à 3 documents (documents 2, 3 et 6)s’écartent de l’intitulé du sujet (lequel s’apparente très fortement à un sujet de type "analyse"), ce qui n’a pas dû manquer de dérouter les élèves. Le plan proposé par le correcteur s’écarte tout aussi naturellement du sujet (sa deuxième partie est même hors sujet), lequel est, stricto sensu, traité intégralement dans la première partie.
La QSTP : Facilité extrême des deux premières questions ; restriction facilitante de la troisième question (une simple illustration pertinente suffit) ; caractère fourre-tout de la phrase à expliquer dans la quatrième question ; flou de la question 5 ; la synthèse ne fait que reprendre le plan adopté par bon nombre d’entre nous dans nos cours ; quant à la correction, outre l’erreur dans la réponse à la question 2, on a souligné l’interprétation pour le moins restrictive (voire fausse) de la notion d’acculturation ou encore la simple paraphrase attendue pour répondre à la question 4 ; je fais également partie de ceux qui pensent qu’avec un tel corrigé et de tels attendus, il n’est pas besoin de faire deux à trois ans de SES pour obtenir la moyenne au bac.
Quelques hypothèses, maintenant, pour tenter de comprendre l’indigence et l’approximation de ce qui a été proposé cette année au bac :
le concepteur des sujets est incompétent et/ou n’a pas vu d’élèves de sa vie
la volonté est délibérée de permettre de noter n’importe comment, dans le double but : 1) de permettre de mettre la moyenne à tous ceux qui ne sont pas analphabètes, 2) de donner encore plus de prise à ceux qui dénoncent la "loterie" du bac. Pourquoi une telle volonté, si ce n’est pour continuer de saper le baccalauréat afin de permettre sa transformation, sinon sa disparition.
Je suis évidemment en colère et je ne pense pas être le seul face à cet état de fait. Cependant, je crains que les enseignants en colère ne se cantonnent dans des protestations individuelles le jour des réunions d’harmonisation et que tout soit vite oublié. C’est pourquoi je propose de réfléchir à une protestation collective, organisée et qui soit d’un peu plus de poids que nos colères sporadiques et atomisées.
Les solutions ne manquent pas et, pour ma part, j’opterai pour une lettre ouverte et publique, diffusée à la presse. Mais peut-être est-ce là ce qu’attendent en coulisse ceux qui souhaitent en finir avec le baccalauréat et l’infime rigueur d’analyse et d’esprit critique que cette épreuve peut permettre de développer tout au long de l’année dans nos classes.
Cordialement,
Un professeur de l’académie de Poitiers
Répondre à ce message