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Programme officiel de SES de terminale (rentrée 2012)

Bulletin officiel spécial n°8 du 13 octobre 2011

http://www.education.gouv.fr/pid255...

Enseignement spécifique de sciences économiques et sociales - classe terminale

NOR : MENE1119438A arrêté du 12-7-2011 - J.O. du 20-9-2011 MEN - DGESCO A3-1

Vu code de l’éducation ; arrêté du 27-1-2010 modifié ; avis du CSE du 9-6-2011

Article 1 - Le programme de l’enseignement spécifique de sciences économiques et sociales et des enseignements de spécialité économie approfondie et sciences sociales et politiques de la classe terminale de la série économique et sociale est fixé conformément à l’annexe du présent arrêté.

Article 2 - Les dispositions du présent arrêté entrent en application à la rentrée de l’année scolaire 2012-2013.

Article 3 - L’arrêté du 30 juillet 2002 fixant le programme de l’enseignement de sciences économiques et sociales en classe terminale de la série économique et sociale est abrogé à la rentrée de l’année scolaire 2012-2013.

Article 4 - Le directeur général de l’enseignement scolaire est chargé de l’exécution du présent arrêté qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait le 12 juillet 2011

Ce programme s’inscrit dans le cadre des grandes orientations fixées pour le cycle terminal dans le préambule rédigé pour le programme de la classe de première auquel on se reportera. Il est présenté en trois colonnes : la première colonne décline chaque thème sous forme de questions ; les indications complémentaires explicitent et délimitent le contenu de chacune d’entre elles ; les notions figurant en colonne centrale, de même que les « acquis de première » rappelés en colonne 3, sont les notions indispensables pour traiter chaque question. Les épreuves du baccalauréat portent sur l’intégralité du programme tel qu’il figure ci-dessous ; les indications complémentaires bornent ce qui est exigible.

Science économique (durée indicative : 80 heures)

1. Croissance, fluctuations et crises

- 1.1 Quelles sont les sources de la croissance économique ?

Notions : PIB, IDH, investissement, progrès technique, croissance endogène, productivité globale des facteurs, facteur travail, facteur capital.

Indications complémentaires : En s’appuyant sur le programme de première, on s’interrogera sur l’intérêt et les limites du PIB comme mesure de l’activité économique. On montrera que le PIB ne reflète pas l’évolution du niveau de vie des populations et qu’il convient de se référer à d’autres indicateurs. L’étude de séries longues permettra de procéder à des comparaisons internationales. À partir d’une présentation simple de la fonction de production, on exposera la manière dont la théorie économique analyse le processus de croissance. On fera le lien entre la productivité globale des facteurs et le progrès technique et on introduira la notion de croissance endogène en montrant que l’accumulation du capital, sous ses différentes formes (physique, technologique et immatériel, humain et public) participe à l’entretien de la croissance. On soulignera que la croissance économique, loin d’être harmonieuse et continue, est le plus souvent la résultante d’un processus de destruction créatrice. En liaison avec l’innovation, on mettra l’accent sur le rôle des institutions et des droits de propriété.

Acquis de première : facteurs de production, production marchande et non marchande, valeur ajoutée, productivité, institutions, droits de propriété, externalités.

- 1.2 Comment expliquer l’instabilité de la croissance ?

Notions : Fluctuations économiques, crise économique, désinflation, croissance potentielle, dépression, déflation.

Indications complémentaires : L’observation des fluctuations économiques permettra de mettre l’accent sur la variabilité de la croissance et sur l’existence de périodes de crise. On présentera les idées directrices des principaux schémas explicatifs des fluctuations (chocs d’offre et de demande, cycle du crédit), en insistant notamment sur les liens avec la demande globale. En faisant référence au programme de première, on rappellera le rôle des politiques macro-économiques (nationales et européennes) dans la gestion des fluctuations conjoncturelles. On analysera les mécanismes cumulatifs susceptibles d’engendrer déflation et dépression économique et leurs conséquences sur le chômage de masse. Acquis de première : inflation, politique monétaire, politique budgétaire, politique conjoncturelle, chômage, demande globale.

2. Mondialisation, finance internationale et intégration européenne

- 2.1 Quels sont les fondements du commerce international et de l’internationalisation de la production ?

Notions : Avantage comparatif, dotation factorielle, libre-échange et protectionnisme, commerce intra-firme, compétitivité prix et hors prix, délocalisation, externalisation, firmes multinationales.

Indications complémentaires : En partant d’une présentation stylisée des évolutions du commerce mondial et en faisant référence à la notion d’avantage comparatif introduite en première, on s’interrogera sur les déterminants des échanges internationaux de biens et services et de la spécialisation. On analysera les avantages et les inconvénients des échanges internationaux pour les producteurs comme pour les consommateurs. On présentera à cette occasion les fondements des politiques protectionnistes et on en montrera les risques. En s’appuyant sur des données concernant le commerce intra-firme et sur des exemples d’entreprises multinationales, on abordera la mondialisation de la production. On analysera les choix de localisation des entreprises et leurs stratégies d’internationalisation. On étudiera à cette occasion les principaux déterminants de la division internationale du travail, en insistant sur le rôle des coûts de transport et de communication. On montrera que la différenciation des produits peut être à l’origine d’une compétitivité hors prix. On explicitera enfin la complexité des conséquences de cette internationalisation sur les pays d’accueil.

Acquis de première : gains à l’échange, spécialisation, échange marchand.

- 2.2 Comment s’opère le financement de l’économie mondiale ?

Notions : Balance des paiements, flux internationaux de capitaux, devises, marché des changes, spéculation.

Indications complémentaires : On identifiera les grands soldes de la balance des paiements afin d’en donner une interprétation économique. On présentera de façon élémentaire le fonctionnement du marché des changes ainsi que les principaux déterminants de l’offre et de la demande de devises. En ayant recours à une représentation graphique simple, on montrera comment se détermine le taux de change. On s’interrogera sur les effets d’une variation des cours de change sur l’économie des pays concernés. Sans entrer dans des développements historiques ou théoriques, on présentera la distinction entre changes fixes et changes flottants. On s’interrogera sur l’ampleur et les déterminants des flux internationaux de capitaux.

Acquis de première : offre, demande, banque centrale, fonctions de la monnaie, taux d’intérêt.

- 2.3 Quelle est la place de l’Union européenne dans l’économie globale ?

Notions : Euro, union économique et monétaire.

Indications complémentaires : Sans entrer dans le détail des évolutions historiques, on rappellera qu’en se dotant d’un grand marché intérieur et d’une monnaie unique, les pays européens mènent une expérience originale d’intégration plus étroite de leurs économies. On montrera que l’union monétaire revêt une importance particulière dans le contexte monétaire et financier international, et qu’elle renforce les interdépendances entre les politiques macroéconomiques des Etats membres. On s’interrogera sur les difficultés de la coordination des politiques économiques dans l’Union européenne.

Acquis de première : banque centrale, politique budgétaire, politique monétaire.

3. Économie du développement durable

- 3.1 La croissance économique est-elle compatible avec la préservation de l’environnement ?

Notions : Capital naturel, physique, humain, social et institutionnel, biens communs, soutenabilité.

Indications complémentaires : Après avoir souligné que le développement et le bien-être ne se résument pas à la croissance économique, on montrera, en illustrant par des exemples, que le bien-être des populations résulte de l’interaction de quatre types de capital (naturel, physique produit, humain, social et institutionnel). On expliquera pourquoi l’analyse économique du développement durable, qui se fonde sur la préservation des possibilités de développement pour les générations futures, s’intéresse au niveau et à l’évolution des stocks de chaque type de capital (accumulation et destruction) ainsi qu’à la question décisive du degré de substitution entre ces différents capitaux. On évoquera, à l’aide d’exemples, les limites écologiques auxquelles se heurte la croissance économique (épuisement des ressources énergétiques et des réserves halieutiques, déforestation, augmentation de la concentration des gaz à effet de serre, etc.). On soulignera à ce propos que le PIB n’a pas été conçu pour évaluer la soutenabilité de la croissance.

Acquis de première : externalités, biens collectifs, capital social.

- 3.2 Quels instruments économiques pour la politique climatique ?

Notions : Règlementation, taxation, marché de quotas d’émission.

Indications complémentaires : L’exemple de la politique climatique permettra d’analyser les instruments dont disposent les pouvoirs publics pour mener des politiques environnementales. En lien avec le programme de première sur les marchés et leurs défaillances, on montrera la complémentarité des trois types d’instruments que sont la réglementation, la taxation, les marchés de quotas d’émission. On remarquera que, si les marchés laissés à eux-mêmes ne peuvent résoudre les problèmes, ils peuvent constituer un instrument d’action si le contexte institutionnel adapté est mis en place. Pour l’analyse de ces instruments, les exercices et la représentation graphique seront privilégiés.

Acquis de première : externalités, institutions marchandes, droits de propriété, offre et demande, allocation des ressources, défaillances du marché.

Sociologie (durée indicative : 50 heures)

1. Classes, stratification et mobilité sociales

- 1.1 Comment analyser la structure sociale ?

Notions : Classes sociales, groupes de statut, catégories socio-professionnelles.

Indications complémentaires : On présentera les théories des classes et de la stratification sociale dans la tradition sociologique (Marx, Weber) ainsi que leurs prolongements contemporains et on s’interrogera sur leur pertinence pour rendre compte de la dynamique de la structuration sociale. On mettra en évidence la multiplicité des critères de différenciation sociale dans les sociétés post-industrielles (statut professionnel, âge, sexe, style de vie) et on se demandera dans quelle mesure cette multiplicité contribue à brouiller les frontières de classes.

Acquis de première : groupe social.

- 1.2 Comment rendre compte de la mobilité sociale ?

Notions : Mobilité intergénérationnelle/intra-générationnelle, mobilité observée, fluidité sociale, déclassement, capital culturel, paradoxe d’Anderson.

Indications complémentaires : Après avoir distingué la mobilité sociale intergénérationnelle d’autres formes de mobilité (géographique, professionnelle), on se posera le problème de sa mesure à partir de l’étude des tables de mobilité sociale dont on soulignera à la fois l’intérêt et les limites. On distinguera la mobilité observée et la mobilité relative (fluidité sociale) et on mettra en évidence l’existence de flux de mobilité verticale (ascendante et descendante) et horizontale. On étudiera différents déterminants de la mobilité et de la reproduction sociale : l’évolution de la structure socioprofessionnelle, le rôle de l’école et de la famille.

Acquis de première : groupe d’appartenance, groupe de référence, socialisation anticipatrice, capital social.

2. Intégration, conflit, changement social

- 2.1 Quels liens sociaux dans des sociétés où s’affirme le primat de l’individu ?

Notions : Solidarité mécanique/organique, cohésion sociale.

Indications complémentaires : Après avoir présenté l’évolution des formes de solidarité selon Durkheim, on montrera que les liens nouveaux liés à la complémentarité des fonctions sociales n’ont pas fait pour autant disparaître ceux qui reposent sur le partage de croyances et de valeurs communes. On traitera plus particulièrement de l’évolution du rôle des instances d’intégration (famille, école, travail, État) dans les sociétés contemporaines et on se demandera si cette évolution ne remet pas en cause l’intégration sociale.

Acquis de première : socialisation, capital social, sociabilité, anomie, désaffiliation, disqualification, réseaux sociaux.

- 2.2 La conflictualité sociale : pathologie, facteur de cohésion ou moteur du changement social ?

Notions : Conflits sociaux, mouvements sociaux, régulation des conflits, syndicat.

Indications complémentaires : On montrera que les conflits peuvent être appréhendés à partir de grilles de lecture contrastées : comme pathologie de l’intégration ou comme facteur de cohésion ; comme moteur du changement social ou comme résistance au changement. En s’appuyant sur quelques exemples, on s’interrogera sur la pertinence respective de ces différents cadres d’analyse en fonction de la nature des conflits et des contextes historiques. On s’intéressera plus particulièrement aux mutations des conflits du travail et des conflits sociétaux en mettant en évidence la diversité des acteurs, des enjeux, des formes et des finalités de l’action collective.

Acquis de première : groupe d’intérêt, conflit.

Regards croisés (durée indicative : 40 heures)

1. Justice sociale et inégalités

- 1.1 Comment analyser et expliquer les inégalités ?

Notions : Inégalités économiques, inégalités sociales.

Indications complémentaires : On mettra en évidence le caractère multiforme des inégalités économiques et sociales ainsi que leur aspect parfois cumulatif. On procédera à des comparaisons aux niveaux européen et international en utilisant les principaux indicateurs et outils statistiques appropriés. On montrera que le niveau et l’évolution des inégalités sont liés à des facteurs multiples : origine et appartenance sociales, formation, accumulation patrimoniale, genre, génération, etc.

Acquis de première : salaire, revenu, profit, revenus de transfert.

- 1.2 Comment les pouvoirs publics peuvent-ils contribuer à la justice sociale ?

Notions : Égalité, équité, discrimination, méritocratie, assurance/assistance, services collectifs, fiscalité, prestations et cotisations sociales, redistribution, protection sociale.

Indications complémentaires : On s’interrogera sur les fondements des politiques de lutte contre les inégalités en les reliant à la notion de justice sociale ; on rappellera à ce propos que toute conception de la justice doit répondre à la question : « L’égalité de quoi ? ». On distinguera égalité des droits, égalité des situations et égalité des chances. On précisera qu’il n’y a pas lieu d’opposer les notions d’égalité et d’équité. Pour cela, on montrera que le degré d’égalité est un fait et peut se mesurer alors que l’équité, qui renvoie au sentiment de ce qui est juste ou injuste, est un jugement qui se fonde sur un choix éthique ou politique sous-tendu par un système de valeurs. On analysera les principaux moyens par lesquels les pouvoirs publics peuvent contribuer à la justice sociale : fiscalité, redistribution et protection sociale, services collectifs, mesures de lutte contre les discriminations. On montrera que l’action des pouvoirs publics s’exerce sous contrainte et qu’elle fait l’objet de débats quant à son efficacité et aux risques de désincitation et d’effets pervers.

Acquis de première : État-providence, prélèvements obligatoires, revenus de transfert.

2. Travail, emploi, chômage

- 2.1 Comment s’articulent marché du travail et organisation dans la gestion de l’emploi ?

Notions : Taux de salaire réel, coût salarial unitaire, salaire d’efficience, salaire minimum, contrat de travail, conventions collectives, partenaires sociaux, segmentation du marché du travail, normes d’emploi.

Indications complémentaires : En se limitant à une présentation graphique simple et en insistant sur les déterminants de l’offre et de la demande, on expliquera l’analyse néo-classique du fonctionnement du marché du travail. Pour rendre compte de la spécificité de la relation salariale, on montrera l’intérêt de relâcher les hypothèses du modèle de base en introduisant principalement les hypothèses d’hétérogénéité du facteur travail et d’asymétrie d’information. À partir de quelques exemples, on montrera que le taux de salaire dépend également du résultat de négociations salariales et de l’intervention de l’État et que celle-ci ne se limite pas à la question du salaire. On soulignera, en s’appuyant sur le programme de première, que l’institutionnalisation de la relation salariale, qui est un enjeu majeur des relations professionnelles, résulte à la fois du conflit et de la coopération.

Acquis de première : salaire, marché, productivité, offre et demande, prix et quantité d’équilibre, preneur de prix, rationnement, asymétries d’information, hiérarchie, coopération, conflit, institutions marchandes.

- 2.2 Quelles politiques pour l’emploi ?

Notions : Flexibilité du marché du travail, taux de chômage, taux d’emploi, qualification, demande anticipée, équilibre de sous-emploi, salariat, précarité, pauvreté.

Indications complémentaires : À l’aide de données empiriques françaises et étrangères, on mettra en évidence le caractère dynamique du marché du travail en donnant des indications sur les flux bruts de création et de destruction d’emplois. On soulignera que, dans certains cas, le chômage peut être à l’origine d’un processus d’exclusion. Afin de montrer que la diversité des formes et des analyses du chômage explique la pluralité des politiques, on analysera les politiques macroéconomiques de soutien de la demande globale pour lutter contre le chômage keynésien, les politiques d’allégement du coût du travail pour lutter contre le chômage classique, les politiques de formation et de flexibilisation pour réduire la composante structurelle du chômage. On soulignera que les politiques de l’emploi sont aussi fondées sur la prise en compte du rôle du travail et de l’emploi dans l’intégration sociale. On se demandera en quoi ce lien entre travail et intégration sociale est fragilisé par certaines évolutions de l’emploi.

Acquis de première : chômage, productivité, demande globale, politique monétaire, politique budgétaire, rationnement.

Savoir-faire applicables aux données quantitatives et aux représentations graphiques

L’enseignement des sciences économiques et sociales doit conduire à la maîtrise de savoir-faire quantitatifs, qui ne sont pas exigés pour eux-mêmes mais pour exploiter des documents statistiques ou pour présenter sous forme graphique une modélisation simple des comportements économiques ou sociaux. Calcul, lecture, interprétation
- Proportions, pourcentages de répartition (y compris leur utilisation pour transformer une table de mobilité en tables de destinée et de recrutement)
- Moyenne arithmétique simple et pondérée
- Évolutions en valeur et en volume
- Propensions moyenne et marginale à consommer et à épargner
- Élasticité comme rapport d’accroissements relatifs
- Écarts et rapports interquantiles
- Mesures de variation : coefficient multiplicateur, taux de variation, indices simples et pondérés Lecture et interprétation
- Corrélation et causalité
- Tableaux à double entrée
- Taux de croissance moyen
- Médiane, écart-type
- Élasticité prix de la demande et de l’offre, élasticité revenu de la demande, élasticité de court terme et élasticité de long terme
- Représentations graphiques : courbes de Lorenz, histogrammes, diagrammes de répartition, représentation des séries chronologiques, y compris les graphiques semi-logarithmiques
- Représentation graphique de fonctions simples (offre, demande, coût) et interprétation de leurs pentes et de leurs déplacements

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