
COMPTE RENDU DE LA RENCONTRE ENTRE L’APSES ET M. DARCOS LE 1erOCTOBRE 2007
L’APSES, par l’intermédiaire de son président, Sylvain David, et de ses deux secrétaires généraux, Marjorie Galy et Renaud Chartoire, a été reçue au Ministère de l’Education Nationale le 1er octobre à 11 h 15 par M. Xavier Darcos, Ministre de l’Education Nationale, et M. Mark Sherringham, son conseiller aux affaires pédagogiques, afin, pour reprendre les termes de M. Darcos, de "mettre fin aux malentendus concernant la filière ES et l’enseignement des SES" suite aux propos qu’il avait tenus lors de la rentrée scolaire.
Les filières
Nous avons demandé à M. Darcos de préciser ses intentions concernant le maintien ou non des séries générales au baccalauréat.
Selon M. Darcos, ses propos ont été mal compris. Il n’est pas en guerre contre les sciences économiques et sociales ou la filière économique et sociale.
Il part du constat suivant : la situation des filières générales au lycée n’est actuellement pas satisfaisante, car la filière littéraire connaît une chute constante de ses effectifs, la filière scientifique est devenue une filière sélective qui mène finalement assez peu à des études scientifiques, et la filière économique et sociale, du fait de son succès, perdrait une partie de sa spécificité. Selon lui, les étudiants se dirigeant vers des études d’économie, de gestion, ou encore vers des écoles de commerce, devraient venir majoritairement de la filière ES, ce qui ne serait pas le cas actuellement.
Il insiste sur le fait qu’il ne souhaite pas tenir de propos polémiques. Son objectif est de rééquilibrer les filières, sans qu’il n’ait encore réfléchi à des moyens concrets de réaliser ce rééquilibrage. Selon lui, il faudrait que les élèves qui vont en filière scientifique se destinent avant tout à des études scientifiques, et qu’un plus grand nombre d’élèves aille en filière littéraire. Il n’a donc rien contre la filière ES, et réfléchit à un « rééquilibrage » des trois - filières. Ce rééquilibrage ne passera pas par une fusion des séries, ni par la mise en place d’un baccalauréat commun à tous induisant une disparition des filières actuelles. Pour l’instant, il s’intéresse à l’école primaire, et ne s’occupera de la réforme du lycée que l’année prochaine.
L’enseignement des SES
M. Darcos a affirmé ne vouloir en rien remettre en question l’enseignement des sciences économiques et sociales. Il admet trouver intéressante l’idée d’élargir cet enseignement à d’autres élèves que ceux de la filière ES, même si cela ne peut passer par un allongement des horaires des élèves, déjà beaucoup trop lourds selon lui.
L’enseignement de l’entreprise par les SES
Nous avons ensuite demandé à M. Darcos de réagir aux critiques proférées par Positive entreprise, mettant en avant une supposée vision négative de l’entreprise véhiculée dans les manuels de sciences économiques et sociales.
M. Darcos a entendu dans les media les critiques émanant de certaines associations d’entreprises concernant l’enseignement de l’entreprise en SES, particulièrement dans les manuels scolaires de seconde, mais précise qu’il n’est pas en mesure de porter un jugement sur les contenus précis de ces manuels, et qu’il s’en gardera bien, quelle que soit la matière concernée. Selon lui, c’est à l’inspection générale de réagir à ce type de propos.
Nous lui avons dit qu’il serait cependant nécessaire que le ministère se positionne dans cette polémique récurrente sur les contenus enseignés en SES sur l’entreprise, notamment en commandant un audit sur les programmes de SES. Nous en avons profité pour lui remettre la plaquette que l’APSES va diffuser pour expliquer la démarche des sciences sociales pour enseigner l’objet (sensible) « entreprise ».
S’il estime qu’un dialogue entre les représentants des SES et les représentants des entreprises ne pourra être qu’enrichissant, la discussion a amené M. Darcos à préciser qu’il était en revanche opposé à l’intervention directe des chefs d’entreprise dans l’élaboration des programmes.
Au final, s’il estime nécessaire de revoir en partie l’organisation du lycée, M. Darcos annonce que tout cela ne pourra se faire qu’avec prudence et dans la concertation.
M. Darcos et M. Sherringham ont rappelé qu’ils n’étaient en rien opposés à l’enseignement des SES et à la filière ES, et que le fait de recevoir deux fois en trois mois l’association des professeurs de sciences économiques et sociales au ministère était un gage de cet engagement.
Nous avons renouvelé notre invitation à M. Darcos pour le colloque que l’APSES organise le 17 novembre 2007. M. Darcos s’est déclaré favorable, sur le principe, d’une rencontre avec les enseignants de SES mais qu’il ne pourrait être disponible ce jour-là (il pourrait se faire représenter). L’invitation reste donc valable, elle pourrait se concrètiser lors d’une autre occasion.
L’entretien a été cordial et M. Darcos n’a pas manqué de nous dire que nous aurions à l’avenir l’occasion de nous rencontrer à nouveau.
Nous pouvons constater que M. Darcos a cherché à rassurer les enseignants de SES, mais la vigilance reste toutefois de mise, car nous ne savons pas en quoi consisterait le rééquilibrage des séries envisagées par M. Darcos. De même, M.Darcos nous a redit que les horaires élèves étaient trop lourds, il conviendra d’être très attentif sur cette question tout comme sur celle des dédoublements.
Pour l’APSES, Renaud CHARTOIRE, Sylvain DAVID, Marjorie GALY
©Caroline Lucas/MEN

