Compte-rendu de la rencontre du 20 juillet 2007 au MEN avec M. Sherringham

20 juillet 2007


COMPTE RENDU DE LA REUNION AU MEN DU 20 JUILLET 2007

L’Apses, représentée par Marjorie Galy, Sylvain David et Renaud Chartoire, a été reçue le 20 juillet 2007 à 11h et durant 1h15 au Ministère de l’Education Nationale par M. Sherringham le conseiller aux affaires pédagogiques du ministre de l’Education Nationale.

Cette réunion s’est déroulée de manière relativement informelle. C’était une première prise de contact, l’occasion pour nous de représenter les positions de l’Apses sur les SES et la filière ES, et pour M. Sherringham de mieux nous connaître et de nous présenter quelques pistes de réflexion sur l’avenir de notre discipline. Quatre points principaux ont successivement été abordés.

La mise en place d’une liste complémentaire au concours du Capes

- Dans un premier temps, nous avons attiré l’attention de M. Sherringham sur l’existence de bi-admis aux concours du Capes et de l’Agrégation (6 cette année soit près de 10% des postes), ce qui réduit d’autant le nombre de postes pourvus. Nous lui avons demandé la mise en place d’une liste complémentaire. Sa réponse a été la suivante : cette responsabilité est celle des présidents de jurys. Nous lui avons alors dit que les dits présidents nous renvoyaient au ministère. Il a donc été décidé de recontacter les présidents des concours pour leur demander la mise en place d’une liste complémentaire. M. Sherringham a alors ajouté que, de toute façon, selon lui, le nombre de postes mis au concours prenait déjà en compte la possibilité de bi-admis, et était donc déjà légèrement surévalué par rapport aux besoins réels de l’administration. Si une liste complémentaire était mise en place, il faudrait, selon lui, réduire d’autant le nombre de postes mis au concours l’année suivante.
- Pour terminer sur ce sujet, il a admis qu’il serait préférable que le nombre de postes mis au concours soit connu plus tôt, et que l’évolution du nombre de postes soit décidée de manière pluri-annuelle, mais qu’une telle mesure était difficile à mettre en place. Nous avons fait part à M. Sherringham de notre préoccupation devant la faiblesse des recrutements d’enseignants de SES et nous lui avons demandé de faire un état des lieux des besoins à venir par rapport aux départs en retraite et à l’importance de la précarité (recours à des personnels contractuels ou vacataires) dans notre discipline (en 2005-2006, 3,6% de non-titulaires en SES contre 1,8% pour l’ensemble des disciplines).

Les programmes de SES

- M. Sherringham, considérant que la question de la place des SES en seconde ne pouvait être séparée de la question des contenus enseignés, tenait à nous poser des questions sur nos programmes, et en particulier sur la place de l’entreprise. M. Sherringham a en effet connaissance des critiques à ce sujet, et voulait discuter avec nous du caractère fondé ou non de ces critiques. La discussion a duré plus de 30 minutes sur ce point, et M. Sherringham a tenu à parler sans « langue de bois », estimant que c’était là un point essentiel relatif à l’image et à la légitimité des SES.
- M. Sherringham nous a relayé les principales critiques relatives à l’enseignement des SES que l’on peut lire sous la plume de certains éditorialistes ou d’associations relatives à la promotion de l’entreprise : non seulement l’entreprise serait trop peu enseignée dans nos programmes, mais en plus la manière dont elle serait enseignée inciterait au final les élèves à avoir une vision bien trop négative de l’entreprise. Nous aurions une approche trop « macro » et pas assez « micro ». Sur ces questions, nous avons rappelé ce qui nous semble être la réalité des faits :

* l’entreprise est présente dans nos programmes en de nombreuses occasions,

* nous n’étudions pas l’entreprise de manière « positive » ou « négative ». Nous présentons cet acteur du système économique qui est un acteur essentiel en termes de création de richesses, nous présentons l’environnement dans lequel les entreprises agissent, cet environnement les amène à réaliser des choix, et ces choix ont des effets économiques et sociaux sur la société et l’économie dans son ensemble mais aussi sur les différents agents économiques ; ces effets faisant débat en science économique comme dans les autres sciences sociales.

* nous avons aussi rappelé que les critiques qui nous sont adressées sont assez systématiquement instruites à charge sur la base d’un balayage sélectif de certains manuels de SES et non sur une lecture analytique précise des programmes officiels. Ceux-ci sont d’ailleurs de la responsabilité du ministère qui s’appuie notamment sur des experts (universitaires reconnus des sciences sociales) qu’il choisit pour élaborer les programmes. Il semble paradoxal que le ministère lui-même relaye des critiques sur des programmes dont il a la responsabilité.
- M. Sherringham a semblé sensible à nos arguments. Notre impression est que l’enseignement des SES est toujours aussi mal connu, et que certains de nos interlocuteurs semblent réellement croire que les SES sont un enseignement dogmatique et anti-libéral. Une fois de plus, c’est en communiquant sur nos programmes et sur nos pratiques que nous pourrons faire évoluer ces représentations. Ce travail de mise en valeur, entre autre, de la place actuelle de l’entreprise dans nos programmes, proposé par Rémi Jeannin et Renaud Chartoire, devra être réalisé rapidement.
- M. Sherringham nous a demandé si nous étions prêts à rencontrer des chefs d’entreprise, "voire même le Medef" : nous avons répondu positivement, car nous ne voyons pas pourquoi nous refuserions de rencontrer qui que ce soit qui puisse apporter des éléments de réflexion sur les SES en précisant que les organisations patronales ne devaient pas avoir d’exclusive a priori. Nous avons par ailleurs souligné le fait que nous avions du mal à organiser des visites d’entreprises avec nos élèves et que toute démarche pouvant ouvrir les portes des entreprises (mais aussi des administrations, des associations...) pour les professeurs de SES et leurs élèves étaient les bienvenues. De même, il s’est demandé comment les SES pourraient participer à une meilleurs connaissance des élèves du monde professionnel dans lequel ils seront ensuite amenés à s’intégrer.
- D’une manière plus générale, M. Sherringham nous a demandé si nous accepterions des évolutions dans les programmes de SES, en particulier en ce qui concerne la place de l’entreprise. Nous avons répondu que nous étions ouverts à toutes discussions sur nos programmes, et pas uniquement sur l’entreprise ; tout en réaffirmant les principes qui fondent la démarche des SES. Mais il est clair que les débats sur la place de l’entreprise dans nos programmes seront prégnants dans les années à venir, et qu’il nous faudra déterminer ce que nous pouvons accepter comme évolutions des contenus scientifiques à enseigner tant en économie qu’en sociologie sur l’entreprise.

La place des SES en seconde

M. Sherringham a admis que toute question relative à la place des SES en seconde, et en particulier sur la possibilité d’intégrer les SES dans le tronc commun, était légitime, même si les questions actuelles autour du volume horaire global des lycéens français créaient un contexte peu favorable à l’extension du volume horaire proposé aux lycéens. Il a estimé qu’aucune question n’était tabou et que ce n’était qu’en oeuvrant avec intelligence que l’on pourrait faire évoluer le système scolaire en prenant en compte les différentes contraintes s’y exerçant. Il a cependant tenu à souligner que, en tout état de cause, l’option SES en seconde n’était en aucune manière menacée.

Le rapport sur la série L et ses conséquences

- Pour terminer, M. Sherringham nous a demandé quelle était notre position relativement aux hypothèses émises dans ce rapport pour sauver la série L. En particulier, il nous a demandé ce que nous pensions d’une fusion possible avec la série L, voire même d’une disparition globale des filières générales, remplacées par un dispositif « à la carte » pour les élèves. Nous avons signalé que l’Apses nous avait donné mandat pour rappeler notre attachement au maintien de la série ES.
- Dans les deux cas, M. Sherringham a insisté sur le fait que ce n’était là que des hypothèses de travail, et qu’il n’y avait aucun projet précis au sein du ministère relatif à chacun de ces deux scénarii possibles.

M. Sherringham s’est félicité de cette première prise de contact et a estimé que nous aurons sans aucun doute l’occasion de nous revoir dans l’année à venir, en particulier pour parler de l’évolution de nos programmes. Il a insisté sur le fait que ces discussions devaient se faire en toute confiance. Nous avons pris date et espérons avoir montré de manière argumentée que les critiques formulées sur l’enseignement de l’objet entreprise en SES n’étaient pas fondées sur la réalité de nos programmes et de nos pratiques.

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