Compte rendu de l’entrevue avec le doyen de l’inspection (12 décembre 2007)

Compte rendu de la réunion entre Jean Etienne, Doyen de l’Inspection de SES, et l’Apses

Jean Etienne a reçu l’Apses le mercredi 12 décembre 2007 afin de faire le point sur l’enseignement des SES et sur la série ES.

• Il a estimé que les déclarations de M. Darcos sur la série ES appartiennent au passé. Il a réalisé, à l’époque, une note à l’attention du ministère relative à la réussite des bacheliers ES dans l’enseignement supérieur. Cette note prouve indéniablement la réussite de nos élèves, supérieures dans toutes les filières à celle des bacheliers L. Il n’y a que deux zones d’ombre selon lui :
-  la trop forte proportion de nos élèves allant en BTS
-  l’insuffisante orientation de nos élèves en classes préparatoires aux grandes écoles. L’Apses lui a alors rappelé, concernant ce dernier point, l’insuffisante offre de formation à destination de nos élèves.

• Concernant la réforme du lycée que le ministère doit rendre publique en mai 2008, Jean Etienne nous a dit ne rien connaître de précis à cet égard. L’objectif est de réduire un horaire global jugé trop lourd pour les lycéens, mais il ne sait pas quelle forme prendra cette réduction pour notre matière. Ce qui est sûr selon lui, c’est que les dédoublements ne disparaîtront pas à la rentrée 2008, mais pour la suite il ne peut pas s’avancer. Cependant, toujours selon lui la clé des dédoublements réside dans l’utilisation des TICE, de l’audiovisuel, dans la réalisation d’enquêtes… La prise en compte du B2i pourrait être pour nous une occasion de développer nos pratiques dans ces domaines.

• Concernant l’enseignement des SES, Jean Etienne a estimé que nous devrions être plus à l’écoute des critiques qui nous sont adressées. Selon lui, elles sont en partie fondées, d’une part car certains enseignants confondraient leur rôle d’enseignant et leurs prises de positions politiques, et d’autre part parce que l’entreprise serait trop peu enseignée, ou en tout cas trop peu visible dans nos programmes.

Jean Etienne souhaite que l’item « entreprise » apparaisse plus souvent, et que, comme cela était fait dans nos premiers programmes, nous étudions le bilan d’une entreprise. De plus, selon lui, la deuxième partie (le rôle sur-représenté des conflits sociaux dans le changement social notamment) du programme de terminale est mal ficelée, et il serait pour une évolution vers une partie « économie », une partie « sociologie », et une partie « objets problèmes » sur le modèle du programme de Khâgne. L’Apses a alors rappelé que :
-  l’entreprise était déjà enseignée, comme l’a montré notre plaquette sur l’enseignement de l’entreprise et du marché, ainsi que notre étude sur la présentation de l’entreprise dans les manuels, étude que Jean Etienne a jugé peu convaincante.
-  les chefs d’entreprise n’avaient pas à déterminer le contenu des programmes
-  si certains enseignants font du prosélytisme politique en cours, c’est à l’inspection d’intervenir, mais que ces cas –s’ils existent- ne doivent pas jeter l’opprobre sur l’ensemble des enseignants de SES.

Concernant l’enseignement de la sociologie, Jean Etienne estime qu’il faudrait « spécialiser la sociologie », en étudiant par exemple la sociologie des organisations, ou celle des réseaux… afin de la rendre plus en cohérente avec les aspects économiques de nos programmes. Il a constaté que le poids de la sociologie s’était accru et qu’il faudrait peut-être revenir à un poids moins important…

De même, il faudrait toujours selon lui faire davantage correspondre les SES avec nos débouchés : 16% de nos bacheliers vont en droit contre 2% en socio… Il est donc pour une modification de l’option et de la spécialité avec plus de droit. « Il faut penser à l’affichage », a-t-il répété plusieurs fois. Il s’est félicité à cet égard de la réussite des stages IDE et a souligné leur impact positif sur l’image que renvoie ainsi le corps des profeseurs de SES « à l’extérieur ». L’Apses lui a rappelé les problèmes de principe que posait ce partenariat : opaque, exclusif, pas de bilans ou d’évaluation des retombées sur les pratiques. Le coût du remplacement des 40 stagiaires (2 mois) ne pourrait-il pas plutôt permettre le financement de journées de formation continue dans les académies avec des universitaires spécialistes de l’entreprise ?

• L’Apses s’est ensuite étonné de l’absence de l’inspection générale au colloque organisé à Paris Dauphine en Novembre 2007. Jean Etienne nous en a donné la raison : selon lui, notre colloque n’était pas assez « ouvert » et était trop centré sur le passé. Nous lui avons fait part de notre désaccord sur ce sujet en lui rappelant la venue de directeurs et représentants des formations post-bac qui accueillent les bacheliers ES, des associations de spécialistes (math, philo, HG, langues), des syndicats enseignants, des associations de lycéens et de parents d’élèves, de représentants des salariés et employeurs, de journalistes de la presse économique (Enjeux Les échos, Alternatives économiques), d’universitaires et d’enseignants de SES reconnus. Cela ne l’a pas convaincu…

commentaires (2 messages)


  • Compte rendu de l’entrevue avec le doyen de l’inspection (12 décembre 2007) 21 décembre 2007 13:49, par Sénéchaux Jean-Noël

    Enseigner le droit dans l’option, plus d’entreprises voilà des moyens d’oublier l’esprit fondateur de notre discipline l’enseignement de sciences économiques et de sciences sociales, leurs liens, leur interpénétration, dans le cadre d’un bac général où l’objectif est d’abord d’enrichir les capacités de réflexion de l’élève, son esprit critique... De plus nous sommes beaucoup de collègues à n’avoir eu aucune formation en droit : encore une nouvelle discipline après les sciences économiques, la sociologie, les sciences politiques ? Il faudrait être un peu sérieux, on ne peut pas tout maitriser.

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  • Compte rendu de l’entrevue avec le doyen de l’inspection (12 décembre 2007) 27 décembre 2007 13:56, par yenamare

    L’argument invoqué pour justifier une place accrue du droit au lycée est vraiment étonnant ! Depuis quand fait-on des programmes d’un niveau en fonction de l’orientation des élèves au niveau supérieur ? Il faudrait alors revoir complètement toute l’organisation des filières et réduire le poids des mathématiques, des sciences physiques, des lettres, des langues... raisonner ainsi est bien étrange. D’autant que les SES ne sont pas une propédeutique de l’enseignement supérieur... Il va falloir nous payer plus pour enseigner plus (hihi).

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