
Après une tribune publiée dans Le Monde, avec le soutien de chercheurs reconnus en sciences sociales, demandant un moratoire sur l’application des nouvelles épreuves de baccalauréat et du nouveau programme de terminale, l’APSES remet ce jour au ministère deux documents attestant des critiques toujours vives concernant les nouveaux programmes et les nouvelles épreuves.
L’enquête de l’APSES auprès des professeurs de SES confirme les déficiences du programme de première mis en œuvre cette année
Un an après son entrée en vigueur, l’enquête de l’APSES remise au ministère (renseignée par 500 professeurs de SES) confirme les critiques déjà exprimées il y a deux ans par plus de la moitié des professeurs de SES et 11 associations d’universitaires : près de 90% des répondants jugent le programme trop lourd. Conséquences directes : plusieurs chapitres n’ont pas toujours pu être traités (principalement ceux situés en fin de programme c’est-à-dire ceux de science politique, de « regards croisés » et dans une moindre mesure ceux de sociologie), tandis que d’autres n’ont pu qu’être survolés. une majorité de répondants critique un manque de cohérence d’ensemble. Le cloisonnement des sciences sociales (partition économie / sociologie / regards croisés) engendre des incohérences, des redondances ou un alourdissement du programme. De nombreux collègues critiquent par ailleurs l’empilement de notions déconnectées les unes des autres et étudiées pour elles-mêmes.
Près de 1800 enseignants réclament un moratoire sur les nouvelles épreuves du baccalauréat 2013
En seulement 5 mois, près de 1800 professeurs de SES ont signé la pétition demandant un moratoire sur les nouvelles épreuves du baccalauréat et l’ouverture d’une véritable concertation. Plusieurs critiques leur sont adressées :
La méthode : absence de bilan sérieux des anciennes épreuves, pas de consultation des enseignants, ni même de test auprès des élèves pour l’épreuve majeure de leur baccalauréat (coefficient 7 ou 9).
L’interdiction des sujets débats dans la nouvelle épreuve composée - ou leur marginalisation en dissertation - se fait au détriment de la formation citoyenne des élèves, au moment où les sciences sociales sont de plus en plus indispensables pour se situer dans le débat public.
L‘introduction de questions de connaissances mobilisées pour elles-mêmes ou d’analyse décontextualisée d’un document généreront des pratiques de plus en plus transmissives en classe, entraînant un bachotage et un risque accru de fraude
Seule une réécriture des nouveaux programmes et des nouvelles épreuves permettra aux SES de continuer à jouer pleinement leur mission de formation de citoyens éclairés capables d’analyser rigoureusement les grandes questions économiques et sociales qui structurent le débat public. En attendant, pour ne pas déstabiliser inutilement élèves et professeurs et adresser un message d’apaisement, il paraît indispensable de suspendre la mise en œuvre du nouveau programme de terminale et des nouvelles épreuves de baccalauréat puisqu’ils ne sont pas encore entrés en application. En cette période de consultation sur l’école, L’APSES demande donc à être reçue au Ministère pour que les SES participent effectivement à un « lycée de la réussite pour tous ».
