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Lettre ouverte commune APCEG-APSES à Monsieur Luc CHATEL

APCEG Association des Professeurs de Communication, d’Economie et Gestion

APSES Association des Professeurs de Sciences Economiques et Sociales

À Monsieur Luc Chatel Ministre de l’Education nationale

Lettre ouverte

Objet : Les enseignements exploratoires économiques dans la future classe de seconde

Monsieur le Ministre,

Les professeurs d’Économie et Gestion et les professeurs de Sciences Economiques et Sociales souhaitent une meilleure diffusion de la culture économique auprès des Français. En effet, celle-ci permet de développer une compréhension du monde de façon citoyenne et critique.

La réforme prévoit que cette culture économique soit portée par deux enseignements exploratoires en seconde : « sciences économiques et sociales » pour permettre également la découverte des autres sciences sociales, et « principes fondamentaux de l’économie et de la gestion » pour induire une approche par les sciences de gestion. Ces disciplines ne sont enseignées ni au collège, ni dans le tronc commun au lycée ; elles sont ensuite réservées aux seuls lycéens orientés en série STG ou ES. Elles doivent donc bénéficier de conditions correctes dans cette classe.

Elles présentent en effet des caractéristiques spécifiques qui nécessitent :
-  L’accès au travail sur poste informatique pour la recherche documentaire, l’utilisation de logiciels de traitement de données, d’enquêtes, de rédaction de textes, les jeux de simulation etc. ;
-  La mise en activité des élèves par des travaux de recherche et des travaux en groupes ;
-  L’apprentissage de méthodes spécifiques à l’économie, aux sciences sociales ou à la gestion, notamment la compréhension et le traitement de l’information statistique.

En conséquence, dans le cadre de la réforme des lycées, les professeurs concernés demandent :

-  Que l’horaire d’enseignement soit globalement maintenu à 2H30 ou 3 heures comme actuellement ;
-  Que les effectifs soient dédoublés au niveau national : les conditions d’apprentissage de tous les élèves doivent être garanties dans tous les établissements ;
-  Que les programmes soient conçus pour être complémentaires et pas concurrents : les lycéens doivent pouvoir enrichir leur formation en suivant les deux options.

Les structures et les programmes vont conditionner le développement de la culture économique pour des années à venir. Nous demandons à ce que cette réforme ne soit pas mise en place dans la précipitation avec des programmes rédigés en un mois. Il faut aussi un temps suffisant de consultation et de réflexion commune. En conséquence, les deux associations signataires de cette lettre demandent que la mise en place de cette réforme soit reportée d’un an.

Veuillez acceptez, Monsieur le Ministre, nos respectueuses salutations,

Sylvie Cordesse Marot scordesse@andorra.ad Présidente de l’APCEG Sylvain David sylvain.david3@free.fr Président de l’APSES (06 75 81 40 37)

commentaires (2 messages)


  • Lettre ouverte commune APCEG-APSES à Monsieur Luc CHATEL 18 janvier 2010 04:58, par Un prof de SES dégoutté

    "Que les programmes soient conçus pour être complémentaires et pas concurrents : les lycéens doivent pouvoir enrichir leur formation en suivant les deux options"

    Sachant que la réforme Chatel s’inscrit dans un cadre budgétaire pré-défini, ne serait-il pas plus fructueux de se mobiliser pour qu’il n’y ait qu’un seul enseignement d’économie possible par élève - sciences sociales en lycée général, gestion en lycée technique - avec un horaire conséquent. Voilà où nous mène cette revendication d’être présents partout ! Les collègues qui vont être nommés sur bmp en lycée technique - car il y en aura bien qui voudront offrir un enseignement de sciences sociales à leurs élèves, sans débouché ultérieur dans l’établissement - apprécieront, ceux qui auront un service constitué de 12 classes de 2nde, à cheval sur plusieurs établissements, aussi ! Revoilà le bon vieux temps de l’option "obligatoire" du début des années 80. Exclus du tronc commun, relègués à un statut d’enseignement exploratoire à l’horaire ridicule, imposé à des cohortes d’élèves qui vont venir dans nos cours en traînant les pieds, on est bien avancés ! En gardant un statut d’option, comme le latin, le grec ou la lv3, on aurait eu autant d’élèves qu’aujourd’hui, on aurait gardé nos horaires, des conditions de travail décentes sans y perdre pour autant une partie de nos postes

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  • Lettre ouverte commune APCEG-APSES à Monsieur Luc CHATEL 18 janvier 2010 18:05, par Rak Ignace

    COLLEGE ET LYCEE : QUELLE EDUCATION TECHNOLOGIQUE DE L’ECONOMIE ET GESTION ET DES SCIENCES ECONOMIQUES ET SOCIALES ?

    Contribution rédigée le 18 janvier 2010 par Ignace Rak pour les associations de spécialistes des lycées APCEG et APSES

    Le 17 janvier 2010 vos deux associations se sont prononcées dans un communiqué commun pour que l’enseignement obligatoire en seconde le lycée « …deux enseignements d’exploration de 1h30 hebdomadaire chacun dont au moins un enseignement d’économie (sciences économiques et sociales ou économie appliquée et gestion)… » (1) soit porté de 1 h 30 à 3 heures en classe de seconde. Je pense personnellement que c’est important comme position commune pour la formation générale de tous les jeunes au lycée. Pour ma part j’ai fait une contribution pour la création d’une éducation technologique générale au lycée dans une thèse de doctorat en 2001 (2) (3). En effet, selon moi, un jeune ne peut suivre une formation au lycée sans avoir une formation obligatoire d’éducation technologique à créer, dont un contact très étroit et précis avec les entreprises via des stages, et avec au moins des études de cas de problématiques sur des produits matériels et immatériels incluant des connaissances informatiques.

    Permettez moi cependant de vous faire une remarque fondamentale sur votre texte lorsque vous dites « …La réforme prévoit que cette culture économique soit portée par deux enseignements exploratoires en seconde : « sciences économiques et sociales – pour permettre également la découverte des autres sciences sociales, et – « principes fondamentaux de l’économie et de la gestion » pour induire une approche par les sciences de gestion. Ces disciplines ne sont pas enseignées ni au collège, ni dans le tronc commun au lycée ; elles sont ensuite réservées aux seuls lycéens orientés en série STG ou SES… » (4). En effet vos deux associations semblent méconnaitre les programmes du collège de 1985 et de 1996 dans la discipline technologie au collège en vigueur jusqu’en juin 2009. Des notions fondamentales d’économie inscrites dans les programmes officiels étaient enseignées par les professeurs de technologie qu’ils aient été recrutés en CAPET technologie dans la valence économie et gestion ou dans la valence sciences et techniques industrielles. Les collégiens ont donc eu, contrairement à votre écrit, une formation à l’économie. Si vous considérez que la formation des élèves, et sa qualité, par les professeurs de technologie est à négliger, c’est de votre responsabilité.

    Pour votre information je vous signale que dès 2004 lors de la refondation des programmes de technologie au collège, des membres d’une seule association de professeurs de technologie l’ASSETEC (parmi les trois existantes) ont, selon mes informations fondées puisque la liste des experts est restée secrète, participé et soutenu la rédaction du programme de 6e 2005 et du projet de programme paru définitivement en juillet 2008 avec une autre association PAGESTEC qui a rejoint le nouveau groupe d’experts en 2006. Ces associations n’ont jamais révélé à leurs adhérents que l’économie et gestion était éliminée des programmes en ne gardant que la valence sciences et techniques industrielles. L’inspection générale d’économie et gestion s’est pourtant retirée de cette commission d’experts dès janvier 2008 sans que les 15 000 professeurs de technologie en poste dans l’enseignement public et privé (dont environ 5 000 professeurs de technologie en valence économie et gestion) en soient informés et n’aient été consultés par ces deux associations. Comme quoi la participation d’une première association en 2004, rejointe par une autre en 2006, a effectivement créé les conditions de l’élimination de l’enseignement de l’économie et gestion de l’enseignement disciplinaire de technologie où il ne reste maintenant qu’un enseignement sciences et techniques industrielles puisque seuls les IA IPR STI sont désormais responsables de cette discipline au collège dans les académies à partir de la rentrée 2009 alors qu’auparavant la répartition était de 1/3 pour les IA IPR économie et gestion et 2/3 pour les IA IPR sciences et techniques industrielles.

    Autrement dit, votre affirmation de l’inexistence d’un enseignement d’économie au collège n’est vraie qu’à partir des promotions d’élèves de 6e en septembre 2005 et ensuite pour les élèves de 5/4/3e en septembre 2009 et au-delà, mais pas avant (1985-2008). En espérant ne pas avoir interprété votre lettre ouverte commune du 17 janvier 2010. Et si c’est le cas, n’hésitez pas à m’en faire part. Je compte poster ce message sur la liste privée de la plus grande association de France des 1300 professeurs de tecchnologie Internet PAGESTEC où je milite.

    Ignace Rak IA IPR honoraire en sciences et techniques industrielles de l’académie de Paris http://pagesperso-orange.fr/techno-...

    (1) http://eduscol.education.fr/cid5016... (2) http://perso.wanadoo.fr/techno-hadf... (3) http://perso.wanadoo.fr/techno-hadf... (4) http://www.apses.org/initiatives-ac...

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