
Le 6 avril dernier, le site du think tank libéral de l’iFRAP, proche de réseaux patronaux influents, a mis en ligne un article qui s’en prend, pour la n-ième fois, sur un registre bien connu, à l’enseignement de sciences économiques et sociales.
Il est reproché à SESâme, le manuel de première en ligne gratuit édité par l’APSES (qui vise à contourner l’obstacle pédagogique qu’est le nouveau programme officiel), de décrire l’entreprise « comme une organisation étant avant tout, un lieu de conflits » et de rappeler que « Charles Beigbeder (Fondateur de Poweo, et secrétaire national de l’UMP) avait réagi en réclamant « que s’instaure un réel dialogue, régulier, entre les enseignants et les chefs d’entreprise, notamment au sein de la commission des programmes […], contre la vision négative de l’entreprise qui transparaît dans certains manuels ».
Tous les ingrédients habituels sont présents ! On isole la partie qui pose problème à certains patrons et on en fait le tout afin d’alerter l’opinion. En passant sous silence que le manuel de l’APSES, outre la question des conflits, parle naturellement de la négociation dans l’entreprise, de son rôle de création de richesses, des gains issus de la concurrence, ou de son rôle décisif dans l’innovation…
Cette instruction à charge n’a qu’un seul objectif : légitimer la demande que les programmes scolaires soient co-écrits par les chefs d’entreprise et leurs organisations représentatives afin de réenchanter l’entreprise. Probablement en éradiquant la sociologie des programmes les, comme veut d’ailleurs l’expérimenter le Ministère de l’Education Nationale en supprimant en classe de seconde les Sciences Economiques et Sociales au profit de la création d’un enseignement recentré sur l’économie.
Les critiques patronales à l’encontre de notre enseignement n’auront jamais reçu une écoute aussi attentive de la part du Ministère que depuis 5 ans. Est-ce cela la « laïcité positive » ?
