
Les enseignants de Sciences Economiques et Sociales (SES) réunis à Lyon lors de l’Assemblée Générale de l’APSES des 2 et 3 juin derniers interpellent le nouveau ministre de l’Education Nationale sur trois mesures urgentes pour la rentrée de septembre.
1. Annuler la disposition de la circulaire de rentrée préconisant d’expérimenter une fusion entre les Sciences Économiques et Sociales et l’Économie Gestion
La dernière circulaire de rentrée, écrite par l’ancien ministère, propose d’expérimenter la disparition des SES en seconde, en les fusionnant avec un enseignement d’Économie-gestion. L’APSES s’oppose à toute tentative visant à s’affranchir des programmes nationaux et à marginaliser la sociologie au lycée.
Elle demande au ministre la suppression de cette disposition dans la nouvelle circulaire de rentrée et l’interruption de sa mise en œuvre dans les lycées où cette « innovation » est en train d’être instaurée. Compte tenu de sa contribution à la compréhension des enjeux économiques et sociaux contemporains, l’enseignement de SES mérite d’être introduit dans le tronc commun de la classe de seconde avec un horaire permettant une sérieuse initiation aux sciences économiques et sociales.
2. Suspendre la mise en place des nouvelles épreuves de baccalauréat qui interdisent les sujets débat
Sans concertation aucune, l’ancien ministère a également modifié les épreuves de baccalauréat en SES pour la session 2013. Une nouvelle épreuve privilégie le par cœur au détriment de la réflexion, et interdit explicitement les sujets invitant à débattre. Notre enseignement perdrait largement de son sens, tant sur le plan pédagogique que dans son intérêt d’éducation à la citoyenneté.
Il s’agit là d’une grave dérive des objectifs assignés à l’École. L’APSES demande de prolonger les épreuves actuelles, le temps de mener, dans la concertation, une réflexion sur les nouvelles épreuves à mettre en place.
3. Lancer la réécriture de programmes massivement contestés
Enfin, la tentative de mise au pas des SES s’est traduite par un remaniement expéditif des programmes, de la seconde à la terminale. Parce qu’ils cumulent les défauts d’encyclopédisme, d’un cloisonnement dépassé des sciences sociales, d’une vision appauvrissante d’un enseignement qui prône le « retour aux fondamentaux », et d’une évacuation de questions économiques et sociales qui font débat dans l’actualité, ils sont contestés par la grande majorité de la communauté éducative.
L’APSES demande donc au nouveau Ministre de prolonger le programme de terminale d’un an ou deux pour permettre l’élaboration de nouveaux programmes suivant une procédure suffisamment longue et, cette fois-ci, véritablement démocratique.
L’APSES se déclare donc en accord avec les déclarations du ministre de l’Éducation Nationale Vincent Peillon lors du forum des enseignants innovants à Orléans, le 31 mai dernier : "Toute notre action devra être conduite en gardant comme fil conducteur l’intérêt des élèves. (…) L’entrée dans tous les sujets sera d’abord une entrée par la pédagogie".
