Avertissement : La publication sur apses.org des contributions et propositions collectives ou individuelles, en vue d’alimenter la réflexion et le débat pour les Assises de l’enseignement de SES, ne vaut pas validation par l’APSES. Le contenu des contributions et propositions est donc sous l’entière responsabilité de leur(s) auteur(s).
Dans le cadre des Assises organisées par l’Apses, je vous soumets quelques propositions personnelles :
1ère PROPOSITION : Demander que le futur groupe d’expert soit composé des membres de la Commission Guesnerie
Je propose que l’Apses demande que les nouveaux programmes de SES soient réécris par les membres de la Commission Guesnerie auxquels s’ajoutent, naturellement, d’autres personnes qualifiées choisies par la Commission (inspecteurs, professeurs). Cette Commission qui a déjà commencé le travail de réflexion sur les programmes doit maintenant aller au bout de son travail et écrire ces programmes. Ce groupe d’expert composé de plusieurs universitaires aurait le mérite de pouvoir faire consensus parmi les universitaires et les professeurs de terrain.
2e PROPOSITION : Demander que le même groupe d’expert réécrive le programme des 3 niveaux
Je propose que l’Apses demande qu’un seul groupe d’expert réécrive les 3 programmes du lycée afin de donner plus de cohérence entre ces programmes. Il faut que les programmes soient mieux articulés entre les 3 niveaux. Il faut donc que les mêmes personnes soient chargés des 3 programmes.
3e PROPOSITION : Demander à ce que le volume horaire en seconde donne plus de place aux TD
Je propose de donner plus de place aux TD en classe de seconde par rapport au cours proprement dit. Concrètement il faudrait que les élèves aient 1h de cours + 1h de TD par semaine, soit 2h élèves au lieu de 2h30 actuellement. Pour les enseignements, le service serait le même : 3h par semaine par classe.
Les avantages sont multiples :
le ministère récupère 1/2h sur l’emploi du temps des élèves sans toucher à celui des enseignants ;
les élèves travaillent plus en autonomie, à leur rythme, lors des TD, ce qui favorise le "suivi individualisé", la "remédiation", l’aide aux élèves en difficulté, leur motivation ;
les TD permettent aux élèves d’acquérir des savoirs et des savoirs-faire (statistiques, informatique, enquête, vidéo, revue de presse, composition...) utiles pour la réussite en SES et dans les autres disciplines.
On répond ainsi aux souhaits du ministère, au besoin des élèves et à l’inquiétude des professeurs.
4e PROPOSITION : Demander la suppression de l’ECJS au lycée et son remplacement par un enseignement de "sciences politiques" obligatoires pour tous les élèves en 1ère et Tle
Je propose la suppression de l’ECJS qui est une matière inutile pour l’élève :
inutile en termes de contenu, puisqu’il n’y a pas de connaissances à transmettre, il n’y a pas d’objectifs de savoirs, l’ECJS n’apporte aucune "culture générale" sérieuse, académique ;
inutile au baccalauréat, l’ECJS n’apportant pas de points pour l’examen des élèves, ce qui nuit à la motivation et à l’intérêt que les élèves portent à la matière ;
Les élèves de 1ère et terminale ont besoin d’un véritable enseignement de "sciences politiques" qui leur permette d’être des citoyens éclairés à la fin du lycée. Ils sont demandeurs de cet enseignement, surtout ceux qui ne sont pas en ES, pour comprendre le monde politique. Ils ont besoin d’un enseignement cohérent, complet, structuré qui aborde les différentes composantes des sciences politiques :
la philosophie politique (réflexion sur le pouvoir et le pouvoir politique, sur l’Etat et la nation, sur la citoyenneté et la nationalité...) ;
le droit (fonctionnement de la justice et des institutions politiques, Constitution...) ;
la sociologie politique (participation électorale...).
Les élèves de L et S entendraient enfin parler de l’expérience de Milgram et de Pierre Clastres, de la sociologie du vote... ce que les professeurs de philo ou d’HG ne leur enseignent jamais !
Il faut proposer qu’un groupe d’expert parte du programme actuel de l’option sciences politiques en 1ère ES et élabore un programme commun pour tous les élèves de 1ère et terminale. Cet enseignement devrait faire l’objet d’une évaluation au baccalauréat sous forme de mini synthèse. Le volume horaire peut être de 2h de cours ou 1h de cours + 1h TD.
Cet enseignement se ferait à moyen constant pour le ministère puisque la généralisation de la science politique serait compensé par la suppression de l’ECJS dans les 3 niveaux du lycée et la suppresssion de l’option science po en 1ère ES ainsi que de l’EDS en Tle ES. On ne peut, en effet, proposer de généraliser un enseignement que si on en retire d’autres étant donné la teneur de la réforme. Ou alors on se risque au statu quo.
Les "sciences po" sont notre avantage sur les professeurs d’éco-gestion, il faut donc en profiter. Bien entendu, les professeurs d’HG vont revendiquer cet enseignement, il faut donc souligner que les professeurs de SES ont déjà en charge ce type d’enseignement, qu’à l’agrégation il y a une épreuve spécifique de "science politique" et que de nombreux professeurs de SES sont issus des IEP
Jacques Lattuter Professeur de SES, TZR
