Contre le choix des élèves
Affaiblir la série ES et les Sciences Economiques et Sociales
Le nouveau projet de loi présenté par le Ministre de l’Education Nationale le 3 décembre dernier ne fait que renforcer les inquiétudes qui sont les nôtres depuis que nous avons connaissances des mesures susceptibles d’être prises. Ce projet concerne l’ensemble de l’école et beaucoup de disciplines seront touchées par la logique budgétaire qui semble piloter les propositions de M. Fillon. Cependant, les Sciences Economiques et Sociales et la filière ES risquent de payer un très lourd tribut si le projet de loi devait être maintenu en l’état.
En effet, en supprimant la deuxième option de détermination dans toutes les classes de seconde et en mettant de fait les SES en “ concurrence ” avec la LV2, indispensable pour la poursuite d’études supérieures longues, les effectifs d’élèves choisissant les SES risquent de fondre comme neige au soleil (45 % des élèves de seconde choisissent actuellement les SES et le couple LV2-SES en représentent 41 %).
Le projet de loi est porteur d’une profonde carence en matière d’orientation des élèves. En effet, en détruisant le vivier, en seconde, à partir duquel les choix pouvaient se construire, en particulier vers la série ES mais également la L, la STG, en ne permettant plus aux élèves d’avoir le moindre contact avec une discipline qui est pourtant la dominante d’une série avant de l’avoir choisie de façon définitive pour la classe de première (mais alors sur quelle base ?) le projet de loi fait preuve d’une totale incohérence pédagogique... mais sans doute d’une parfaite cohérence budgétaire !
En effet, le Ministère peut ainsi prétendre récupérer des centaines de postes en SES. Si on y ajoute la suppression des heures de TPE en terminale et les heures de dédoublement à tous les niveaux, dont bénéficie actuellement l’enseignement des SES, il faudra probablement parler en milliers...
La suppression des dédoublements en SES n’est pas anodine : elle remettra en cause un des fondements de la discipline, l’utilisation de méthodes actives, le travail sur documents, l’utilisation des outils informatiques qui nécessitent, à certains moments, des groupes à effectifs réduits.
De plus les propositions d’options en L et ES ont une forte connotation de gestion (gestion des ressources humaines, gestion des entreprises) sans doute sous la pression d’un organisme patronal.
Les professeurs de SES ont donc toutes les raisons d’être inquiets et se mobiliseront pour faire échec à ce projet de loi dès le 16 décembre et au-delà, une action nationale le 12 janvier est en préparation
