Intervention de Dominique Thiébaut

Doyen de la Faculté de Sciences Economiques et de Gestion de Paris 12, vice-président de la conférence des Doyens de FSEG


Intervenant : Dominique Thiébaut, Doyen de la Faculté de Sciences Economiques et de Gestion de Paris 12, vice-président de la conférence des Doyens de FSEG (facultés de sciences économique et de gestion)

1) En premier lieu, contrairement à une idée reçue, il faut affirmer que les bacheliers ES réussissent au sein des FSEG de l’Université. En effet 45 à 55% des effectifs de L1 des FSEG sont constitués par les bacheliers ES (20-30% bacheliers S, 10-20% bacheliers étrangers, 5-10% autres). On les retrouve nettement majoritaires au niveau des Masters 2è année où dominent dorénavant les filières à vocation professionnelle au sens d’une insertion en entreprise.

2) Ce type de performance n’est pas connu
- a. Parce que l’appareil d’information statistique sur les performances universitaires est lamentable et donne lieu à des contre-vérités flagrantes (notamment sur l’échec à l’Université) qui discriminent l’Université au sein de la hiérarchie des nombreuses filières du supérieur dans le domaine de l’économie et de la gestion (CPGE, écoles dites de commerce, IUT, STS,…)
- b. Parce qu’en L1 des FSEG il y a une grande hétérogénéité d’étudiants (les présents de plein gré, les présents par défaut faute d’avoir pu intégrer une filière sélective, les présents mal informés sur le contenu des études qu’ils avaient confondues avec une initiation à la vie de l’entreprise, les inscrits envisageant un parcours pouvant être mené avec dilettantisme)
- c. Parce qu’il faut reconnaître une grande faiblesse des relations, voire une défiance, entre le secondaire et le supérieur

3) Une demande très forte des étudiants, et donc des bacheliers ES, pour les filières « appliquées », y compris au sein de l’Université (ex MSG, ex MSTCF, ex IUP, filières relevant du domaine de la finance, ex DESS…)

4) Des bacheliers qui aujourd’hui ne sont pas assez préparés aux objectifs et aux conditions universitaires, alors que les universitaires n’accompagnent pas assez les primo-entrants dans leur intégration

5) Enjeux des études de 1ère année au sein des FSEG
- a. Il existe un savoir dans le domaine de l’économie et de la gestion qui n’est pas uniquement une juxtaposition d’opinions en ce qu’il doit fonder les décisions des organismes micro-économiques (entreprises, services, administrations,…) compris dans leur environnement macro-économique. Ce savoir pluridisciplinaire nécessite la maîtrise d’outils analytiques.
- b. Ce savoir, que le citoyen comme le professionnel doivent appréhender, ne peut pas être nié, soit au nom d’une critique radicale, soit au nom de l’apprentissage de techniques d’application et de développement personnel. Mais ce savoir ne peut non plus être réduit à un simple calcul économique qui serait désincarné de ses dimensions historique et institutionnelle
- c. Ce savoir doit aider à formuler des problèmes, à construire des raisonnements, qui doivent s’articuler efficacement à d’autres savoirs disciplinaires
- d. Ce savoir et son exercice impliquent un investissement fort dans les apprentissages, et en ce sens vouloir s’insérer dans la société de la connaissance exige de « faire le métier d’étudiant » (travailler par soi-même et en coopération, appropriation des disciplines fondamentales, acquisition des savoirs-faire, gestion de l’autonomie et des savoirs-être, stages, projets, ouvertures sur l’actualité, lectures studieuses, capacité de synthèse,…).

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