TD : Petites et grandes entreprises face à l’innovation

Travaux Dirigés : Petites et grandes entreprises face à l’innovation

Document 1 : L’entreprise dans la « destruction créatrice ».

Le choc des innovations - par exemple des techniques nouvelles - sur la structure existante d’une industrie réduit grandement, en durée et en importance, l’influence des pratiques qui visent, en restreignant la production, à maintenir des situations acquises et à maximiser les profits qu’elles procurent. Il nous faut maintenant reconnaître également que les pratiques restrictives de cette nature, pour autant qu’elles sont efficaces, prennent une signification nouvelle au sein de l’ouragan perpétuel de destruction créatrice. [...] Pour se faire une idée vivante et réaliste de la stratégie des affaires, le meilleur moyen consiste sans doute à observer le comportement des branches ou entreprises nouvelles qui introduisent de nouveaux produits ou procédés. [...] Les conditions dans lesquelles sont placés ces agresseurs sont telles que, pour atteindre leurs objectifs offensifs ou défensifs, ils ont besoin d’armes supplémentaires, à côté des avantages de prix ou de qualité - ceux-ci devant d’ailleurs être constamment manipulés dans une intention stratégique, en sorte que, à tout moment considéré, les firmes novatrices donnent l’impression de se borner à restreindre leur production et à maintenir des prix élevés. D’autre part, les plans conçus sur une très grande échelle ne pourraient pas, dans bien des cas, recevoir le moindre commencement d’exécution, si leurs auteurs ne comptaient pas dès le début soit sur le découragement de la concurrence, motivé par l’énormité des capitaux requis ou par le défaut d’expérience technique, soit sur la mise en jeu éventuelle de moyens propres à écœurer ou à paralyser les rivaux et, du même coup, à ménager à l’innovateur le champ d’action et le temps nécessaires pour pousser ses avantages. [...] Cependant notre argumentation ne vaut pas seulement pour les branches, méthodes et entreprises nouvelles. Le processus de destruction créatrice engendre des situations où risquent de succomber beaucoup de firmes qui seraient pourtant capables de continuer à vivre vigoureusement et utilement pour peu qu’elles réussissent à surmonter telle ou telle tempête spécifique. [...] Les « restrictions commerciales » du type cartel ainsi que celles consistant dans de simples ententes tacites relatives à la concurrence par les prix peuvent, en cas de dépression, constituer des remèdes efficaces. A. J. Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, 1942, Payot, p. 121-126.

Q.1. Quels sont les avantages de la grande entreprise face à l’innovation selon J.A. Schumpeter ?

Document 2 :

SHAPE \* MERGEFORMAT Q.2. Quels sont les secteurs les plus innovants ? Q.3. Quel est l’effet de la taille sur la capacité à innover ?

Document 3 :

Qu’elles innovent ou non, six entreprises sur dix déclarent avoir rencontré des freins à l’innovation. Les facteurs liés aux coûts (manque de moyens financiers, coûts de l’innovation trop élevés) sont les causes majeures avancées par 40 % des entreprises innovantes. Pour les entreprises non innovantes, le coût reste un obstacle important, surtout dans l’industrie et les transports. Mais l’incertitude sur la demande en produits innovants justifie aussi l’absence d’innovation. Les banques et les assurances qui innovent déclarent rencontrer relativement peu de freins, essentiellement parce qu’elles ont moins d’obstacles financiers. Celles qui n’ont pas innové invoquent notamment l’absence de demande en nouvelles prestations. L’insuffisance de personnel qualifié freine l’innovation dans les services aux particuliers, surtout dans les hôtels et restaurants, les entreprises de construction ou les activités immobilières. Source : SESSI, « Un quart des entreprises innovent », Le 4 pages des statistiques industrielles, n°222, août 2006.

Q.4. Pour quelles raisons les petites entreprises sont-elles moins souvent innovantes ?

Document 4 :

Les petites et moyennes entreprises dynamiques ne poursuivent pas leur trajectoire de croissance de manière autonome : elles sont intégrées à de grands groupes avant d’atteindre le sommet de la hiérarchie. Ces groupes leur apportent des ressources leur permettant de poursuivre, voire d’accélérer leur développement - les PME bénéficient d’un surcroît de croissance les années suivant leur entrée dans un groupe - et, si elles ne deviennent pas souvent de très grandes entreprises, c’est que les restructurations internes aux groupes opèrent continuellement des transferts de ressources des grandes entreprises vers les plus petites. Source : C. Picart, « Le tissu productif : renouvellement à la base et stabilité au sommet », Economie et Statistique n°371, 2004, p. 103.

Q.5. En quoi la stratégie des groupes évoquée dans ce document renforce leur place dans l’innovation ?

EEP / lundi 29 janvier 2007 / Documents 3 / TD : entreprises, marché et innovation /

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