Innovation et politique de la croissance
Philippe Aghion, Professeur d’économie à l’Université d’Harvard, Professeur associé à l’Ecole d’Economie de Paris,
Dans cette communication sur l’état des travaux en la matière, le conférencier s’est attaché à montrer la pertinence de la spécificité de sa méthode d’analyse des relations entre croissance et innovation.
L’objectif : quelle politique de croissance ? Afin de justifier le rôle positif d’une politique économique, et ensuite définir précisément, la politique de croissance la plus pertinente possible pour l’économie du pays concerné, il faut combiner l’analyse théorique à l’étude économétrique, les faire « interagir » afin de poser un cadre d’analyse pertinent.
Les interrogations naissent du constat des différentiels de taux de croissance
entre faiblesse et vigueur. Ces écarts opposent deux types de pays
d’un côté, au sein des Pays En Développement, entre Amérique latine et Asie,
et d’un autre, parmi les Pays Développés, entre l’Union Européenne et les Etats-Unis.
A ce fait, des économistes tels Easterly et Rodrick apportent des éclairages que réfute Philippe Aghion
En effet, pour Easterly (2005), tant que les indicateurs de l’inflation, des déficits publics, du degré d’ouverture, ne sont pas à des valeurs de prix extrêmes, l’Etat n’a pas de raison d’intervenir. Car ce qui compte en matière de croissance, ce sont les institutions déjà en présence. Et sur ces dernières, la politique économique n’a pas d’influence.
Pour Rodrick (2005), et Haussmann, la politique économique a de l’importance. Mais il ne faut pas appliquer la même recette pour tous les pays. Le consensus de Washington (établi par le Trésor américain et le FMI) qui vise à privatiser, libéraliser, stabiliser, n’est pas un plan systématiquement pertinent.
Ph. Aghion est d’accord avec cette position sélective, mais pas avec sa justification. En effet, s’il faut bien raisonner au cas par cas, pays par pays, l’étude, l’approche, la mesure concrète ne peuvent se faire exclusivement en terme de prix, de valeurs monétaires. D’autres indicateurs doivent être construits et mobilisés dans l’analyse.
Et sur ce plan méthodologique, les allers et venues entre la théorie et l’économétrie sont féconds, en raison des synergies qu’ils engendrent.
Démonstration :

