Journée de formation des professeurs de sciences économiques et sociales
« Cultures, publics, réceptions »
vendredi 4 avril 2008
Lyon Ecole Normale Supérieure Lettres & Sciences Humaines Salle F008
Responsable scientifique : Pierre Mercklé Maître de conférences en sociologie à l’ENS Lettres & Sciences Humaines (Lyon), membre du GRS (Groupe de recherche sur la socialisation, UMR 5040). Coordonnées : Pierre.Merckle@ens-lsh.fr

PROGRAMME
Matinée
10h00-10h15 Accueil des participants
10h15-11h00 Bernard Lahire Professeur à l’ENS Lettres & Sciences Humaines Introduction
11h00-11h45 Jean-Claude Passeron Directeur d’études à l’EHESS, SHADYC (CNRS, UMR 8562) Cultures, publics, réceptions
11h45-12h30 Discussion avec la salle, introduite et animée par Pierre Mercklé, maître de conférences à l’ENS Lettres & Sciences Humaines
Après-midi
14h00-14h30 Isabelle Charpentier Maître de conférences à l’Université de Versailles-St-Quentin-en-Yvelines Littérature : L’exemple des lecteurs « ordinaires » des œuvres d’Annie Ernaux
« […] J’ai compris que les critiques littéraires pouvaient dire beaucoup de choses sur un texte mais qu’ils étaient incapables de rendre compte de la lecture réelle du lecteur, de déterminer la place que celui-ci occupera dans ce texte, de l’emploi qu’il en fera. Le seul moyen pour un écrivain d’évaluer un peu cette lecture réelle, c’est de parler avec des lecteurs et surtout de recevoir et lire des lettres ». Entretien avec Annie Ernaux, 1994.
L’intervention présentera quelques résultats de l’analyse des réceptions des œuvres d’Annie Ernaux par ses lecteurs « ordinaires », saisies au prisme des courriers qu’ils adressent à l’écrivain. Sur un cas concret et un matériau original, il s’agira de mettre en évidence que les œuvres littéraires sont investies de significations plurielles et mobiles, qui se construisent dans la rencontre entre une proposition et des récepteurs socialement et culturellement situés. Les sens attribués aux formes et aux motifs des textes littéraires dépendent des compétences et des attentes des différents publics qui s’en emparent – même si les auteurs (et c’est particulièrement manifeste dans le cas d’Annie Ernaux) cherchent à encadrer le sens « conforme »et à énoncer l’interprétation « correcte » qui devrait contraindre la lecture. L’une des hypothèses de la recherche est que la correspondance lectorale, qui révèle des appropriations et des usages socialement (et sexuellement) différenciés des œuvres, peut s’analyser comme un espace de (re)construction des identités sexuées, sociales et politiques des récepteurs.
14h30-15h00 Discussion avec la salle, introduite et animée par Pierre Mercklé, maître de conférences à l’ENS Lettres & Sciences Humaines
15h00-15h30 Jean-Pierre Esquénazi Professeur à l’Université de Lyon-III Télévision : La familiarité des publics avec leurs séries
Les particularités non du medium télévisuel mais des usages de la réception du spectacle télévisuel, associées aux caractéristiques narratives des séries télévisées, ont induit une forme de regard sur ces objets originale et particulièrement intéressante. S’installant dans l’espace domestique, proposant une familiarité avec ses personnages inusitée, les séries télévisées transforment les relations entretenues avec des fictions en les introduisant dans des espaces privées. Je décrirai d’abord certaines conduites ou habitudes de réception de la part de téléspectateurs passionnés puis m’interrogerai sur leurs conséquences à propos du sens qu’attribuent ces téléspectateurs aux séries télévisées.
15h30-16h00 Discussion avec la salle, introduite et animée par Olivier Vanhée, moniteur à l’ENS Lettres & Sciences Humaines
16h00-16h15 Pause
16h15-16h45 Dominique Pasquier Directrice de recherches au CNRS, CEMS Théâtre : Publics et hiérarchies culturelles, quelques questions sur les sociabilités silencieuses
Depuis une quinzaine d’années, les travaux sur la réception des médias se sont éloignés du modèle "texte/lecteur" pour aborder la question de la constitution des publics. Cette piste conduit à privilégier l’étude des interactions sociales et des actions collectives qui permettent aux différents publics de transformer leur expérience singulière d’un programme en engagements collectifs sur la scène sociale. Aux sociabilités "bruyantes" des publics médiatiques s’opposent habituellement les sociabilités "silencieuses" des publics de la culture cultivée, étroitement associées à l’idée d’une réception savante des oeuvres. Or, comme le montrent les travaux des historiens, les publics du théâtre ont longtemps été indisciplinés et c’est au nom du respect de l’oeuvre et du créateur que s’est opéré à la fin du XIX° siècle un travail de refoulement de l’expression publique des émotions. Faut il pour autant considérer que les dimensions "sociales" des sorties culturelles ne sont pas un objet de recherche pertinent aujourd’hui ? L’intervention s’appuiera sur une recherche en cours portant sur les dimensions de sociabilité des sorties au théâtre.
16h45-17h15 Discussion avec la salle, introduite et animée par Christine Détrez, maître de conférences à l’ENS Lettres & Sciences Humaines
17h15-17h45 Conclusion de la journée, par Bernard Lahire
