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Dossier de presse : Les statistiques qui donnent tort à Xavier Darcos

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Lire le communiqué n°2 : Pourquoi ces erreurs volontaires de Xavier Darcos sur les débouchés de la filière ES ?

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L’A.P.S.E.S. dénonce les propos erronés de Xavier Darcos sur la série E.S.

A plus de 3 reprises depuis la fin août, Xavier Darcos, Ministre de l’Education Nationale a déclaré que la filière E.S. était « sans débouché évident », attirerait « beaucoup d’élèves qui occupent ensuite de grands amphis mais se retrouvent avec des diplômes de droit, psychologie, sociologie... sans toujours un emploi à la clef »., ou encore qu’elle donnait « très peu d’élèves dans les filières d’excellence ». Des déclarations qui vont à l’encontre des études et statistiques produites par les propres services du Ministère, méconnaissent les débouchés des filières de l’enseignement supérieur, ou font à peu de frais l’économie d’une réflexion plus globale sur l’enseignement post-baccalauréat en France.

Des poursuites d’études diversifiées après le bac ES

- Pluridisciplinaire, le bac ES forme des élèves au profil équilibré, ouverts sur le monde, et éveillés à l’esprit critique. Il offre à ce titre aux futurs étudiants des poursuites d’études extrêmement diversifiées, loin de se cantonner au droit, à la psychologie ou à la sociologie, dont le Ministre tire par ailleurs des conclusions bien hâtives sur les débouchés.

- La série E.S., seconde série de l’enseignement général par les effectifs qu’elle scolarise, permet comme toute autre série générale du baccalauréat, la poursuite d’études supérieures : les bacheliers E.S. sont 25% à se diriger en B.T.S., I.U.T. ou école spécialisée, 12,4% en classes préparatoires aux grandes écoles, instituts d’études politiques ou écoles de commerce et 62,5% à rejoindre l’université. En 2005-2006, selon les statistiques du Ministère de l’Education Nationale, 16,5% des bacheliers E.S. s’orientaient vers des études économiques, 17,5% vers les facultés de sciences humaines et sociales, 15% vers les facultés de droit, et 11% vers les facultés de lettres et langues.

Un fort taux de réussite dans l’enseignement supérieur

- Les propos de Xavier Darcos pourraient se comprendre si les bacheliers E.S. échouaient plus que les autres à obtenir leur diplôme. Mais les statistiques du Ministère sont têtues : les bacheliers E.S. s’en sortent globalement mieux que leurs camarades de S ou L en licence ou en IUT par exemple.

- A l’Université, 74,9% des bacheliers ES obtiennent leur licence en un an contre 70,4% des bacheliers S et 69,8% des bacheliers L. Les bacheliers ES sont également moins nombreux que les bacheliers S et L a obtenir leur licence avec 1 ou 2 années de retard. Au total (avec ou sans redoublement), les bacheliers ES ont un taux de réussite en licence supérieur aux bacheliers S et L : 84,8% pour les ES contre 83,2% pour les S et 81,1% pour les L.

- Le même constat vaut en IUT, puisque 76,6% des bacheliers ES réussissent sans redoubler contre 71,9% des bacheliers S et 71,8% des bacheliers L. Au total, le taux de réussite avec ou sans retard des bacheliers ES en IUT est le plus élevé avec 82,7% de réussite, contre 81,7% pour les bacheliers S et 77,1% pour les bacheliers L.

Des débouchés professionnels nombreux et variés, adaptés aux mutations de l’économie et de l’emploi

- La diversité des poursuites d’études ainsi que la réussite des bacheliers E.S. ouvrent naturellement des débouchés professionnels nombreux et variés. Sans faire l’inventaire des nombreux débouchés auxquels peuvent prétendre les bacheliers E.S. - qu’il s’agisse des carrières de gestion, de la vente, administratives, juridiques, de la communication ou encore des carrières paramédicales et sociales, ou de l’enseignement – il suffit de noter que les études post-baccalauréat que choisissent les bacheliers ES sont parfaitement en phase avec l’évolution de la structure de l’économie et des emplois en France, les emplois du secteur tertiaire représentant plus de 70% de l’emploi total aujourd’hui. Cette adéquation entre le bac ES et les mutations de l’emploi est d’ailleurs reconnue dans un rapport récent de l’inspection Générale de L’Education Nationale, puisque la série ES y est décrite comme une série « aux contenus (…) équilibrés (…), portée par l’identification assez claire d’un champ économique et social plutôt attractif comme par le fort développement des métiers du tertiaire, et qui tend à représenter les ‘humanités modernes’ » (source : http://media.education.gouv.fr/file/63/8/3638.pdf)
- Il est à ce sujet pour le moins curieux que le Ministre dénigre le choix des nombreux bacheliers E.S. qui poursuivent des études de droit, au risque de prétendre que les besoins d’avocats, magistrats, notaires, ou juristes d’entreprises soient aujourd’hui nuls.
- Quant aux difficultés rencontrées par les étudiants de certaines filières de sciences humaines et sociales, outre que des débouchés existent dans l’enseignement, la documentation, le journalisme, l’aménagement, l’urbanisme, on comprend mal pourquoi le Ministre concentre ses attaques sur la filière ES alors même que plus des deux tiers des étudiants provenaient de filières différentes.

Pas assez de filière d’excellence pour les bacheliers ES ?

Les déclarations relatives au prétendu manque de filière « d’excellence » pour la filière ES pointent avant tout un déséquilibre de l’offre de ces formations plutôt qu’une insuffisance de la série ES.

- Si les bacheliers ES sont relativement peu nombreux en classes préparatoires aux grandes écoles, c’est d’abord parce que celles-ci sont avant tout destinées aux scientifiques. Il faut en effet comparer ce qui est comparable. L’offre de CPGE est principalement une offre scientifique, puisque 63% des effectifs des CPGE sont des classes scientifiques (« maths sup »). Or, aucun élève de L ou de ES ne s’inscrit dans ces CPGE (et pour cause !). Le ministre oublie donc que les deux tiers des classes prépas sont destinés « par nature » aux bacheliers scientifiques, ce qui remet fortement en cause ses conclusions hâtives tirées de statistiques mal interprétées.
- Il n’y a aujourd’hui que deux types de classes préparatoires où l’on trouve des enseignements qui prolongent ceux de terminale ES : les prépas économiques et commerciales et les prépas lettres et sciences sociales, qui toutes deux accordent un poids important aux mathématiques. Les bacheliers ES représentent 44% des effectifs des CPGE économiques et commerciales, y compris les prépas à l’ENS Cachan, où ils pèsent pour 60% en économie et 71% en droit. En CPGE littéraire, les bacheliers ES représentent 22,4% des effectifs (32% des prépas Lettres-Sciences sociales), poids comparable à celui des bacheliers S (23%).
- Ainsi, dans les CPGE qui leur sont accessibles (économique-commerciale et littéraire), les bacheliers ES représentent un peu plus du tiers des effectifs, ce qui correspond au poids du bac ES dans les bacs généraux. Le Ministre ne peut donc faire l’économie d’une réflexion sur l’offre actuelle faite aux bacheliers ES en classes préparatoires.

- Preuve que le problème résulte d’une inadéquation de l’offre des classes préparatoires, les bacheliers ES sont particulièrement nombreux à intégrer les instituts d’Etudes Politiques (IEP). Le ministre considère-t-il qu’il ne s’agit pas là de « filières d’excellence » ?

Il est tout a fait erroné de prétendre que la filière ES est une filière aux débouchés incertains. Le baccalauréat ES permet à ses meilleurs élèves d’entrer en classes préparatoires, de réussir des concours difficiles et de s’insérer sans difficultés dans le monde du travail.

Une entreprise de déstabilisation pour sauver la filière L ?

- Devant tant d’inexactitudes et d’analyses tronquées émanant d’un Ministre pourtant parfaitement informé, l’A.P.S.E.S. s’interroge sur les motivations réelles de ces déclarations. Ce n’est en tout état de cause pas en dénigrant la série ES que le Ministre revalorisera la série littéraire, qui garde par ailleurs toute sa place dans l’enseignement général au lycée. S’agit-il alors de faire disparaître une filière qui a prouvé sa contribution à la démocratisation des études générales, en assurant aux élèves des perspectives diversifiées de réussite professionnelle tout en concourant efficacement à leur formation citoyenne ? Faut-il rappeler que la diversité des filières proposée répond à la pluralité des profils des élèves ? Le but de l’enseignement secondaire n’est-il pas d’offrir des parcours différenciés qui puissent correspondre aux potentialités de chacun, différentes d’un élève à l’autre ? Comment atteindre l’objectif des 80% au bac rappelé par Xavier Darcos lui-même le 29 août lors de son discours de rentrée en réduisant l’offre et en dénigrant la filière générale qui a le plus contribué à la massification du lycée ?
- L’A.P.S.E.S., qui doit être reçue le 1er Octobre par le Ministre entend obtenir des éclaircissements sur ses déclarations qui ont provoqué inquiétudes et émois chez les professeurs de S.E.S., mais aussi les anciens élèves de la série ES et B.

Contacts :

Sylvain David 06.75.81.40.37, sylvain.david3@free.fr Président Marjorie Galy 06.62.22.04.35, marjorie.galy@wanadoo.fr Co-Secrétaire Générale Renaud Chartoire 06.18.28.16.52, chartoire@aol.com Co-Secrétaire Général

commentaires (1 message)


  • Dossier de presse : Les statistiques qui donnent tort à Xavier Darcos 12 septembre 2007 15:05, par Alain Legardez

    Quelle mauvaise foi, en effet !
    1- Les données présentées par l’APSES ne font que reprendre les conclusions de nombreux travaux sur le devenir des bacheliers ES dans les enseignements supérieurs.
    2- Le nombre de bacheliers ES dans des prépa n’est sans doute pas le seul critère de réussite d’une filière. La formation de jeunes citoyens capables d’argumentation critique sur des questions sociales vives est un critère encore plus important pour notre société. De nombreux travaux internationaux soulignent qu’il faudrait au contraire étendre ce type d’enseignement (que nous envient de nombreux pays) à tous les jeunes, associé à un enseignement scientifique critique.
    3- On pourrait encore ajouter que de nombreuses enquêtes montrent que la plupart des élèves choisissent de venir en filière ES et qu’ils en sont satisfaits à la sortie, de même que leurs parents.
    4- Quand on veut tuer son chien, on prétend qu’il a la rage ... et ce ne sera pas la première fois que la filière (B puis ES) serait en ligne de mire.
    5- Pour se rafraîchir la mémoire, on pourrait se reporter au dossier sur la filière ES publié par Le Monde du 8 février 2005 ...lorsque le ministre Fillon relançait (déjà et encore) le débat sur les SES.
    Cent fois sur le métier ...

    Alain Legardez professeur de Sciences de l’Education IUFM Université de Provence et ancien professeur de SES

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